[1] _Siècle de Louis XIV._
[2] _Siècle de Louis XIV._
[3] Voir, entre autres, l'édition la moins incomplète publiée en deux
volumes in-12 à Amsterdam, en 1745, sous ce titre: _Lettres du cardinal
Mazarin, où l'on voit le secret de la négociation de la paix des
Pyrénées, etc._
[4] Le Recueil manuscrit de la Bibliothèque Mazarine, qui forme cinq
volumes in-4, est relié en maroquin plein aux armes de Colbert et porte
le no. H/1719/B; celui des affaires étrangères appartient au fonds
_Espagne_, T. LXXI.
[5] C'est à l'obligeance de M. Valfrey, qui prépare, comme on le sait,
une savante et importante étude sur Hugues de Lionne, que nous devons
cette précieuse indication.
[6] Depuis duchesse de Mercœur.
[7] Qui devint la comtesse de Soissons.
[8] Plus tard, la princesse de Conti.
[9] _Mémoires de Madame de Motteville._
[10] _Mémoires de Madame de Motteville._
[11] _Lettre d'un Religieux._
[12] _Les nièces de Mazarin_, par Amédée Renée.
[13] «Quant à la Reine, dit Mme de Motteville, elle ne se fâchait
point de cet attachement; mais elle ne pouvait souffrir, pas même en
riant, qu'on parlât de cette amitié comme d'une chose qui pouvait
tourner au légitime; la grandeur de son âme avait de l'horreur pour cet
abaissement.»
[14] _Histoire de Madame Henriette d'Angleterre._
[15] Suivant l'énergique expression de Saint-Simon (_Mémoires_, t.
1er), elle l'avait «_déniaisé_». «Ce Roi de seize ans, qui n'aimait
pas les petites filles, s'arrangea des enchantements de cette vieille
Circé.» _Les Nièces de Mazarin_, par Amédée Renée.
[16] _Mémoires de Madame de Motteville._
[17] _Mémoires de Madame de Motteville._—_Mémoires_ de Walckenaer sur
Mme de Sévigné, t. II, p. 108.
[18] _Mémoires de Madame de Motteville._
[19] _Apologie ou les véritables Mémoires de Madame Marie Mancini,
connétable de Colonna, écrits par elle-même._
[20] On remarquera la concordance sur ce point de l'_Apologie_ avec les
_Mémoires de Madame de Motteville_.
[21] C'est à la bouche de Marie Mancini qu'il est fait allusion dans
un couplet du fameux cantique, faussement attribué à Bussy-Ra butin,
et qui a été intercalé dans les éditions subreptices de l'_Histoire
amoureuse des Gaules_:
Que Deodatus est heureux De baiser ce bec amoureux Qui d'une oreille à
l'autre va, Alléluia!
[22] _Histoire de Madame Henriette d'Angleterre._ Éd. d'Amsterdam, 1720.
[23] T. 1er, p. 168, édition Livet.
[24] La Grèce pour la France.
[25] Athènes pour Paris.
[26] L'Académie française.
[27] M. de la Ménardière.
[28] L'opuscule manuscrit intitulé: _Les agréments de la jeunesse
de Louis XIV, ou son amour pour Mademoiselle de Mancini_, qui a été
publié pour la première fois par M. Paul Boiteau, dans son édition
de l'_Histoire amoureuse des Gaules_ (t. II, p. 1 à 25), n'est qu'un
roman inventé à plaisir et fort mal écrit. On n'y trouve que ce détail
caractéristique et qui cadre avec ce que dit Mme de Motteville: «Le
Cardinal eût bien voulu, par ostentation, faire plaisir à sa nièce,
mais il trouvait tant de difficultés pour l'accomplissement de ce
mariage, qu'il résolut de rompre pour toujours un commerce dont il
craignait que les suites ne fussent pas heureuses...»
[29] Mme de La Fayette dit que cette maladie était la petite vérole.
[30] _Histoire de Madame Henriette d'Angleterre._
[31] «Le Roi, dit Mlle de Montpensier, était de bien meilleure
humeur depuis qu'il était amoureux de Mlle Mancini. Elle lui
avait fort conseillé de lire des romans et des vers. Il en avait une
quantité, avec des recueils de poésies et de comédies.»
[32] «Le Roi était tel que les poètes nous représentent ces hommes
qu'ils ont divinisés...» «Il me souvint, en le voyant, de ces héros
que les romans représentent couchés dans un bois ou sur le bord de la
mer...» (_Mémoires de Madame de Motteville_).
[33] «Le Roi était galant, mais souvent débauché, tout lui était bon,
pourvu que ce fussent des femmes.» _Lettres de la Princesse Palatine_,
mère du Régent, 24 décembre 1716.
[34] _Mémoires de Madame de Motteville._
[35] _Mémoires de Montglat, comte de Clermont_, t. IV, édition
d'Amsterdam, 1727.
[36] _Mémoires de Madame de Motteville._
[37] _Mémoires de Madame de Motteville._
[38] _Ibidem._
[39] _Mémoires de Madame de Motteville._
[40] _Mémoires de Madame de Motteville._
[41] _Mémoires de Madame de Motteville._
[42] Nous empruntons tous ces intéressants détails aux _Mémoires de
Mlle de Montpensier_.
[43] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[44] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[45] Et pourtant.
[46] _Mémoires de Madame de Motteville._
[47] _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier_ et _de Montglat_.
[48] _Mémoires de Madame de Motteville._
[49] _Ibidem._
[50] _Ibidem._
[51] «Un homme qui faisait tout, qui commandait absolument dans le
royaume, et qui ne voulait pas que la moindre affaire se fît sans être
ordonnée par lui, ne paraissait-il pas se moquer de la Reine quand il
disait qu'il ne se mêlait pas de marier le Roi?» (_Mém. de Mme de
Motteville._)
[52] Pimentel, l'envoyé du roi d'Espagne, chargé de la négociation
de la paix et du mariage de l'Infante avec Louis XIV, se trouvait
à Mâcon le 19 novembre, au moment même du passage de la cour. Il
écrivit ce jour là même à Mazarin pour lui annoncer la mission dont
il était chargé. (Archives du ministère des affaires étrangères,
correspondance d'Espagne, t. XXXIV, fol. 345). Mais il garda le plus
strict _incognito_ jusqu'au moment où Mazarin lui permit de ne plus
faire un mystère de sa venue, c'est-à-dire lorsque les choses furent
assez avancées. Mazarin, de son côté, garda le plus profond secret
sur l'arrivée de Pimentel, même à l'égard de la Reine, jusqu'au jour
où il fut obligé de la lui faire connaître. Il y eut donc de la
part du Cardinal toute une comédie, arrangée d'avance et dont les
contemporains, et en particulier Mme de Motteville, qui crurent à
l'arrivée soudaine et imprévue de Pimentel à Lyon, furent les dupes.
Il n'y a aucun doute sur le fait curieux et inconnu que nous révélons
pour la première fois au public. Je dois communication de la lettre de
Pimentel à l'obligeance de M. Valfrey et je le prie de vouloir bien en
agréer ici tous mes remercîments.
[53] Mademoiselle de Montpensier, témoin oculaire, affirme dans
ses _Mémoires_ que Pimentel ne vit le Cardinal que le lendemain de
l'entrevue des deux cours. Montglat, comte de Clermont, qui était
un des hommes les mieux renseignés et l'un des esprits les plus
remarquables de la cour, nous dit que le cardinal Mazarin ne vit
arriver Pimentel qu'avec une extrême défiance, supposant que ce n'était
qu'une ruse des Espagnols pour faire rompre le mariage de Savoie: «La
Reine, dit-il, qui aimait sa maison et qui avait une passion démesurée
du mariage de son fils avec sa nièce, eut grande joie de cette
ouverture, et dès l'heure ne songea plus qu'à se défaire de la duchesse
de Savoie et à rompre son mariage. Le Cardinal y agit plus mûrement: il
appréhenda que ce ne fût un artifice des Espagnols, pour faire partir
la cour de Savoie mécontente et offensée, afin qu'à son retour en
Piémont elle fût disposée à traiter avec eux en abandonnant la France
pour se venger du mépris qu'elle en aurait reçu, et qu'après ils ne
voulussent plus donner l'Infante au Roi, et ne fissent comme à Munster,
où ils firent la proposition du même mariage afin de débaucher les
Hollandais et, après y avoir réussi, se moquèrent des Français. Mais
la Reine ne put jamais entrer dans ces défiances, et, pour détourner
le Roi de l'inclination qu'il avait pour la princesse de Savoie, elle
commença par lui faire la guerre de l'empressement qu'il avait auprès
d'elle, en lui marquant ses défauts, et, par des railleries, elle l'en
dégoûta si bien qu'il ne lui parla plus...» (_Mémoires de Montglat_, t.
IV, édition d'Amsterdam, 1727.)
[54] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[55] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[56] _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier._ Mme de Motteville
confirme le récit de Mademoiselle: «Mlle de Mancini, qui avait
alors moins de maigreur et beaucoup de feu dans les yeux, n'était plus
si laide qu'elle l'avait été. Sa passion l'embellissait; elle était
même assez hardie pour être jalouse, et déjà elle avait fait de grands
reproches au Roi de sa légèreté et de l'agrément qu'il avait eu d'abord
pour la princesse Marguerite.»
Voici comment Marie Mancini elle-même, dans son _Apologie_, raconte cet
épisode du projet de mariage du Roi avec Marguerite de Savoie:
«Il vint une tempête qui troubla pour quelque temps la douceur de ces
jours, mais elle passa bientôt. On parla de marier le Roi avec la
princesse Marguerite de Savoie, fille de Madame Royale, qui fut depuis
duchesse de Parme, princesse assurément d'un très grand mérite, et
cela obligea la cour de faire le voyage de Lyon. Cette nouvelle était
capable de donner bien du trouble et de la peine à un cœur. Je le
laisse à penser à ceux qui ont aimé, quel tourment ce doit être, la
crainte de perdre ce qu'on aime extrêmement, surtout quand l'amour est
fondé sur un si grand sujet d'aimer; quand, dis-je, la gloire autorise
les mouvements du cœur, et que la raison est la première à le
faire aimer.» Notons en passant cet aveu d'ambition. «Comme mon mal,
poursuit-elle, était violent, il eut le destin des choses violentes:
il ne dura pas longtemps, et ce mariage du Roi se rompit avec la même
promptitude qu'il avait été entamé. Ce fut à don Antonio Pimentel que
j'eus cette obligation, qui, étant arrivé dans le temps qu'on l'allait
conclure, avec les propositions d'un traité de paix, dont il avait
lui-même le projet, Leurs Altesses s'en retournèrent en Savoie, et mon
âme reprit en même temps sa première tranquillité...»
[57] Le Roi n'avait désiré la princesse de Savoie «que parce qu'il se
voulait marier, et qu'elle ne lui avait pas déplu; mais, connaissant,
par la bonté de son jugement, la distance infinie qu'il y avait entre
l'Infante et elle,... il ne balança pas... à donner son consentement.»
(_Mémoires de Madame de Motteville._)
[58] «Il était habillé de deuil, botté, avec un justaucorps noir,
un mouchoir noué de couleur de feu.» (_Mémoires de Mademoiselle de
Montpensier._)
[59] _Mémoires de Mlle de Montpensier_: «Ce fut en vain que la
Grande Mademoiselle, qui trouvait ce prince fort à son goût, essaya
de le séduire «par sa bonne mine, par sa belle taille... et par
l'éclat qui lui restait d'une beauté qui avait été parfaite...» Elle
n'eut pas plus de chance avec lui qu'avec tous les autres prétendants
qu'elle avait convoités jusque-là.—La puissance formidable de Louis
XIV ne permit pas à Charles-Emmanuel II de prendre une grande part
aux événements de son temps et d'avoir une volonté. Ce prince n'eut
d'autre occupation que de maintenir la paix dans ses États sans songer
à les agrandir. En revanche, par sa douceur, par sa générosité et sa
magnificence, il fit la conquête de tous ses sujets. Il embellit Turin,
rendit la forteresse de Montmélian imprenable, fit percer à travers les
montagnes, au passage de la _Grotte_, près des Échelles, des chemins
qu'on admire encore, et fonda à Turin une société littéraire et une
Académie de peinture.
[60] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[61] _Mémoires de Montglat_, t. IV.
[62] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[63] _Ibidem._
[64] Ranuce II.
[65] En 1663.
[66] _Mémoires de Madame de Motteville._
[67] _Mémoires de Mlle de Montpensier._
[68] C'est ce qui résulte d'un passage de son _Apologie_, qui se
rapporte précisément à cette époque: «J'avais d'autant plus sujet
d'être contente, dit-elle, que la Reine... me donnait incessamment des
preuves d'une estime particulière, et que j'en recevais encore de mon
oncle de plus grandes qu'il n'avait coutume de me donner.»
