DEUX PLONGÉES D'OISEAUX AQUATIQUES SURPRISES PAR L'INSTANTANÉ

[Illustration: L'EAU JAILLISSANTE AU PAYS DU SABLE ET DU

SOLEIL.--Percement du plus abondant des puits artésiens du monde (30.000

litres à la minute), à Tolga, dans le Sud-Algérien.--_Phot. A.

Bougault._]

_En même temps que cette belle photographie de notre correspondant de

Biskra, nous avons reçu du lieutenant de Saint-Germain, chef du service

des Forages artésiens des territoires du sud de l'Algérie, les lignes

suivantes qui l'expliquent et la commentent éloquemment:_

Le Sahara, selon l'opinion généralement admise, est un pays absolument

privé d'eau; cette affirmation est bien loin de la vérité; dans toutes

les parties du Sahara habitées, l'eau existe en abondance; seulement

elle n'est pas à la surface, il faut l'aller chercher plus ou moins

profondément selon les régions; c'est dans ce but qu'a été créé, par les

soins du gouvernement général de l'Algérie, un service des Forages

artésiens des territoires du Sud, chargé de découvrir l'eau, de l'amener

à la surface et de permettre la mise en valeur progressive de régions

d'une étendue considérable.

Le 9 février dernier, un des ateliers de ce service a mis à jour à

Tolga, oasis située à 36 kilomètres de Biskra, une nappe artésienne

débitant 500 litres à la seconde, soit 30.000 litres à la minute. Comme

on peut s'en rendre compte par la photographie, c'est une véritable

rivière qui vient de jaillir, apportant la richesse dans les oasis de

l'ouest de Biskra et permettant la mise en valeur de plus de 3.000

hectares.

Ce débit est de beaucoup le plus important obtenu jusqu'à ce jour dans

le monde entier par un atelier de forages artésiens; le record antérieur

appartenait, avec 12.500 litres à la minute, au puits dit Aïn Tarfount

S'rira, foré on 1907 dans l'oasis de Tamerna (Touggourt) par un autre

atelier du service des Forages artésiens des territoires du Sud.

Ces heureux succès ne doivent pas être considérés comme des faits

isolés, à côté il en est de moins éclatants mais dont le nombre

considérable a permis la mise en valeur et l'extension des oasis de

l'oued Rhir, de Touggourt, d'Ouargha, El Golea, In Salah.

De 1854 à 1904, le débit total

des puits forés atteint. 276.000

litres à la minute.

De 1904 au 1er mars 1913 183.000

Soit au total. 459.000

permettant d'irriguer 1.800.000 palmiers, représentant un revenu annuel

de près de 9 millions de francs et sous lesquels les indigènes peuvent

se livrer aux cultures les plus variées.

En présence de ces résultats, il est inutile d'insister sur l'intérêt

capital que présente pour l'Algérie la continuation méthodique de

l'oeuvre entreprise et son extension progressive à toutes les régions

encore déshéritées, où cependant la découverte de l'eau artésienne est

probable.

[Illustration: Le général Joffre donnant l'accolade au colonel Teyssier,

le défenseur de Bitche, promu grand officier de la Légion d'honneur.]

L'Illustration, No. 3653, 1er Mars 1913 · 第 23 / 53 题