De tout temps il a été d'usage, à l'époque de la moisson, de mettre à la
disposition des cultivateurs des travailleurs militaires, choisis de
préférence parmi les hommes originaires de la campagne. L'utilité de ce
renfort s'est fait sentir plus particulièrement cette année; en effet,
de fréquents orages, de violents ouragans, ont versé une partie des
blés, ce qui rend l'emploi des faucheuses mécaniques presque impossible
et nécessite le travail à la main. Or, l'agriculture manquant de bras,
le ministre de la Guerre, afin de lui en fournir, a donné aux chefs de
corps des instructions en conséquence. C'est ainsi que, dans les champs
de la banlieue parisienne, la plupart bornés par de noires
usines--notamment entre Saint-Denis et Aubervilliers--on pouvait voir,
ces jours derniers, des équipes de soldats vêtus de treillis manier la
faucille et lier les gerbes avec la même activité qu'ils apportent à
leurs exercices habituels.