[69] L'auteur anonyme de l'opuscule intitulé: _Le Palais-Royal ou les
amours de Madame de La Vallière_, publié par M. Paul Boiteau dans
son édition de l'_Histoire amoureuse des Gaules_ (t. II, p. 27 et
suivantes), a laissé un portrait peu flatté de Marie Mancini: Le Roi,
dit-il, «choisit Mlle de Mancini, laide, grosse, petite et l'air
d'une cabaretière, mais de l'esprit comme un ange, ce qui faisait qu'en
l'entendant on oubliait qu'elle était laide, et l'on s'y plaisait
volontiers.» Il ajoute malicieusement qu'ils passaient de bonnes heures
ensemble et que sans la surveillance de Mme de Venel...» Cette
dame était, comme on le sait, gouvernante des nièces du cardinal, et
celui-ci, qui connaissait leur tempérament méridional, n'était guère
rassuré par l'incessant espionnage de cette vénérable duègne: «Mme
de Venel, écrivait-il à la Reine, le 29 juillet 1659, fait tout ce
qu'elle peut, mais la déférence qu'on a pour elle est fort médiocre.»
Marie Mancini était trop ambitieuse et trop adroite pour ne pas se
rendre compte que la possession eût tué peut-être l'amour du Roi; il y
a donc tout lieu de croire qu'elle ne céda jamais à ses transports.
[70] C'est ce que M. Henri Martin dit formellement dans une note fort
intéressante de son _Histoire de France_ (4e édition, t. XII, p. 520,
note 2).
[71] _Mémoires de Mme de Motteville._
[72] _Mémoires de Mme de Motteville._
[73] On a dit que Mme de Motteville, ayant eu à se plaindre du
Cardinal, pour un déni de justice envers son frère, elle s'était vengée
de lui dans ses _Mémoires_. Bien que la confidente de la Reine ait
lancé quelques traits piquants à Mazarin, elle était trop honnête pour
avoir fabriqué la fameuse scène qu'elle nous a révélée.
[74] «La suite de cette conversation, poursuit la confidente, a été
amère à cette généreuse mère, par le ressentiment que ce ministre a
caché à tout le monde, mais qu'il a conservé toute sa vie dans le
cœur, et qui a produit en mille occasions des effets dont on n'a
point su la cause. Le Roi même a pu ignorer jusqu'à quel point a été
son ambition, qui était voilée sous les emportements de cette fille,...
plus pardonnables à elle qu'à lui, et qui ne pouvaient déplaire à
celui qui s'en voyait éperdument aimé.» Dans le texte que nous citons
ci-dessus, il semble qu'il faudrait lire: «que j'y engagerais mon
_second_ fils», c'est-à-dire Philippe d'Orléans. Sans l'addition de ce
mot _second_, qui ne se trouve pas dans le manuscrit, le sens de la
phrase serait incompréhensible.
[75] Édition de 1709, t. III.
[76] Olympe Mancini, dit Mme de La Fayette dans son _Histoire de
madame Henriette d'Angleterre_ (édition d'Amsterdam, 1720). Olympe
«avait naturellement de l'ambition, et, dans le temps où le Roi l'avait
aimée, le trône ne lui avait point paru trop au-dessus d'elle, pour
n'oser y aspirer. Son oncle, ajoute-t-elle, qui l'aimait fort, n'avait
pas été éloigné du dessein de l'y faire monter; mais tous les faiseurs
d'horoscopes l'avaient tellement assuré qu'elle ne pourrait y parvenir,
qu'il en avait perdu la pensée et l'avait mariée au comte de Soissons.»
[77] «Ç'a été un grand problème entre les politiques, dit Choisy (dans
ses _Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV_) de savoir si
le Cardinal agissait de bonne foi, et s'il ne s'opposait au torrent
que pour en augmenter la violence. J'ai vu le maréchal de Villeroi et
feu M. le Premier agiter fortement la question, non pas ensemble (je
l'aurais bien souhaité), mais chacun dans son cabinet. Ils apportaient
une infinité de raisons pour et contre, et d'ordinaire ils concluaient
en faveur de la sincérité du Cardinal, non qu'ils ne le crussent assez
ambitieux pour avoir souhaité de voir sa nièce reine de France, mais
ils le connaissaient fort timide, et incapable d'aller tête baissée
contre la Reine-mère, qui serait devenue son ennemie sans retour;
et cela sur la parole fort périlleuse d'un homme de vingt-cinq ans,
qui aimait pour la première fois; au lieu qu'en refusant l'élévation
d'une nièce qu'il n'avait pas sujet d'aimer fort tendrement (il savait
qu'elle était assez folle pour se moquer de lui depuis le matin
jusqu'au soir), au lieu, dis-je, qu'en faisant le héros par le mépris
d'une couronne, il le devenait en effet, et faisait la paix, assurait
son pouvoir, et persuadait le Roi d'une manière bien sensible de son
attachement inviolable à la gloire de sa personne et au bien de l'État.»
[78] _Journal général de l'instruction publique et des cultes._ Volume
XXIII, no. 81, mercredi 11 octobre 1854. _Études historiques. Lettres
inédites du cardinal Mazarin. Conduite du Cardinal envers ses nièces;
ses relations avec Anne d'Autriche._
[79] Ajoutons qu'un homme distingué, M. F. Riaux, qui a annoté avec
soin les _Mémoires de Madame de Motteville_, est tout à fait du même
avis que nous sur cette question d'un intérêt capital. «De savants
critiques, dit-il, ont cru trouver (dans les lettres de Mazarin à
Mme de Venel) une preuve de l'inexactitude de ce passage des
_Mémoires de Madame de Motteville_ où elle raconte l'orgueilleuse
tentation qu'aurait eue un instant le Cardinal et la dure réponse
d'Anne d'Autriche. Il n'y a cependant nulle contradiction à admettre,
d'un côté, que la violente passion de Louis XIV ait produit un éclair
d'ambition suprême dans l'esprit d'un ministre qui avait déjà marié
une nièce avec le frère du grand Condé et une seconde nièce avec le
prince Eugène de Savoie; et, de l'autre côté, qu'une fois son parti
irrévocablement pris sur cette question, l'oncle ait mis ses sentiments
pour sa famille d'accord avec ses devoirs d'homme d'État. Ce n'est pas
une fois, et comme par occasion, que Mme de Motteville parle des
velléités ambitieuses qu'aurait excitées chez Mazarin la passion du
Roi pour Marie Mancini. C'est à plusieurs reprises et sous des formes
variées qu'elle rappelle la _condescendance_ qu'il avait eue à Lyon
_pour les emportements de cette fille_, condescendance qui établirait
bien en effet que Mazarin n'aurait pas toujours traité de folie les
idées et _les emportements passionnés de Mlle de Mancini_.» (Note
de M. Riaux dans les _Mémoires de Madame de Motteville_, édition
Charpentier.)
M. Henri Martin ne s'est pas laissé prendre non plus au prétendu
désintéressement de Mazarin dans cette circonstance: «On peut dire, à
la vérité, a-t-il soin de déclarer dans une note (_Histoire de France_,
t. XII, p. 517, note 2, édition de 1865), que Mazarin connaissait
l'humeur très peu reconnaissante de ses nièces, et en particulier le
peu d'affection que lui portait Marie, dont le caractère était tout à
fait antipathique au sien: il comprit qu'il ne gagnerait rien à faire
de Marie une Reine: ceci diminue l'honneur de son désintéressement,
mais au profit de sa sagacité.»
[80] «Le Cardinal, dit Mme de La Fayette (_Histoire d'Henriette
d'Angleterre_), ne s'opposa pas d'abord à cette passion; il crut
qu'elle ne pouvait être que conforme à ses intérêts, mais comme il
vit dans la suite que sa nièce ne lui rendait aucun compte de ses
conversations avec le Roi, et qu'elle prenait sur son esprit tout le
crédit qui lui était possible, il commença à craindre qu'elle n'y en
prît trop, et voulut apporter quelque diminution à son attachement. Il
vit bientôt qu'il s'en était avisé trop tard; le Roi était entièrement
abandonné à sa passion, et l'opposition qu'il fit pparaître ne servit
qu'à aigrir contre lui l'esprit de sa nièce, et à la porter à lui
rendre toute sorte de mauvais services. Elle n'en rendit pas moins
à la Reine dans l'esprit du Roi, soit en lui décriant sa conduite
pendant la Régence, ou en lui apprenant tout ce que la médisance
avait inventé contre elle; enfin elle éloignait si bien de l'esprit
du Roi tous ceux qui pouvaient lui nuire, et s'en rendit maîtresse
si absolue, que pendant le temps que l'on commençait à traiter de la
paix et du mariage, il demanda au Cardinal la permission de l'épouser,
et, témoigna ensuite par toutes ses actions qu'il le souhaitait.»
«Le Cardinal, ajoute-t-elle en faisant sans doute allusion à la
fameuse scène que vient de nous raconter Mme de Motteville, _le
Cardinal, qui savait que la Reine ne pourrait entendre sans horreur
la proposition de ce mariage_, et que l'exécution en eût été très
hasardeuse pour lui, se voulut faire un mérite envers la Reine et
envers l'État d'une chose qu'il croyait contraire à ses propres
intérêts. Il déclara au Roi qu'il ne consentirait jamais à lui laisser
faire une alliance si disproportionnée et que, s'il la faisait de son
autorité absolue, il lui demanderait à l'heure même de se retirer hors
de France.»
[81] _Madame de Motteville._
[82] _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier._
[83] _Mémoires de Madame de Motteville._
[84] «La Reine, dit Mme de Motteville, se confia de ce dessein dans
la fidélité que le Cardinal était obligé d'avoir pour elle; ce fut à
lui-même à qui elle demanda le remède de ce mal, _quoiqu'il lui eût
paru avoir sur ce sujet des tentations criminelles_, qu'il lui eût
déjà manqué en beaucoup de grandes choses, qu'il eût usurpé toute sa
puissance et qu'il eût pris plaisir à l'anéantir. Mais enfin ce même
cœur, qui n'était pas assez bon pour s'appliquer à servir la Reine
comme il devait, ne fut pas assez méchant pour lui manquer dans ce
qu'il voyait lui être le plus sensible; et on peut dire qu'il mérite de
grandes louanges pour avoir, malgré la grande passion qu'il avait de
dominer et d'enfermer en soi toute l'autorité de la mère et du fils,
pu se résoudre à faire une chose qui s'opposait à sa grandeur, par la
seule raison qu'il était de son devoir de la faire...»
[85] _Mémoires de Madame de Motteville._
[86] _Mémoires de Madame de Motteville._
[87] _Ibidem._
[88] _Ibidem._
[89] _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier._
[90] _Mémoires de Madame de Motteville._
[91] _Mémoires de Madame de Motteville._
[92] _Ibidem._
[93] Tel est le texte donné par Mme de Motteville, qui place ces
paroles au moment de cette première séparation à Paris. Mme de La
Fayette met les mêmes expressions dans la bouche de Marie Mancini et au
même moment.
[94] «Le Cardinal, avant que de partir pour aller régler les articles
(de la paix et du mariage espagnol), ne voulut pas laisser sa nièce à
la cour: il résolut de l'envoyer à Brouage; le Roi en fut aussi affligé
que le peut être un amant à qui l'on ôte sa maîtresse, mais Mlle
Mancini, qui ne se contentait pas des mouvements de son cœur, et qui
aurait voulu qu'il eût témoigné son amour par des actions d'autorité,
lui reprocha, en lui voyant répandre des larmes lorsqu'elle monta
en carrosse, qu'il pleurait et qu'il était le maître: ces reproches
ne l'obligèrent pas à le vouloir être; il la laissa partir quelque
affligé qu'il fût, lui promettant néanmoins qu'il ne consentirait
jamais au mariage d'Espagne et qu'il n'abandonnerait pas le dessein de
l'épouser.» (_Histoire de Madame Henriette d'Angleterre._)
L'auteur de l'opuscule _Le Palais-Royal_, qui figure dans l'édition de
l'_Histoire amoureuse des Gaules_, donnée par Jannet, suppose à tort
que ces paroles furent prononcées par Marie Mancini lorsqu'elle partit
pour l'Italie afin d'épouser le connétable Colonna. Bayle a consacré le
chapitre LXXI des _Réponses aux questions d'un Provincial_ à démontrer
que cette entrevue de Louis XIV et de Marie, au moment où elle est
ainsi placée, n'est qu'une fable romanesque.
Voici une autre variante des paroles de Marie Mancini à Louis XIV qui
se trouve dans le manuscrit de Conrart intitulé: _Le Palais-Royal ou
les amours de Madame de La Vallière_: «Le Roi pleura, cria, se jeta aux
pieds du Cardinal, l'appelant son père; mais enfin, il était destiné
que ces deux cœurs ne s'épouseraient pas. Mlle de Mancini, voyant
son amant plus mort que vif, elle ne se sentant pas mieux, lui dit fort
spirituellement, montant en carrosse pour partir: «Vous m'aimez, Sire,
vous pleurez, vous vous désespérez, vous êtes le Roi, et cependant je
pars!»
