Jusqu'à présent, pour l'exploration des hautes régions de l'atmosphère,
on avait employé soit les ballons libres, soit les cerfs-volants.
Se proposant de faire ces recherches en mer, le prince de Monaco a dû
adopter, pour surmonter des difficultés spéciales, des systèmes de
ballons jumeaux, imaginés par M. Hergesell.
Ces systèmes sont de deux sortes:
Dans un de ces systèmes, on lance deux ballons, réunis au moyen d'une
ligne en cordage de 10 mètres de long. L'un des ballons est gonflé plus
que l'autre et disposé pour éclater quand l'altitude désirée est
atteinte. Une fois l'explosion produite, le système commence à
descendre, le ballon déchiré formant parachute.
L'autre système consiste à se débarrasser du second ballon en le faisant
détacher du premier à l'aide d'un électro-aimant actionné par une petite
pile, agissant elle-même sous la poussée de l'aiguille du baromètre,
quand celui-ci indique l'altitude à laquelle on veut recueillir les
observations.
Le ballon porteur des appareils n'ayant plus, comme dans le cas
précédent, la force ascensionnelle suffisante, effectue alors doucement
sa descente.
En suivant du navire les phases de l'opération, on peut régler sa
vitesse de façon à recueillir les ballons peu après leur chute.
A bord de la _Princesse-Alice_, six ballons jumeaux ont été ainsi lancés
entre Monaco et la Corse.