LA FÊTE FÉLIBRÉENNE DE SCEAUX

Les Méridionaux de Paris ou, tout aussi exactement, les Parisiens du

Midi--ceux d'entre eux du moins qui revendiquent le titre de cigaliers

et de félibres--ont célébré, le dimanche 2 juillet, leur fête annuelle.

Reçus, à Sceaux, par la municipalité et la fanfare des pompiers, ils se

formèrent en cortège et allèrent couronner de fleurs les bustes de

Florian, d'Aubanel et de Paul Arène dont s'honore cette petite ville,

amie des lettres et des arts. Puis, sous les ombrages de l'ancien parc

de la duchesse du Maine, ils célébrèrent les jeux Floraux. M. Camille

Pelletan, oublieux des soucis de la politique, en avait accepté la

présidence; il exalta les beautés de la Provence et du Languedoc, leurs

langues, leurs coutumes, leurs sites «où chante éternellement la cigale

d'or». Et la Cour d'amour traditionnelle fut formée en cercle; la reine

actuelle du félibrige, Mme Marguerite Bouet, fille de notre confrère

Léon Bouet, directeur de l'Agence universelle de reportage

photographique, qui avait, pour la circonstance, revêtu le costume

arlésien--«seul costume royal devant lequel tous les républicains

s'inclinent», venait de déclarer M. Pelletan--présidait gracieusement,

assistée de Mme Camille Pelletan et de la reine de l'an dernier, Mlle

Yvonne Bonnaud. On dit des vers, on chanta. On dîna ensuite. Et enfin, à

la lueur de lanternes vénitiennes, une immense farandole, déroulée à

travers les allées du parc, termina la fête.

[Illustration: La Cour d'amour félibréenne à Sceaux: entre le maire de

Sceaux et M. Pelletan, Mlle Marguerite Bouet, en costume arlésien,

préside.]

[Illustration: QUESTIONS VINICOLES, par Henriot.]

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L'Illustration, No. 3254, 8 Juillet 1905 · 第 38 / 40 题