Marie Mancini est très sobre de détails sur ce célèbre épisode de son
histoire: «Voici, dit-elle, l'endroit de ma vie qui offre le plus
beau champ à ma plume pour s'étendre sur le penchant favorable que Sa
Majesté avait pour moi, comme le bruit en a assez couru dans le monde.
Mais ma modestie ne me permet pas d'en parler, non plus que du regret
que ce prince eut de mon départ et des larmes dont il l'accompagna, se
retirant à Chantilly pour huit jours...»
[95] _Mémoires de Madame de Motteville._
[96] «Par ce service elle se trouvait payée de la constance qu'elle
avait eue à le maintenir contre les peuples, le parlement, les princes
et ses ennemis particuliers.» (_Mémoires de Madame de Motteville._)
[97] Voltaire, qu'il est souvent très bon d'avoir de son côté, est tout
à fait de l'avis de Mme de Motteville sur les ambitieux desseins que
nourrit d'abord le Cardinal au sujet de sa nièce. (_Siècle de Louis
XIV._)
[98] _Mémoires de Madame de Motteville._
[99] Son refus de consentir au vœu du Roi «lui donnait beaucoup
de gloire, le sauvait même de beaucoup de honte et des malheurs qui
suivent d'ordinaire une entreprise monstrueuse et trop hardie».
(_Mémoires de Madame de Motteville._)
[100] 29 juin 1659. Voy. à l'Appendice.
[101] Notre-Dame de Cléry, 29 juin 1659.—_Lettres de Mazarin_, etc. Éd.
d'Amsterdam, t. I.
[102] _Apologie_, etc.
[103] Le 30 juin. _Ibidem._ Dans cette même lettre Mazarin donnait au
Roi d'intéressants détails sur son voyage: «M. le duc d'Orléans m'a
envoyé Belloy à Cléry pour me convier à passer à Chambord avec grande
presse. J'irai donc ce soir y souper et coucher, et demain je me
rendrai à Amboise où je m'arrêterai un jour.»
[104] «J'ai reçu votre lettre ce matin à Chambord, écrivait-il au
Roi, d'Amboise le 1er juillet, tout prêt à monter en carrosse pour
venir à Blois, et j'ai été contraint d'amener ici le mousquetaire
qu'il vous a plu dépêcher: car mes nièces étaient parties de Saint-Dié
à deux heures après minuit, pour n'être pas obligées de rendre leurs
respects à Madame, passant à Blois avant quatre heures. Mais comme la
lettre de ma nièce et la mienne vous auront appris qu'elle se portait
parfaitement bien, je me suis consolé de n'avoir pu vous redépêcher le
mousquetaire avec la diligence que vous m'ordonnez. Il vous confirmera
qu'elle jouit d'une parfaite santé, l'ayant vue lui-même, et vous
trouverez ci-jointe sa réponse...» (_Lettres de Mazarin_, t. I, p. 11.)
«Il ne fit, dit Marie Mancini en parlant du Roi, que m'envoyer
incessamment des courriers, dont le premier fut un mousquetaire,
qui m'apporta cinq lettres de sa part, toutes fort grandes et fort
tendres.» (_Apologie_, etc.) Nous n'avons pas besoin de faire
remarquer, sur ce fait particulier, la parfaite concordance des
_Mémoires_ de Marie avec les lettres de son oncle.
[105] Lettre du 2 juillet 1659.
[106] Châtellerault, 4 juillet 1659.
[107] Armand de La Porte, fils du maréchal de La Meilleraye, qui avait
succédé à son père dans la charge de grand-maître de l'artillerie, et
qui, plus tard, lorsqu'il épousa Hortense Mancini, fut créé, par le
Cardinal, duc de Mazarin.
[108] Mazarin au Roi: «Toutes les gazettes et autres lettres écrites
de Paris disent mille sottises, desquelles il se faut moquer, tâchant
de les détruire avec des actions contraires à ce que malicieusement on
publie pour préjudicier à vos affaires.»
[109] _Lettres de Mazarin_, etc. t. I, Mazarin au Roi; Poitiers, 6
juillet 1659.
[110] 6 juillet 1659. _Lettres de Mazarin_, t. I.
[111] Marie Mancini.
[112] Mazarin à la Reine, Poitiers, 6 juillet. Cette lettre n'est
pas datée, mais on peut lui assigner cette date par la place de son
classement. Voir à l'Appendice cette lettre à sa date.
[113] Vivonne était le propre gendre de Mme de Mesmes, qui venait de
révéler son intrigue à la Reine. Il avait épousé depuis peu Louise de
Mesmes, très riche héritière et fille de Henri de Mesmes, seigneur de
Boissy et Président au Parlement de Paris.
[114] _Mémoires de Madame de Motteville._
[115] De Couhé, 6 juillet. _Lettres de Mazarin_, t. I. L'imprimé, par
erreur, date la lettre du 16. Voy. à l'Appendice.
[116] Mme de Motteville dit que «le jeune confident fut peu après
exilé par les conseils de la Reine et du ministre.»
[117] Mazarin au Roi, le 8 juillet, de Villefagnan, _Lettres de
Mazarin_, t. I. Voy. à l'Appendice.
[118] Il s'agit de Georges Brossin, chevalier de Méré, auteur de
plusieurs ouvrages d'un style raffiné et quintessencié.
[119] Même lettre que la précédente.
[120] De Villefagnan, 8 juillet. Mazarin à la Reine. _Lettres de
Mazarin_, t. I. Voy. à l'Appendice.
[121] Bibliothèque Mazarine, ms. no. H/1719/B, t. III.
[122] Marie Mancini.
[123] Le courrier de la cour.
[124] «C'était la Reine elle-même qui disait que si elle était en
la place de son fils, elle en userait tout comme lui.» (Note sur
ce passage dans le manuscrit des archives des affaires étrangères,
Espagne, t. LXXI.)
[125] C'est à dire au mariage du Roi avec Marie Mancini sans le
consentement de la Reine et du Cardinal.
[126] Il y a dans le manuscrit: «quoique sans _sa_ faute», ce qui n'a
pas de sens. Voir les nombreuses erreurs de l'imprimé (édition de 1745,
t. I, p. 234 vo.) en le comparant avec notre texte. Nous n'indiquons
qu'en passant, et comme spécimen, les fautes grossières de cette
édition et des autres.
[127] Montlieu, 12 juillet. Voy. à l'Appendice.
[128] Lettre de Mazarin à la Reine du 14 juillet (Bibl. Mazarine,
Lettres manuscrites de Mazarin, t. III).
[129] Mazarin au Roi, Libourne 14 juillet. Lettres manuscrites de
Mazarin, t. III. Bibl. Mazarine.
[130] _Apologie_, etc.
[131] Nous avons trouvé ces nouveaux détails sur Mme de Venel dans
une note d'un manuscrit des archives affaires étrangères, Espagne, t.
LXXI.
[132] Elle devint plus tard duchesse de Bouillon, et se fit distinguer
par son esprit et son amour pour les lettres. Elle fut une des amies et
protectrices de La Fontaine.
[133] Lettre de Mazarin au Roi, datée de Cadillac, 16 juillet 1659.
(Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin._)
[134] Mazarin à la Reine. A Cadillac, le 16 juillet. _Lettres
manuscrites de Mazarin_, t. III. (Bibl. Mazarine.) Voy. à l'Appendice.
[135] «M. Le Tellier, disait-il à Louis XIV dans une autre lettre
d'envoi, prendra soin de solliciter la réponse et de me l'envoyer sans
perdre un moment de temps. Je le passerai fort mal jusqu'à temps que
je l'aie reçue, et encore pis si elle n'est telle qu'il faut...» (De
Cadillac, le 16 juillet 1659. _Lettres ms. de Mazarin._ Bibl. Mazarine,
t. III.)
[136] On pourra la lire en entier dans l'Appendice, où nous la publions
d'après les textes authentiques des manuscrits de la Bibliothèque
Mazarine et des archives du Ministère des affaires étrangères. Cette
lettre est datée de Cadillac, le 16 juillet 1659.
[137] L'infante Marie-Thérèse.
[138] Mazarin entend surtout par ces mots le cardinal de Retz, qui
était alors réfugié en Hollande.
[139] _Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV_, par l'abbé de
Choisy, de l'Académie française, édition d'Utrecht, 1727.
[140] Lettre de Mazarin au Roi, de Bidache, 23 juillet. Bibl. Mazarine.
_Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
[141] Lettre de Mazarin au Roi, de Bidache, 25 juillet.
[142] Mazarin à la Reine, le 23 juillet. _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III, Bibl. Mazarine.
[143] Le 29 juillet. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III. Bibl.
Mazarine. Voy. à l'Appendice.
[144] De Saint-Jean-de-Luz, le 29 juillet. _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III. Bibl. Mazarine.
[145] Bibliothèque Mazarine, _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III,
p. 253 vo. et 254 ro.
[146] Bibliothèque Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
Cette lettre a été imprimée dans les recueils des lettres du Cardinal
du XVIIIe siècle, mais, pour montrer à quel point leur texte diffère de
celui du manuscrit de la Mazarine, nous avons indiqué les additions et
variantes de ce manuscrit en les plaçant entre des crochets.
[147] De Saint-Jean-de-Luz, le 5 août. Voyez aussi dans l'Appendice une
lettre du Roi à la Reine sa mère en date du 5 août.
[148] De Saint-Jean-de-Luz, le 10 août.
[149] _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III. Bibl. Mazarine. Mazarin
à Mme de Venel, Saint-Jean-de-Luz, 14 août.
[150] «Je vous prie de dire à Hortense que je serai bien aise qu'elle
me donne souvent de ses nouvelles, étant persuadé qu'elle a beaucoup
d'amitié pour moi. Je suis très aise des beaux vers que Marianne
m'envoie et je l'aime de tout mon cœur, vous priant, en votre
particulier, d'être assurée que personne n'a pour vous plus d'affection
et de passion de vous le témoigner que moi.»
[151] «Je n'ai rien à vous répliquer à l'égard de mes nièces, écrivait
Mazarin à la Reine; mais je vous dirai seulement que, deux fois la
semaine, les paquets vont et viennent sans discontinuation et fort
gros.»
[152] «J'ai reçu votre lettre du 10 de ce mois (août), et je savais
déjà que la Reine vous prierait de mener mes nièces à Saint-Jean
d'Angely, m'ayant fait l'honneur de m'en demander mon consentement,
quoiqu'il ne fût pas nécessaire, Sa Majesté pouvant disposer librement
de tout ce qui est à moi. Vous ne devez donc pas être en aucune peine
de ce voyage, et d'autant plus que, comme vous avez vu, l'intention de
Sa Majesté n'a pas été de mener mes nièces à Bordeaux, mais de les voir
seulement en passant...» (Saint-Jean-de-Luz, le 18 août 1659. _Lettres
de Mazarin_, éd. de 1745, t. I, p. 169 et suiv.).
[153] La lettre de Mazarin, en date du 18 août, est le seul document
qui permette de fixer d'une manière certaine la date de l'entrevue
du Roi et de Marie Mancini. La lettre de Mme de Venel portant la
date du 10 août et racontant au Cardinal certaines particularités de
l'entrevue (qu'il rappelle à cette dame) avait été certainement écrite
le jour même de la rencontre des deux amoureux. Que se passa-t-il entre
eux? Le peu que l'on en puisse savoir se trouve dans un post-scriptum
du Cardinal à sa lettre à Mme de Venel, et dans une autre lettre
inédite du même à sa nièce, la comtesse de Soissons. (Voyez à
l'Appendice la lettre de Mazarin à Mme de Venel en date du 18 août.)
[154] «J'ai ouï dire que cette entrevue fut encore sensible, et qu'il
y eut quelques larmes répandues de part et d'autre. Le Roi néanmoins
continua son chemin, et la nièce s'en retourna dans le lieu de son
exil.» (_Mémoires de Madame de Motteville._)
[155] Bibliothèque Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t.
III. Le manuscrit contient plusieurs variantes que nous avons eu soin
d'indiquer.
[156] Mazarin à la Reine, Saint-Jean-de-Luz, le 28 août 1659. Bibl.
Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III. Cette lettre ne
porte pas de date, mais elle fut certainement écrite le même jour que
celle adressée au Roi par le Cardinal, c'est-à-dire à la date du 28
août. Il ne saurait y avoir le moindre doute sur ce point, puisque dans
une lettre, à la date du 29 août, Mazarin dit au Roi, «qu'il lui a
rendu un très important service, _depuis vingt-quatre heures_», en lui
écrivant cette grande dépêche.
[157] Le marquis de Richelieu, en 1655, avait épousé la fille de Mme
de Beauvais, la _Borgnesse_. (_Histoire amoureuse des Gaules_, édition
Jannet, t. II, p. 50, note 3)
[158] Marie Mancini.
[159] Voy. à l'Appendice la grande lettre du 28 août 1659.
[160] Saint-Jean-de-Luz, 22 octobre 1659.
[161] Allusion à la grande lettre du 28 août précédent.
