L’AMI.--Quand il y a contradiction entre les aspirations légitimes du
cœur humain et les constatations de la science positive, il faut en
conclure qu’il y a erreur. L’espérance et la réalité sont faites pour
s’accorder. Une réalité désespérante serait un non-sens. La réalité
suprême, seule vraie, c’est la plénitude absolue, dépassant toute
conception, défiant toute espérance. Nulle aile n’est assez hardie pour
en atteindre la limite, car elle n’a pas de limites. Nous émanons de
l’être; il nous environne et nous porte. Sa richesse infinie contient de
quoi combler tout ce qui en nous est aspiration vraie et juste. Aucune
contradiction ne doit donc nous arrêter, ni nous troubler. La seule
conclusion à en tirer est celle-ci: il faut ou bien que l’espérance
trouve un autre chemin, ou la réalité une autre interprétation.
Quelquefois tous les deux sont désirables.