[162] Saint-Jean-de-Luz, le 29 août 1659. Bibl. Mazarine; _Lettres
manuscrites de Mazarin_, t. III.
[163] L'imprimé porte _mille_ autres.
[164] L'imprimé porte _conviendriez_.
[165] Saint-Jean-de-Luz, le dernier août 1659.
[166] Le manuscrit porte _celui-ci_, ce qui est évidemment une erreur
du copiste.
[167] Nous publions en entier cette dépêche. M. Amédée Renée, dans _les
Nièces de Mazarin_, n'en a donné que deux ou trois petits fragments.
Bibl. Mazarine, _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 283 vo. et
284 ro.
[168] «Dites à Hortense que j'ai reçu sa lettre, et que je suis
persuadé qu'elle a de l'amitié pour moi; qu'aussi elle doit attendre de
recevoir des marques de la mienne. Si vous avez affaire d'argent pour
lui en donner et à Marianne, vous n'aurez qu'à en demander au Sr du
Teron.
«Et, pour ce qui est de Marianne, vous lui direz que, si je savais
écrire en vers, je ferais réponse à ses lettres, mais que pour cela
elle ne doit pas laisser de m'en envoyer souvent.
«En votre particulier, je suis fort touché de tous les soins que vous
prenez de mes nièces et je vous assure que je n'en perdrai pas le
souvenir.» (Les trois paragraphes qui précèdent ont été publiés par M.
Amédée Renée, d'après l'autographe de la Bibliothèque du Louvre, qui a
péri dans l'incendie de cet édifice.)
[169] Mazarin accusait formellement sa nièce d'avoir fait évader le
jeune Mancini. «Je crois que ma nièce a conduit tout cela, écrivait-il
à la Reine, le 1er septembre, et vous pouvez juger ce que cela
m'oblige de soupçonner.»
[170] Il devint plus tard intendant de la Marine.
[171] «Je ne vous saurais assez dire, écrivait Mazarin à Colbert,
tout ce que du Teron a mis dans l'esprit de ma nièce, la flattant au
dernier point, et la considérant comme le principal instrument pour son
élévation auprès de l'autre personne...»
[172] Dans sa lettre du 29 août, dont nous avons donné ci-dessus un
fragment.
[173] «Je vous prie et mes amis de ne vous plus mettre en peine de
moi, mandait-il à Lionne, en juillet 1651, car j'ai résolu la retraite
sans que rien m'en puisse détourner, et en lieu que les jalousies,
les vacarmes et appréhensions cesseront. Annibal, ajoutait-il avec
une certaine emphase, Annibal, voyant qu'il faisait peine partout aux
Romains, se résolut à la mort, et prenant le poison, finit, disant:
_Liberemus hâc curâ populum romanum_. Et moi, je me contente de
délivrer ceux qui me veulent du mal à Paris...» A peu de temps de là,
Mazarin marchait sur Paris avec une petite armée levée à ses frais,
afin d'imposer de nouveau son ministère abhorré à ses ennemis et à
toute une nation convertie à la Fronde.
[174] A Saint-Jean-de-Luz, le 1er septembre 1659.
[175] Les membres de phrase entre crochets sont les variantes du
manuscrit de la Bibliothèque Mazarine.
[176] _Motif_ dans l'imprimé.
[177] _Croyais_ dans l'imprimé.
[178] _Assurant_ dans le manuscrit.
[179] Au lieu de ce membre de phrase qui se trouve dans le manuscrit
de la Bibliothèque Mazarine, on lit celui qui suit dans l'imprimé:
«Et j'irai ensuite finir mes jours où il vous plaira m'ordonner, me
confiant en Dieu qui me donnera ce moyen de vous servir en cette
rencontre, etc.»
[180] Mazarin, connaissant la coquetterie d'Anne d'Autriche et à quel
point elle était sensible à ces petits cadeaux que l'on nommait alors
_galanteries_, avait commencé d'abord par lui écrire: «Je vous envoie
une boëte avec dix-huit éventails qu'on m'a envoyés de Rome; quoique
je les croie aussi beaux que tous les autres qu'on a envoyés cette
année, qui n'ont servi qu'à faire des présents à des gens de ce pays,
qui n'ont pas le goût trop exquis. Vous recevrez aussi quatre paires
de gants que ma sœur m'a envoyées dans un paquet. Il y en avait six
paires, mais l'ayant ouvert en présence de Pimentel, je lui en ai donné
deux, dont j'en vis une hier à don Louis, qui m'en fit compliment.»
(Lettre inédite du 3 septembre, Bibl. Mazarine, _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III, p. 287, vo. Saint-Jean-de-Luz, 3 septembre).
[181] Voyez à l'Appendice la lettre inédite du 6 septembre 1659.
[182] Saint-Jean-de-Luz, 6 septembre. _Lettres manuscrites de Mazarin_,
t. III, Bibl. Mazarine.
[183] Saint-Jean-de-Luz, 8 septembre 1659. Bibliothèque Mazarine.
_Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 291 vo. jusqu'à la p. 293
ro. Cette lettre ne figure pas dans le recueil imprimé des lettres
du Cardinal, et M. Amédée Renée, dans _les Nièces de Mazarin_, n'en a
donné que quelques paragraphes.
[184] «J'ai été bien aise de la lettre qu'Hortense m'a écrite, et
d'autant plus que vous me mandez que c'est elle qui l'a composée. Je
vous prie de l'assurer de mon amitié et de dire à elle et à Marianne
que, si le séjour de La Rochelle ne leur plaît pas, j'espère qu'elles
le pourront bientôt changer en un autre qui leur sera plus agréable,
mais que cela ne peut être que tout ceci ne soit achevé, si ce n'était
que vous m'écrivissiez que ma nièce prît plus de plaisir de s'en
retourner à Paris. Vous lui en parlerez, prenant pourtant garde que
personne n'en ait connaissance.
«Je ne saurais assez vous dire l'obligation que je vous ai des soins
que vous prenez de mes nièces; je vous prie d'être assurée que je ne
manquerai pas de le reconnaître.
«Je vois par la lettre de Marianne [en vers] qu'à présent qu'elle a
plus de raison, elle manque de rime; mais que, nonobstant cela, je
veux absolument qu'elle m'écrive tous les ordinaires dans le même
style.» (Suite de la lettre de Mazarin à Mme de Venel, en date du 8
septembre 1659.)
[185] Saint-Jean-de-Luz, le 8 septembre. Bibliothèque Mazarine.
_Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 293, ro. et vo.
[186] Voltaire, dans son _Siècle de Louis XIV_, prête au Roi, en
cette circonstance, comme on l'a vu plus haut, un sentiment purement
magnanime: «... L'attachement seul pour Marie Mancini fut une affaire
importante, parce qu'il l'aima assez pour être tenté de l'épouser, et
fut assez maître de lui-même pour s'en séparer. Cette victoire qu'il
remporta sur sa passion commença à faire connaître qu'il était né avec
une grande âme.»
[187] Lettre inédite. Saint-Jean-de-Luz, le 14 septembre 1659.
Bibliothèque Mazarine, _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, fol.
300 vo. et 301 ro.
[188] Marie Mancini.
[189] Lettre inédite du Cardinal à la Reine, 14 septembre. Voyez à
l'Appendice.
[190] Lettres inédites du 17 et du 18 septembre.
[191] Lettre inédite du 20 septembre. Bibl. Mazarine, _Lettres
manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 308 vo.
[192] Lettre du Cardinal à Mme de Venel, en date du 21 septembre.
Voyez à l'Appendice.
[193] Les ennemis du cardinal Mazarin publiaient que cette troupe de
nièces et de neveux qui accoururent d'Italie à sa fortune étaient ses
enfants: il en avait plaisanté lui-même. «_Je ne doute pas_, dit-il
dans une lettre à M. le Prince, du 4 juin 1649, _que l'on ne vous ait
détrompé à Paris comme les autres, sur la fourbe que j'avais faite, et
que vous ne sachiez que je n'ai point de nièces, mais que ce sont mes
filles_.» (Note de l'éditeur des _Lettres de Mazarin_ publiées en 1745).
[194] «Vous verrez ce que j'écris à Mme de Venel à votre égard, et
je vous prie de l'aimer et de suivre ses conseils; car, assurément, il
ne se peut pas avoir plus d'amitié et d'estime pour personne, qu'elle
n'en a pour vous.»
Voici deux billets adressés en même temps par Mazarin à ses deux
autres nièces: «...Continuez à m'écrire, disait-il à Hortense, et ne
prenez pas garde à ce que Marianne dit pour décrier votre style et
votre écriture, car j'en suis content...» Et à Marianne: «Vous ne me
pardonneriez jamais si, écrivant à Hortense, je vous oubliais, et je ne
vous disais pas la satisfaction que je reçois lorsque vous m'écrivez en
rimes. Je vous prie donc de continuer à le faire, et d'aller au secours
de vos sœurs quand la rime vous manquera; et, au surplus, soyez
assurée que personne ne vous aime plus que moi.» (Cette lettre et ces
billets ne figurent pas dans le manuscrit de la Mazarine.)
[195] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
[196] C'est-à-dire à Brouage.
[197] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
[198] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
Saint-Jean-de-Luz, le 1er novembre 1659.
[199] 7 novembre 1659.
[200] Voir les _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier_.
[201] «Leurs Majestés allèrent au-devant de M. le Cardinal. Ce fut
une grande joie à son retour, et l'on en avait bien sujet, et lui
aussi d'en avoir, ayant fait la paix.» (_Mémoires de Mademoiselle de
Montpensier_).
[202] _Mémoires du Cardinal de Retz._
[203] «Dans ce temps-là, arriva l'évêque de Fréjus pour me proposer,
de la part de mon oncle, le mariage avec le connétable de Colonna,
qui avait envoyé à Son Éminence le marquis Angeleli, gentilhomme
boulonnais, pour lui en faire la proposition, à la conférence où il
était alors, et pour engager en même temps don Louis de Haro d'en
écrire à Sa Majesté Catholique, pour obtenir la permission dont le
connétable, comme son sujet, avait besoin pour se marier avec moi.»
_Apologie, ou les véritables mémoires de madame Marie Mancini,
connétable de Colonna_, etc.
[204] «L'évêque s'en retourna, dit-elle dans son _Apologie_, avec
cette réponse vers mon oncle, qui, ayant un extrême désir de voir
mes sœurs, se disposait déjà de les envoyer chercher, comme il
l'aurait fait, si, dans la crainte que j'avais de me voir toute seule,
je n'eusse pas joint mes prières à celles de ma gouvernante pour
l'empêcher.»
[205] «La paix faite et le mariage du Roi conclu, Son Éminence envoya
un ordre à notre gouvernante pour nous mener à Paris, où nous arrivâmes
quelques jours avant que la cour partît de Bourdeaux...» (_Apologie_,
etc.)
[206] Toulouse, le 9 décembre 1659. _Lettres de Mazarin_, etc, t. II.
On trouvera dans l'Appendice la lettre de Mazarin à Mme de Venel, à
la même date. Ces deux lettres ne figurent pas dans les manuscrits de
la Bibliothèque Mazarine.
[207] «Malgré les promesses que le Cardinal faisait dans cette lettre
à sa nièce Marie, il signa la veille de sa mort (c'est-à-dire le 8
mars 1661) un contrat de mariage avec le connétable Colonna. Il signa
le soir son testament, et il avait signé le matin le traité avec M. de
Lorraine. Marie Mancini fut fiancée avec le connétable Colonna, le 9
avril suivant, dans le cabinet du Roi, honneur qui n'est guère que pour
les princes et princesses. Le Cardinal fit en même temps le mariage
de sa nièce Hortense avec le Grand Maître de l'artillerie, fils du
maréchal de la Meilleraye, auquel néanmoins il n'y avait que huit jours
qu'il avait donné l'exclusion. Aussi, assurait-on que ce mariage ne se
fût point fait si Ondedei n'eût reçu du Grand-Maître 100,000 écus, et
Mme de Venel 50,000. (Note de l'édition des _Lettres de Mazarin_, de
1745.)
[208] Nous verrons bientôt qu'il était question d'un projet de mariage
entre le jeune Charles de Lorraine, neveu de Charles IV, duc de
Lorraine, avec Marie.
[209] Louis XIV.
[210] _Muze historique_, 1er février 1660.
[211] Amédée Renée. Voyez, dans la _Muze historique_ du 10 février
1658, d'autres vers consacrés à Marie Mancini.
[212] D'Aix, le 28 janvier 1660. L'original de cette curieuse lettre a
péri dans l'incendie de la Bibliothèque du Louvre. Fort heureusement
l'auteur des _Nièces de Mazarin_ en a conservé une copie.
[213] Peut-être le Cardinal songeait-il à lui faire épouser une de ses
nièces. Dans tous les cas, s'il conçut ce projet, il ne put le réaliser.
[214] La veille, il avait écrit à Mme de Venel (26 janvier): «Vous
direz à Hortense que je suis bien aise de ce qu'elle m'a écrit, mais
qu'elle ne saurait rien faire qui me plaise davantage que de suivre
entièrement vos avis et de se souvenir de la promesse qu'elle m'a faite
de s'appliquer à apprendre à bien danser et à faire les révérences à la
perfection.
«Pour la lettre de Marianne, elle m'a donné beaucoup de contentement,
et même je l'ai lue à la Reine, qui m'a ordonné de l'assurer de
l'honneur de sa bienveillance et de lui mander qu'elle continue à se
faire lire ses lettres.» (Bibl. du Louvre. Copie prise sur l'original.)
[215] Pour compléter ce portrait, Mme de Motteville fait cette
comparaison de la personne de la nièce avec celle de la tante: «Dans le
visage de cette grande Reine (Anne d'Autriche) on pouvait facilement
connaître la joie intérieure de son âme; ce qui la rendait si belle
qu'à cinquante-neuf ans elle aurait quasi pu disputer de beauté avec la
Reine sa nièce, qui dans le vrai n'avait pas une beauté si parfaite que
la Reine sa tante avait eue à son âge. La Reine-mère avait les traits
du visage plus beaux, elle était plus grande, elle avait une plus
grande mine, beaucoup plus de majesté, et le visage d'une plus belle
forme. Elle la surpassait encore en la beauté admirable de ses mains
et de ses bras; mais la Reine avait le teint plus beau et de belles
couleurs qui l'embellissaient: elle ressemblait à la Reine-mère, comme
je l'ai déjà dit, de la rencontre de l'air et un peu du tour du visage.»
[216] _Mémoires de Madame de Motteville._
[217] Cette indication, nous la devons, comme nous l'avons dit déjà, à
l'obligeance de M. Valfrey; qu'il nous soit permis de lui en exprimer
toute notre gratitude.
[218] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Espagne. Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[219] A Aix, le 9 Mars 1660. Les lettres ne sont qu'en copies, mais en
copies authentiques par le fait seul de leur existence dans le dépôt du
Ministère des affaires étrangères.
[220] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Espagne. Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[221] Archives du ministère des affaires étrangères. _Ibidem._
[222] M. de Lesseins, porteur de la lettre du Roi. (Note du manuscrit
des archives du ministère des affaires étrangères.)
[223] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Espagne. Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[224] La cour arriva à Saint-Jean-de-Luz le 8 mai. La lettre ne porte
pas de date, mais elle est placée dans le manuscrit immédiatement après
celle du 25 avril.
[225] Archives du ministère des affaires étrangères. _Ibidem._
[226] Le copiste du manuscrit des archives du ministère des affaires
étrangères, ne connaissant pas l'espagnol, a donné de cette lettre,
ainsi que de celles de Philippe IV et de la reine d'Espagne, un texte
fort défectueux. Grâce à l'obligeance de M. Antoine de Latour, si versé
dans la littérature espagnole, ce texte a pu être rectifié avec le plus
grand soin.
[227] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Espagne. Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[228] Nous accommodâmes, dit Mlle de Montpensier dans ses
_Mémoires_, une cassette que M. de Créqui devait porter à la jeune
Reine, de la part du Roi. C'était un assez grand coffre de calambourg
(bois des Indes), garni d'or, où il y avait tout ce que l'on peut
imaginer de bijoux d'or et de diamants, comme des montres, des heures,
des gants, des miroirs, boîtes à mouches, à mettre des pastilles;
petits flacons de toutes sortes; d'étuis à mettre des ciseaux, des
cure-dents; de petits tableaux de miniature à mettre dans un lit; des
croix, des chapelets... des bagues, des bracelets; des crochets de
toutes sortes de pierres, une de grand prix; un plus petit coffre où
étaient des perles, des pendants d'oreilles de diamants, et une boîte
pour les pierreries de la couronne. Elles ne sortent point du royaume,
et les reines ne les ont point en propre, comme tous ceux-là étaient
à elle, des pendants d'oreilles de toutes sortes de pierres et des
assortiments de même. Enfin on croira aisément que jamais on n'avait vu
un présent si magnifique et si galant.»
[229] _Mémoires de Madame de Motteville et de Mademoiselle de
Montpensier._
[230] Lettre de la reine d'Espagne à Louis XIV. 2 juin 1660. Archives
du ministère des affaires étrangères. 1659-1661. Espagne-Négociations
des Pyrénées, t. LXXI.
[231] 3 juin 1660. Archives du ministère des affaires étrangères.
_Ibidem._
[232] Archives des affaires étrangères. 1659-1661. Espagne.
Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[233] _Mémoires de Madame de Motteville._ Voir les grands et beaux
travaux de M. Mignet sur l'_Histoire de la succession d'Espagne_ et sa
magnifique _Introduction_ à cette Histoire.
[234] «Il ne faut pas s'en étonner, dit Mme de Motteville; la cause
de sa passion était belle; et l'innocence donnant à cette princesse
le pouvoir de la laisser voir telle qu'elle la sentait, elle prenait
autant de plaisir à la publier qu'il lui était agréable d'avoir, par
l'amour réciproque que le Roi avait pour elle, un juste sujet de se
glorifier de son excès...»
[235] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[236] La copie manuscrite porte: _compagnie_, ce qui est évidemment une
faute.
[237] Archives du ministère des affaires étrangères. 1659-1661.
Espagne. Négociations des Pyrénées, t. LXXI.
[238] Le Roi quitta la cour pour aller visiter Brouage, le 27 juin 1660.
[239] _Nouvelle Relation contenant la royale entrée de Leurs Majestés
dans leur bonne ville de Paris_, le 26 août 1660. 24 pages in-4o.
[240] _Siècle de Louis XIV._
[241] Voir la belle et excellente _Histoire de la réunion de la
Lorraine à la France_, par M. le comte d'Haussonville, t. 1, 2 et 3
_passim_.
[242] 25 février, 1654.
[243] Voici comment Beauvau complète le portrait de cet étrange
personnage: «Ce prince était de belle stature, fort libre et fort
adroit dans toutes ses actions, à pied et à cheval, dur et infatigable
au travail, d'un esprit vif et ardent, agréable, civil et affable aux
étrangers, mais rarement parmi ses sujets; faisant peu de cas de sa
noblesse et la traitant peu favorablement jusqu'à n'avoir jamais pu
souffrir qu'elle jouît d'aucun de ses privilèges; prompt et fâcheux
avec ses domestiques, accordant toutefois assez aisément ce qu'on
désirait de lui, quand on le trouvait de bonne humeur, mais l'exécutant
rarement, familier parmi le peuple, l'écoutant dans ses plaintes, et
témoignant compatir à ses misères, mais ne l'épargnant guère, lorsqu'il
trouvait l'occasion d'en exiger de l'argent. Il était d'une avarice qui
paraissait insatiable et qui le rendait peu libéral; mais, comme son
grand cœur avait néanmoins quelquefois des mouvements relevés, il
n'épargnait rien aux actions qu'il voulait rendre magnifiques.» (Voir
aussi ce qu'ont dit de ce prince dans leurs _Mémoires_ le cardinal de
Retz, Mlle de Montpensier, Mme de Motteville, Montglat et surtout
M. le comte d'Haussonville qui donne sur lui nombre de documents
nouveaux.)
[244] _Mémoires du marquis de Beauvau, pour servir à l'histoire de
Charles IV, duc de Lorraine et de Bar._ A Cologne, chez Pierre Marteau,
1690.
[245] Jeanne-Olympe Hurault de l'Hospital, comtesse de Choisy,
morte en 1668. C'est elle qui figure sous le nom de _Célie_ dans le
_Dictionnaire des Précieuses_: «_Célie_ est une précieuse dont l'esprit
a toujours fait grand bruit. L'on saura qu'elle a de belles qualités,
qu'elle est bien faite et qu'elle a de l'esprit, etc.» (Édit. Livet,
t. I et t. II.) «Elle a été jolie, dit Tallemant des Réaux (t. VII),
a de l'esprit et dit les choses plaisamment, elle est gaie et cherche
toujours à se divertir: c'est un original en certaines choses.» Mme
de Brégis et Segrais ont aussi fait son portrait. «Sans étude et sans
lecture, dit celui-ci, elle parlait et écrivait divinement bien. Elle
était amie intime de la reine de Pologne (Marie de Gonzague) qui a
entretenu un commerce de lettres avec elle pendant vingt ans.»
[246] «Comme (Marie), dit le marquis de Beauvau, était d'un esprit
ardent et hardi, on croyait qu'elle agréerait d'autant plus la
recherche du prince qu'elle le jugeait un moyen propre à la tirer de
la sujétion du Cardinal et de la Reine mère, dont elle se trouvait
traitée avec trop de contrainte et de rigueur. Outre cela elle trouvait
ce prince beau et bien fait, et le considérait encore avec ses droits
assez bien fondés sur les duchés de Lorraine et de Bar, pour pouvoir
un jour élever sa fortune et son ambition. Ces considérations firent
qu'elle employa un certain abbé Bouti, Italien et adroit, qui ayant
eu autrefois quelque connaissance avec Mme de Choisi, trouva moyen
de la renouer. Il la vint visiter souvent à la sourdine, pour ajuster
ensemble leurs mesures: mais quoique, ordinairement, ces sortes
de négociations soient conduites avec beaucoup de secret dans le
commencement, néanmoins elles s'éventent aisément quand elles durent
trop longtemps.»
[247] Le traité de Nimègue ne lui restituant que la partie des États
qui avaient été laissés à son oncle Charles IV, à l'exception de Nanci,
il refusa de souscrire à cette clause honteuse, et il retourna au
service de l'Empereur, auprès duquel il termina sa carrière.
[248] _Mémoires du marquis de Beauvau_, etc., etc.
[249] _Mémoires de Beauvau._
[250] Ce traité d'accommodement entre Charles IV et Louis XIV fut
signé à Vincennes, trois ou quatre jours avant le décès du Cardinal.
Restitution au duc des duchés de Lorraine et de Bar, à la réserve d'un
passage du côté de l'Allemagne pour les troupes du roi de France;
démolition des fortifications de Nanci; maintien en la possession de
la France des places de Stenai, Clermont, Jamets et Dun; désarmement
complet de la Lorraine, telles furent les principales clauses de ce
traité.
[251] «L'inclination qu'elle avait prise pour ce prince, dit Beauvau,
était si forte, qu'elle avait souvent osé déclarer, ou qu'elle
l'épouserait ou qu'elle se ferait religieuse.»
[252] _Apologie ou les véritables Mémoires de Madame Marie Mancini,
connétable de Colonna, écrits par elle-même._ A Leide, pour l'auteur,
chez Jean Van Gelder, 1678. Ce petit volume in-12 est d'une excessive
rareté.
[253] Conférez sur ce point le récit du marquis de Beauvau, qui
concorde parfaitement avec ce que dit Marie Mancini.
[254] Le duc de Guise cessa de lui parler, tout en ayant la générosité
de faire servir, avec autant de soin qu'à l'ordinaire, ce prince
besogneux à qui il donnait depuis longtemps l'hospitalité dans son
hôtel.
[255] _Mémoires de Beauvau._
[256] _Ibidem._
[257] Mlle de Montpensier a parlé de cet épisode dans ses
_Mémoires_, mais, comme ils sont entre les mains de la plupart des
lecteurs, nous nous abstenons de leur faire des emprunts. Il n'en est
pas de même des _Mémoires_ de Beauvau, qui sont fort peu connus.
[258] Elle était la fille aînée du second lit de Gaston d'Orléans.
[259] En 1661.
[260] _Mémoires de Madame de Motteville._
[261] _Mémoires de Guy Joly._
[262] _Mémoires de Guy Joly._
[263] _Mémoires de Madame de Motteville._
[264] Charles épousa l'infante de Portugal en 1662.
[265] _Mémoires de Madame de Motteville._
[266] _Mémoires de Madame de Motteville._
[267] _Mémoires de Madame de Motteville._
[268] _Mémoires de Montglat, comte de Clermont._
[269] _Ibidem._
[270] Lorenzo Onofrio de Gioeni, duc de Taliacoti, prince de Palliano
et de Castiglione, né à Rome. Plus tard il devint vice-roi d'Aragon,
puis vice-roi de Naples. Il mourut le 15 avril 1689.
[271] _Mémoires de Madame de Motteville._
[272] C'est le marquis de Beauvau qui s'exprime ainsi et qui devait
être renseigné mieux que personne, par son élève le prince Charles de
Lorraine.
[273] La Porte de La Meilleraye, grand maître de l'artillerie, fils du
maréchal de ce nom. Le Cardinal lui fit quitter ce nom pour celui de
Mazarin auquel fut attaché le titre de duc.
[274] _Mémoires de Madame de Motteville._
[275] Mme de Venel dont bientôt il sera encore question.
[276] Voici la première de ces lettres qu'adressa le Roi au connétable,
à l'occasion de son mariage:
«Mon cousin, vous avez raison de croire que l'alliance que vous avez
prise dans la maison de mon cousin le cardinal Mazarini m'a été très
agréable; c'est une vérité que les effets vous confirmeront en toutes
rencontres; et assurément la qualité de neveu de ce grand homme, outre
les autres que vous possédez, ne me laissera jamais perdre la moindre
occasion de vous donner des marques de ma bienveillance.» (_Œuvres
de Louis XIV_, t. V. Au connétable. Paris, le 12 avril, 1661.)
[277] _Œuvres de Louis XIV_, t. V, p. 21. A Mme de Venel.
Fontainebleau, le 20 juin 1661.
[278] _Œuvres de Louis XIV_, t. V. Au connétable Colonne.
Fontainebleau, le 6 août 1661.
[279] Hortense Mancini, après avoir fui le palais de son mari, le duc
de Mazarin, s'était réfugiée à Chambéry, où elle résidait chez un
parent de Saint-Réal. L'abbé, qui revint dans cette ville en 1676,
ne pouvait manquer de plaire à la belle duchesse par la distinction
de son esprit. «Il avait l'honneur, dit Desmaiseaux, dans la _Vie de
Saint-Évremond_, de l'entretenir tous les jours, et de lui lire les
meilleurs livres français et italiens. Cet abbé ne fut pas insensible
à ses charmes. Pour s'insinuer dans ses bonnes grâces, il lui suggéra
l'idée d'écrire l'histoire de sa vie, et se chargea de la composer sur
les particularités qu'elle lui fournirait. Il consentit à la suivre en
Angleterre, et il fit, avec Saint-Évremond et d'autres gens de lettres,
l'ornement de la société brillante qu'elle réunissait à Londres. Ce fut
alors qu'il écrivit les _Mémoires de Madame la duchesse de Mazarin_,
qu'il accompagna d'une lettre où il faisait l'éloge de cette dame...»
[280] _Les Mémoires de M. L. P. M. M._ (Mme la princesse Marie
Mancini), _Colonne, G. connétable du royaume de Naples_. A Cologne,
chez Pierre Marteau, 1676, in-12 de 189 pages. Il y en eut une autre
édition la même année, chez le même, et une traduction en italien en
1678.
[281] La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de cette
traduction.
[282] A Leide, pour l'auteur, chez Jean Van Gelder, à la Tortue, 1678.
Ce petit volume est tellement rare qu'il a, pour ainsi dire, la valeur
d'un manuscrit. La Bibliothèque nationale n'en possède qu'un seul
exemplaire. No. 27, 4627.
[283] _Lettres de Madame de Villars à Madame de Coulanges_, nouvelle
édition publiée par M. Alfred de Courtois. H. Plon, 1878, un vol.
in-8o.—Madrid, 2 novembre 1679. D'après M. de Courtois (voir p. 213),
une édition, imprimée à Madrid, aurait précédé celle que nous citons,
mais personne ne l'a jamais vue.
[284] Elle confia son manuscrit à un nommé S. Bremond, qui dédia le
livre imprimé au duc de Brunswick, autrefois intimement lié à Rome avec
le connétable et sa femme. S. Bremond a soin de dire dans sa _dédicace_
que «_ce sont les propres Mémoires_ (de la connétable)..., qu'on voit
un certain caractère naturel et sincère en tout ce qu'elle dit, quelque
chose qui sent si fort la noblesse de son âme, et le rang qu'elle
tient dans le monde, qu'il n'y a qu'elle qui peut s'exprimer de cette
manière...»
[285] Ce marquis épousa plus tard une sœur du prince Colonna, et
devint l'un des plus ardents persécuteurs de la connétable lorsqu'elle
se fut enfuie de Rome.
[286] Le patriarche d'Amasie, qui les accompagnait.
[287] _Les Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne, grande connétable du
royaume de Naples._
[288] _Ibidem._
[289] On trouve tous ces détails dans les _Mémoires_ de Marie Mancini.
[290] _Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne, grande connétable du royaume
de Naples_, p. 85 et suivantes.
[291] Il était le second fils d'Henri de Lorraine et de Marguerite
Cambout, veuve du duc de Puylaurens. Il était né en 1643 et mourut en
1702. Il portait le titre de chevalier, comme chevalier de Malte.
[292] Mme de Sévigné disait plaisamment, avec Saint-Évremond, que
la duchesse de Mazarin était dispensée des règles ordinaires, et
qu'on voyait sa justification en voyant M. de Mazarin. Quand on lui
conseillait de se remettre avec son mari, elle répétait comme les
frondeurs: Point de Mazarin! point de Mazarin! (Lettre de Mme de
Sévigné à Mme de Grignan, du 27 février 1671.) Le Roi, touché de la
situation de la duchesse, lui accorda une pension annuelle de 24,000
livres pour qu'elle pût vivre décemment à Rome.
[293] Dans _Apologie, etc._, la connétable le nomme _Gourberville_.
Nous avons adopté l'orthographe des _Mémoires de la duchesse de
Mazarin_, où il est souvent question de ce personnage.
[294] _Apologie, etc._ «Le chevalier, ajoute-t-elle, me procura cet
honneur sans lui avoir rendu aucun service, bien loin de lui avoir
prêté de l'argent, comme la médisance a publié faussement...»
[295] La connétable, dans son _Apologie_, destinée à être mise sous
les yeux du public, se garde bien de parler de ces deux épisodes du
cardinal Chigi et du chevalier de Lorraine. Elle n'eut pas la même
prudence dans la relation qu'elle avait adressée à un ami intime, et
qu'une indiscrétion fit tomber entre les mains d'un éditeur anonyme.
[296] _Les Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne, grande connétable du
royaume de Naples, etc._
[297] Dans son _Apologie_ elle donne une description de cette petite
maison, mais elle ne dit pas un mot de l'épisode qui s'y rattache.
Voici ce que la connétable dit de ce pavillon dans son _Apologie_:
«Nous cherchâmes un lieu plus assuré dans le Tibre, proche duquel nous
envoyâmes faire une cabane pour nous y déshabiller, et où il y avait
une galerie, qui régnait jusque sur le bain, le tout composé de cannes,
de feuilles, de rameaux, mais avec tant d'art que tout le monde la
regardait avec admiration.»
[298] Xénocrates, un des plus illustres philosophes de l'ancienne
Grèce. On remarquera que Marie Mancini écrit son nom à la manière
italienne, l'_x_ n'existant pas en italien.
[299] Le Ghetto, quartier des juifs à Rome.
[300] _Les Mémoires de M. L. P. M. M. etc._ En parlant du chevalier
de Lorraine, la duchesse de Mazarin dit dans ses _Mémoires_ que sa
sœur «s'était fait des affaires avec tout Rome pour lui et pour son
frère. On ne pouvait, ajoute-t-elle, les souffrir partout ailleurs que
chez elle, et elle s'était déclarée pour eux dans des occasions assez
délicates contre le cardinal Chigi et le connétable même...»
[301] Voir la savante dissertation de M. Monmerqué dans la _Biographie
universelle_ de Michaud, aux mots: _Henriette-Anne d'Angleterre_.
[302] Voilà un passage qui garantit la parfaite authenticité des
_Mémoires_ de la duchesse de Mazarin, uniquement attribués jusqu'à
présent à Saint-Réal.
[303] _Apologie, ou les véritables Mémoires de Madame Marie Mancini,
etc._
[304] _Les Mémoires de M. L. P. M. M., etc._ La duchesse de Mazarin dit
dans ses _Mémoires_, ce qui est confirmé par la connétable dans son
_Apologie_, qu'elle fit tous ses efforts pour dissuader sa sœur de
quitter son mari, en lui citant son propre exemple. «Les déplaisirs,
dit-elle, qu'une pareille équipée m'avait attirés me donnèrent une
éloquence extraordinaire, mais la même étoile qui m'avait conduite en
Italie la poussait en France.»
[305] Dans les _Mémoires de M. L. P. M. M._ et dans l'_Apologie, etc._
[306] «Je savais fort bien que l'argent est la première chose qui
manque. Aussi j'en pris autant que je pus, et surtout je n'oubliai pas
mes pierreries, que j'enfermai dans un petit coffre, et c'était tout ce
que nous avions avec nous...» (_Les Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne,
G. connétable du royaume de Naples, etc._)
[307] _Apologie, ou les véritables Mémoires, etc._
[308] _Les Mémoires de M. L. P. M. M., etc._ Cette particularité que
la connétable, sa sœur et leurs femmes étaient déguisées en hommes,
ne se trouve pas dans l'_Apologie_, mais sa parfaite exactitude est
attestée par une lettre de Mme de Scudéri que nous citerons bientôt
et par les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_. «Nous montâmes dans
mon carrosse, dit cette dernière, avec une de ses femmes et Nanon,
habillées en hommes, comme nous, avec nos habits de femmes par dessus.»
[309] Les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_ concordent parfaitement
sur ce point avec ceux de la connétable.
[310] Mêmes détails dans les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_.
[311] _Apologie, etc._; même détail dans les _Mémoires de M. L. P. M.
M., etc._
[312] _Les Mémoires de M. L. P. M. M., etc._ On remarquera que les deux
Relations sont tout à fait conformes sur ce point comme sur plusieurs
autres.
[313] _Apologie, etc._
[314] _Apologie, etc._, «Abattue comme j'étais, je fis deux milles à
pied, après quoi je fus obligée de me reposer...» (_Les Mémoires de M.
L. P. M. M., etc._)
[315] _Ibidem._ Voir aussi les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_.
[316] _Apologie, etc._, et _Mémoires de la duchesse de Mazarin_.
[317] «Il était bien nuit...; il nous fallut faire cinq milles à pied
pour y aller, et nous nous embarquâmes enfin à trois heures sans avoir
bu ni mangé depuis Rome...» (_Mémoires de la duchesse de Mazarin._)
[318] _Ibidem._
[319] _Les Mémoires de M. L. P. M. M._
[320] _Mémoires de la duchesse de Mazarin._
[321] _Mémoires de la duchesse de Mazarin._
[322] _Apologie, etc._ et les _Mémoires de M. L. P. M. M., etc._ «Dans
huit jours nous débarquâmes à la Ciouta en Provence où nous voyant en
lieu de sûreté, nous reprîmes nos habits de femmes et nous allâmes à
Marseille à cheval.» (_Les Mémoires de M. L. P. M. M., etc._)
[323] _Apologie, etc._ «Il n'est point de contes horribles que l'on ne
fît de nous, dit la duchesse de Mazarin dans ses _Mémoires_, jusqu'à
dire que nous étions allées en Turquie, et il (le connétable) fut
contraint d'obtenir du pape une excommunication contre tous ceux qui en
parleraient...»
[324] C'était un _bravo_, au dire de la duchesse Mazarin dans ses
_Mémoires_; dans les _Mémoires de M. L. P. M. M., etc_, il est désigné
ainsi: _Le capitaine Meneghino de Viterbe_. Le langage qu'il tient
à la connétable est à peu près le même que dans l'_Apologie, etc._,
Mme Colonna, dans cette première Relation, dit qu'elle le dépêcha
sur-le-champ avec une lettre pour son mari, «dans laquelle elle lui
faisait voir tous ses déplaisirs et les motifs de son départ.»
[325] _Ibidem._ Les mêmes détails, quoique moins circonstanciés, se
trouvent dans les _Mémoires de la duchesse Mazarin_.
[326] _Mémoires de la duchesse Mazarin._
[327] L'_Apologie, etc._
[328] _Les Mémoires de M. L. P. M. M., etc._
[329] Lettres de Mme de Sévigné à Mme de Grignan. Paris, 20 juin
1672.
[330] Mme de Scudéry à Bussy, 26 juin 1672.
[331] «Le Roi, dit-on, est fâché qu'on les ait arrêtées; car, comme
il aime Mme Colonne, il ne lui voudrait pas nuire. Le Pape et les
cardinaux ont envoyé prier Sa Majesté de la renvoyer. Pour vous dire
la vérité, je conçois bien qu'on peut aimer, mais je ne comprends pas
qu'une femme de qualité se puisse résoudre à renoncer à toute sorte
d'honneur, de bienséance et de réputation; je tiens qu'il y devrait
avoir une punition corporelle pour les dames si fort emportées.» (Même
lettre de Mme de Scudéry à Bussy-Rabutin.)
A quoi Bussy répondait à son amie, le 16 juillet suivant: «Quand je
fais réflexion sur la postérité de ces grands cardinaux de Richelieu
et de Mazarin, je trouve qu'il semble que Dieu ait pris un soin
particulier de rendre leur mémoire ridicule par toutes les sottises
qu'il fait faire à leurs héritiers.»
[332] Mme de Sévigné à sa fille: «Je vous envoie un joli madrigal
et la _Gazette de Hollande_; j'y trouve l'article des deux sœurs
(Colonne et Mazarin) et celui d'Amsterdam fort plaisants.»
[333] _Mémoires de la duchesse Mazarin._
[334] _Apologie, etc._, et _Mémoires de la duchesse Mazarin_.
[335] La duchesse Mazarin, dans ses _Mémoires_, dit que sa sœur
poussa une pointe jusqu'à Montpellier pour y voir le marquis de Vardes,
alors exilé pour avoir fabriqué de fausses lettres, afin de nuire à
Henriette d'Angleterre.
[336] _Apologie, etc._
[337] _Apologie, etc._, et _Mémoires de la duchesse Mazarin_.
[338] _Apologie, etc._
[339] _Apologie, etc._
[340] _Apologie, etc._
[341] «Il arriva presque en même temps un gentilhomme de M. de Colbert
avec deux bourses de cinq cents pistoles chacune, que Sa Majesté avait
ordonné de m'envoyer, et de laquelle somme il a plu à sa grandeur
royale de m'obliger tous les six mois durant tout le temps que j'ai
été sous sa protection.» (_Apologie, etc._) Au mois de juin ou de
juillet 1672, Mme de Scudéry écrivait à Bussy-Rabutin: «Mme de
Colonne est à l'abbaye du Lys (près Melun). Le Roi lui a envoyé mille
pistoles et beaucoup d'honnêtetés par M. de Créqui. Il lui a fait
promettre de plus une pension de vingt mille francs. Ce procédé est
du plus honnête homme du monde. Il lui a mandé qu'il ne la pouvait
voir et même de choisir pour sa demeure une religion plus éloignée...
L'on dit que son mari la vient demander au Roi.» Bussy répondait à
son amie: «Quand le Roi en use aussi honnêtement qu'il fait pour
Mme de Colonne, il regarde la passion qu'il a eue pour elle plutôt
que le mérite de la dame; car, quelque galants que nous soyons, nous
n'approuvons pas qu'une dame quitte son mari et coure le pays comme les
héroïnes de roman, à moins que ce ne soit pour nous qu'elle fasse ces
folies...» (_Correspondance de Bussy-Rabutin_, édit. Charpentier, t.
III, p. 453.) Les divers passages de ces lettres, ainsi que ceux des
lettres de Mme de Sévigné que nous venons de citer; les lettres de
Marie Mancini à Colbert dont nous allons parler et d'autres documents
contemporains, concordent parfaitement avec les événements dont parle
Marie Mancini, et viennent confirmer pleinement l'authenticité de ses
_Mémoires_.
[342] Lettre de Mme de Scudéry à Bussy (juin ou juillet 1672).
_Correspondance de Bussy-Rabutin_, t. III, p. 453, édit. Charpentier.
En répondant à cette lettre, Bussy ne manquait pas de dire qu'il avait
trouvée plaisante la réponse de la connétable à Créqui. (_Ibid._)
[343] La sœur Magdeleine de Jésus, abbesse du Lys, à Colbert, 27
août (1672). Publiée par M. Amédée Renée dans _les Nièces de Mazarin_,
appendice, p. 475-476.
[344] M. Amédée Renée, qui a trouvé à la Bibliothèque nationale
plusieurs lettres manuscrites concernant la connétable et qu'il donne
dans son Appendice, n'a pas eu la main aussi heureuse pour celle-ci.
Mais, en revanche, il a trouvé une lettre d'excuses de la connétable
à Colbert, et une intéressante réponse de Colbert à la princesse. Ces
lettres, comme on le voit, confirment pleinement l'authenticité des
_Mémoires_ de Mme Colonna.
[345] Voici cette lettre, datée «Du Lys, 23 septembre 1672,» et que
M. Amédée Renée a eu l'heureuse chance de retrouver: «Je croyais,
Monseigneur, que vous auriez eu plus de charité pour votre prochain,
et que vous ne montreriez pas au Roi ma lettre, laquelle j'écrivis
en colère sans savoir ce que je faisais. J'en ai eu assez de regret
lorsque j'ai été de sang-froid; mais, comme aux fautes commises il
n'y a plus de remède, je vous prie au moins de radoucir le plus qu'il
vous sera possible l'esprit du Roi, en lui faisant connaître que,
quand je serais ici retenue par ses ordres, j'y demeurerais encore
avec plus de satisfaction dans l'espérance de faire quelque chose qui
lui serait agréable, et que de plus je ne souhaite nullement sortir
d'ici pour aller à soixante lieues de Paris, à moins qu'il ne me le
commande expressément; ce que je ferai après pour lui obéir, mais non
pas pour suivre mon plaisir, le trouvant tout entier dans cette maison,
où je demeurerai, si Sa Majesté le trouve bon, jusques à ce que Dieu
m'inspire ce que j'aurai à faire touchant mon accommodement. Cependant,
soyez assuré que je ne me consolerai jamais d'avoir eu une promptitude
si mal à propos, et d'avoir déplu à celui à qui je dois tout ce que
j'ai au monde. Je vous prie de m'excuser auprès de lui et de me croire
fort vôtre, etc.»
[346] Réponse de Colbert à la connétable, _les Nièces de Mazarin_.
Appendice, p. 479.
[347] Voici l'intéressante réponse de Marie Mancini à Colbert: «Du
Lys, ce 25 septembre 1672. Le commencement de votre lettre m'a fort
réjoui, Monseigneur, voyant que le Roi avait bien reçu mes excuses, et
qu'il voulait bien m'accorder toujours sa protection: mais la suite
ne me fait que trop connaître qu'il me voudrait voir bien loin de son
royaume, et que ce n'est que par une simple honnêteté tout ce qu'il
en fait. Du reste, je ne sais pas assez bien la carte pour choisir un
couvent dans une ville à soixante lieues de Paris. Il n'a qu'à dire où
il veut que j'aille, je m'y rendrai, quoiqu'il me soit bien fâcheux de
quitter un endroit où j'étais déjà toute accoutumée, et où je recevais
tous les bons traitements que je pouvais souhaiter. Au moins que ce
soit dans une abbaye et un beau couvent, car je ne saurais pas y durer
autrement. Je n'aurais jamais cru ce que je vois; je n'en dirai pas
davantage, parce que je ne me possède pas si bien que vous; il vaut
mieux finir. Dites seulement au Roi que je lui demande de lui parler
une fois avant de m'en aller, qui sera la dernière fois de ma vie,
puisque je ne reviendrai plus à Paris. Octroyez cette grâce, je vous
conjure, Monseigneur, et après je lui promets que je m'en irai encore
plus loin s'il le souhaite, étant toujours fort disposée à lui obéir,
et à vous, de vous témoigner toute ma vie que je serai, etc.» _Les
Nièces de Mazarin._ Appendice, p. 479-480.
[348] Le Roi à la connétable Colonna: «A Versailles, le 26 septembre
1672: Ma cousine, désirant vous donner une abbaye commode pour vous
retirer et y demeurer en toute sûreté pendant le temps que vous voudrez
demeurer dans mon royaume, je n'en ai point trouvé qui convînt mieux à
tout ce que vous pouvez désirer que celle de Saint-Pierre, de ma ville
de Reims, dont la dame d'Orval est abbesse; et pour cet effet, aussitôt
que j'aurai une dernière réponse à cette lettre, j'enverrai le sieur
Goberti pour vous y aller conduire. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous
ait, ma cousine, en sa sainte et digne garde.» (Bibl. nat. mss. vol.
verts, C.)
[349] _Mémoires de la cour d'Espagne._
[350] Louis XIV le nomme _Goberti_, et l'abbesse du Lys, _de La
Giberti_.
[351] Avenay avait été choisi en dernier lieu, à la place de
Saint-Pierre de Reims.
[352] _Histoire de l'abbaye d'Avenay_, par Louis Paris, bibliothécaire
d'Épernay, t. I.
[353] _Les Mémoires de M. L. P. M. M._
[354] _Apologie_, etc., et _Mémoires de M. L. P. M. M._
[355] L'_Apologie_, etc. Les distractions ne manquaient pas à la
captive dans le couvent de la _Visitation_. «Comme il y avait,
dit-elle, un parc très grand, Son Altesse Royale m'envoya des lièvres,
des daims et des chiens pour chasser. Je faisais faire des comédies
dans les parloirs. J'écrivis à Rome de m'envoyer mes filles et le
maître des cérémonies; mes filles étant arrivées, nous passâmes le
temps à merveille...» (_Les Mémoires de M. L. P. M. M._, etc.)
[356] Pour peu _endurante_.
[357] _Apologie_, etc.
[358] «A vous dire le vrai, je craignais la coutume des Italiens de
donner le morceau dans des plats, et c'est aussi pour ce sujet que,
d'ordinaire, je prenais garde à ma table...» (_Les Mémoires de M. L. P.
M. M._, etc.)
[359] Mme d'Aulnoy, qui tenait les mêmes détails de la bouche de la
connétable, en parle dans ses _Mémoires de la cour d'Espagne_, mais en
les abrégeant beaucoup.
[360] La connétable fait de ce personnage un portrait affreux. «Pour
faire une trahison, dit-elle, (M. le connétable) ne pouvait pas mieux
choisir qu'un homme de Calabre... Il est homme de beaucoup d'esprit;
il fut théologien, à dix-neuf ans, du cardinal François Barberin, et,
ayant commis quelque crime dans cette cour, il fut obligé de s'en aller
en son pays, où s'étant mis dans une forteresse, à la tête de quelques
rebelles, il tint toujours le parti du duc de Guise... Quelque temps
après il se retira à Florence auprès du grand-duc le père...» Puis il
alla à Rome, «où ayant fait venir une sœur assez jolie, par ce moyen
il eut accès auprès de M. le connétable, qui le logea d'abord auprès de
la _Trinità de Monti_, et lui fit avoir l'abbaye de _San Giovanino de
Posilipe_ à Naples. Et M. le connétable, l'ayant connu pour un homme de
cabale, il jeta l'œil sur lui pour me trahir, etc., etc.»
[361] L'_Apologie_ porte durant _huit mois_, ce qui est inadmissible,
ainsi que le prouve la suite du récit.
[362] En octobre 1673, d'après les _Mémoires de M. L. P. M. M._
[363] _Apologie_, etc.
[364] Dans ses _Mémoires_, la connétable parle également de son aveugle
confiance à l'égard du marquis.
[365] Amiral, grand officier des armées navales d'Espagne, chef et juge
de tout ce qui concerne la marine.
[366] L'_Apologie_, etc. Depuis le départ de Turin, les _Mémoires de M.
L. P. M. M._ sont très brefs sur tous ces faits, dont ils ne donnent
qu'un résumé.
[367] «Je fus à l'audience de la Reine, qui, avec des marques de bonté,
me proposa de me retirer dans le couvent de Saint-Dominique Royal
pour quelque temps; et, quoique je n'en eusse point d'envie, je crus
pourtant d'être mieux en ce pays-là dans un couvent, que dehors exposée
à l'orgueil de cette nation. Les religieuses refusèrent de me recevoir
pour ne faire rien contre les priviléges. Mais, après plusieurs
disputes, la Reine eut la bonté de leur faire dire de me recevoir, et
que cela ne tirerait pas en conséquence au préjudice de leurs libertés.
Ainsi j'y entrai, et je m'y trouve avec quelque repos, quoique avec un
peu d'ennui, ne pouvant pas souffrir l'orgueil de ces religieuses.»
Il résulte de ce dernier passage des _Mémoires de M. L. P. M. M._ et
des autres qui suivent, que la fin de cette Relation (qu'il y a tout
lieu de croire authentique à cause de sa parfaite concordance avec les
_Mémoires de la duchesse Mazarin_, et avec l'_Apologie_), fut écrite
dans le couvent même de San Domingo.
[368] Voici comment la connétable, dans la seconde partie des _Mémoires
de M. L. P. M. M._, entendait fuir de son couvent: «Je ne sais si je
vous dois communiquer mon secret, dit-elle au confident à qui elle
adresse sa Relation; c'est que je songe à tout moment comment je me
pourrai sauver de ce couvent. Les murailles en sont épaisses et la
situation très difficile. Cependant j'ai dessein de suivre l'exemple
du comte de Lauzun, qui a creusé à Pignerol, deux ans entiers, pour
se sauver. Il est vrai qu'il a eu le malheur d'être découvert, mais
possible que cela ne m'arrivera pas. Quoi qu'il en soit, j'ai une
chambre qui est la plus propre du monde pour y creuser, et c'est ce
qui me donne envie de tenter la fortune. Si je peux venir à bout de
ce dessein, comme j'espère, vous saurez ce que je deviendrai. Voilà,
Monsieur, ce que vous avez désiré de moi et ce que je devais faire pour
vous obéir et vous persuader que je suis, etc.» Voilà de quelle manière
se terminent les _Mémoires_, c'est-à-dire sous la forme d'une lettre
adressée à un ami, lettre qui n'était pas destinée à voir le jour et
qui ne fut publiée que par suite d'une indiscrétion.
[369] _Apologie_, etc.
[370] _Apologie_, etc.
[371] Voici le portrait qu'il faisait d'elle dans sa vieillesse:
«C'était une petite vieille ratatinée, tout esprit et sans corps,
qui avait passé sa vie dans la meilleure compagnie, et qui y vécut
avec toute sa tête et sa santé jusqu'à sa mort, à quatre-vingt-cinq
ou six ans. Elle était salée, plaisante, méchante... Elle avait des
apophthegmes incomparables et ne semblait pas y toucher.» (Voir
_Lettres de Madame de Villars à Madame de Coulanges_, édition publiée
par M. A. de Courtois, un vol. in-8o.) «La mise en lumière de la
_Relation du marquis de Villars_, a dit Sainte-Beuve, vient rendre de
l'à-propos et donner comme un fond historique solide aux récits de la
marquise, à ces jolies lettres qui, dans leur agréable légèreté, nous
initient au seul moment un peu intéressant de ce règne imbécile et
maussade (de Charles II), etc.»
[372] _Mémoires de la cour d'Espagne_, par Mme d'Aulnoy.
[373] _Relation du voyage d'Espagne_, autre ouvrage de Mme d'Aulnoy.
Madrid, 29 mai 1679.
[374] _Mémoires de la cour d'Espagne_, par Mme d'Aulnoy. Hortense
Mancini, duchesse de Mazarin, était alors réfugiée à Londres. Malgré
son âge, elle avait conservé encore assez de beauté pour inspirer à
son neveu, Philippe de Savoie, chevalier de Soissons, une passion si
furieuse, que le chevalier provoqua et tua en duel un Suédois, le baron
de Barnier, amant de sa tante. Ce duel causa un tel scandale, que la
duchesse de Mazarin, pour fuir le bruit qui se faisait autour d'elle,
fut sur le point d'aller rejoindre sa sœur Marie dans son couvent
d'Espagne. Heureusement pour les religieuses de ce monastère, que
Saint-Évremond, son ami, la détourna de ce projet: «Après avoir parlé
(avec la connétable) trois ou quatre jours de la France et de l'Italie,
écrit-il à Mme Mazarin; après avoir parlé de la passion du Roi et de
la timidité de monsieur votre oncle, et de ce que vous avez pensé être
et de ce que vous êtes devenue, vous vous trouverez enfermée dans un
couvent.» (_Œuvres de Saint-Évremond_, édition de 1739, t. IV, p.
198 et _Correspondance de la marquise de Villars_, édition Courtois.)
[375] _Mémoires de la cour d'Espagne_, par Mme d'Aulnoy.
[376] _Lettres de Madame de Villars à Madame de Coulanges_, nouvelle
édition publiée par M. Alfred de Courtois. H. Plon, 1878, un vol.
in-8o. Madrid, 2 novembre 1679, pp. 84-85.
[377] _Apologie ou les véritables Mémoires de Madame Marie Mancini,
connestable de Colonna._ Cologne (Hollande), 1679, un vol. in-12.
[378] De ces traductions, on ne connaît que celle en italien. (Voir la
dissertation de M. de Courtois dans son édition de la _Correspondance
de Madame de Villars_.)
[379] Mme de Villars à Mme de Coulanges. Madrid, 27 janvier 1680.
[380] Femme qui se cache le visage avec sa mantille ou son voile.
[381] _Mémoires de la cour d'Espagne._
[382] Don Pablo Spinola Doria, troisième marquis de los Balbases, duc
de San Severino et de Sestos. Il était petit-fils du célèbre Ambrosio
Spinola.
[383] Mme d'Aulnoy.
[384] ... «La connétable _Colonna_, depuis la visite qu'elle nous fit,
est toujours dans un couvent à cinq lieues d'ici. Son mari est à Madrid
depuis deux jours. On dit qu'il lui permettra de revenir dans un autre
couvent de cette ville, où elle aura beaucoup moins de liberté que dans
celui d'où elle est sortie. Nous avons appris qu'elle fut toute prête,
le jour qu'on l'emmena de Madrid au lieu où elle est présentement, de
s'en venir encore se fourrer chez nous dans ma chambre...» (Mme de
Villars à Mme de Coulanges; Madrid, 6 mars 1680.)
[385] _Mémoires de la cour d'Espagne_, par Mme d'Aulnoy. Voici
d'autres détails que nous puisons dans les _Mémoires de la cour
d'Espagne sous le règne de Charles II_, attribués au marquis de
Villars. Le connétable, dit-il, «fit revenir d'abord sa femme dans
un couvent de Madrid, et peu après elle vint demeurer chez lui,
c'est-à-dire dans la même maison, sans aucun commerce ensemble. Elle
fut quelque temps en cet état avec la liberté de faire des visites;
elle allait même chez la Reine...»
[386] Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 15 août 1680.
[387] _Mémoires de la cour d'Espagne._
[388] Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 26 mai 1680.
[389] Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 26 septembre
1680.
[390] Mme d'Aulnoy, _Mémoires de la cour d'Espagne_.
«Comme le connétable parla d'aller en Italie, dit de son côté le
marquis de Villars, et de l'amener avec lui, la crainte des suites de
ce retour lui fit souhaiter de demeurer à Madrid dans un couvent, ainsi
qu'elle le témoigna quand elle reçut ordre du Roi de s'expliquer sur
ce sujet. Pour régler les prétentions opposées du mari et de la femme,
on fit une junte du confesseur du Roi, de l'inquisiteur général et de
don Melchior Navarra qui décidèrent qu'on la mettrait prisonnière dans
le château de Ségovie.» Mme d'Aulnoy, en écrivant ses _Mémoires de
la cour d'Espagne_, a eu certainement sous les yeux les _Mémoires_ du
marquis de Villars, auxquels elle fait de nombreux emprunts. Elle a
notamment copié presque littéralement ce passage et ceux qui suivent.
[391] Le marquis de Villars donne les mêmes détails, mais moins
circonstanciés.
[392] «La connétable Colonne est dans un pitoyable état. Je crois que
je vous ai mandé que son mari la fit partir un peu brusquement d'ici,
pendant que la Reine _était à l'Escurial_. Elle ne tua ni ne blessa
personne. Elle est actuellement dans ce qu'on appelle l'_Alcaçal_ de
Ségovie, très misérablement traitée. La Reine aurait fort souhaité
qu'on lui eût accordé avant cela ce qu'elle demandait pour toute grâce
à son mari, qu'on la mit dans un couvent, le plus austère qu'on pût
choisir à Madrid...» (Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid,
29 décembre 1680.)
[393] Conférez les _Mémoires du marquis de Villars_ avec ceux de Mme
d'Aulnoy.
[394] Mme de Villars à Mme de Coulanges, 29 décembre 1680.
[395] La seule erreur que commette Mme d'Aulnoy est de dire que le
connétable était alors absent et qu'il ne revint à Madrid qu'au mois
de février 1681. La correspondance de Mme de Villars fait foi qu'il
était bien à Madrid au mois de décembre précédent et que ce fut alors
qu'il proposa l'étrange arrangement dont nous parlons.
[396] Le marquis de Villars donne les mêmes détails, et se livre aux
mêmes réflexions dans ses _Mémoires_.
[397] On lit les mêmes détails dans les _Mémoires_ du marquis de
Villars. Voici comment sa femme les complète:
«Il y a douze ou quinze jours que ce mari dit au confesseur, qu'il ne
pouvait consentir que sa femme vînt à Madrid, si elle ne se faisait
religieuse dans le couvent où elle entrerait et que lui, il prendrait
les ordres. Le confesseur a écrit cette proposition à la connétable,
qui l'a acceptée. Je crois qu'il n'y a pas une moindre vocation que
la sienne à la religion. Cependant, comme elle a fait dire à son mari
qu'elle fera tout ce qu'il voudra, cela pourra l'embarrasser; car je ne
crois pas qu'il ait aucune intention de la faire entrer dans Madrid...»
(Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 29 décembre 1680.)
«Il faut vous dire deux mots de la connétable Colonne, écrit Mme
de Villars à Mme de Coulanges, le 26 janvier 1681. Je trouvai
le confesseur de la Reine, il y a deux jours, au palais, qui avait
apporté une lettre pour la montrer à cette princesse, avant qu'il la
fermât. Il venait de chez le connétable Colonne, qui l'avait écrite à
sa femme en présence du confesseur. Elle contient que le mari consent
qu'elle vienne à Madrid, dans un couvent nommé; qu'elle prenne l'habit
de religieuse le même jour qu'elle y entrera, et, trois mois après,
qu'elle fasse profession. Je ne doute pas qu'elle n'accepte ces
conditions pour quitter le lieu qu'elle habite présentement. Je ne
conseillerais pas à la Reine de répondre qu'elle en sortira jamais...»
... «L'on attend tous les jours ici la connétable Colonne, pour prendre
l'habit de religieuse. Son mari, qui est fort avare, dispute sur le
prix avec le couvent où elle doit entrer. Elle écrivait, l'autre jour,
que sa sœur Mazarin ferait bien mieux de venir se faire religieuse
avec elle...» (Mme de Villars à Mme de Coulanges; Madrid, 6
février 1681.) La duchesse Mazarin, comme nous l'avons dit dans une
note, eut en effet cette singulière velléité. Jamais couvent n'aurait
vu deux plus étranges pénitentes.
[398] _Mémoires de la cour d'Espagne._
[399] Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 19 février 1681.
[400] La même à la même, 17 avril 1681.
[401] _Mémoires de la cour d'Espagne._
[402] _Mémoires du marquis de Villars_ et de Mme d'Aulnoy.
[403] Lettre de Mme de Villars, 17 avril 1681.
[404] «Le connétable, disent les Mémoires du marquis de Villars, partit
trois jours après pour l'Italie..., laissant sa femme dans le couvent,
incertaine de sa condition, misérablement logée, avec peu de moyens
pour vivre pour une femme de sa qualité, et dans un état digne de
compassion.»
«La connétable demeure dans son couvent, où apparemment elle va manquer
de tout. Elle y est déjà misérablement...» (Mme de Villars à Mme
de Coulanges, Madrid, 17 avril 1681). La marquise ajoute dans la même
lettre:... «Ce que l'on vous mande de Rome de la connétable Colonne
serait meilleur pour elle que ce qui se passe ici. La pauvre femme est
peut-être bien près d'éprouver de pires aventures que toutes celles
qu'elle a eues par le passé. Il ne faut rien imputer à toutes ces
sortes de têtes-là; mais on ne peut s'empêcher de la plaindre. C'est la
meilleure femme du monde, à cela près qu'il n'est pas au pouvoir humain
de lui faire prendre les meilleurs partis, ni de résister à tout ce qui
lui passe dans la fantaisie...»
[405] Madrid, 17 avril 1681.
[406] _Mémoires de la cour d'Espagne sous le règne de Charles II_ (par
le marquis de Villars), un vol. in-8o., 1861, publiés de nouveau par
William Stirling. Ils avaient déjà paru en 1733, à Paris, chez J.-Fr.
de Josse.
[407] Il mourut à Rome, le 15 avril 1689.
[408] Le 30 juillet 1683.
[409] Comment se fait-il qu'on la retrouve à Madrid et dans un couvent
en 1688? Sa présence y est indiquée ainsi à cette date dans une lettre
du comte de Rebenac: «Madame la connétable, écrit-il, est ici dans un
petit couvent dont elle sort quand elle veut; elle ne se mêle d'aucune
intrigue. Sa conduite ne déplaît point à la cour. Elle a beaucoup
d'amis considérables, et, quoiqu'elle ne soit pas brouillée avec sa
sœur, personne ne s'était tant réjoui qu'elle de l'ordre qu'on
lui avait donné de se retirer.» (Archives du ministère des affaires
étrangères.)
[410] Il est presque inutile de relever l'erreur de Saint-Simon. Ce ne
fut pas avant le mariage du Roi que Marie Mancini épousa le connétable,
mais après.
[411] «Cette race demi-mazarine, dit Saint-Simon en tête du passage que
nous venons de citer, me fait souvenir de la connétable Colonne que le
Roi eut en sa jeunesse tant envie d'épouser, qui ne contraignit pas ses
mœurs à Rome, ni de courir le bon bord, du vivant et surtout depuis
la mort de son mari. C'était la plus folle et toutefois la meilleure de
ces Mazarines. Pour la plus galante, on aurait peine à décider, excepté
la mère de M. de Vendôme et du grand prieur, qui mourut trop jeune dans
la première innocence des mœurs.»
[412] Lettre XXXe. Elle s'occupait avec passion d'astrologie et
d'autres sciences occultes. On a sous son nom un opuscule intitulé:
_Discorso astrofisico delle mutationi de' tempi et di altri accidenti
mondani dell' anno 1670_ (Rome), in-4o.
[413] Lettres de Mazarin, t. I, p. 31 et suivantes. L'imprimé par
erreur porte la date du 16.
[414] Dans des parties de débauche et d'impiété dont parlent les
Mémoires du temps, et à la suite desquelles le Cardinal éloigna de
Paris son neveu, qui fut depuis duc de Nevers.
[415] _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III. Bibl. Mazarine.
[416] Manuscrit des Archives du ministère des affaires étrangères et
lettres manuscrites de Mazarin à la Bibliothèque Mazarine.
[417] Je ne laisserais pas. Je ne _lairrais_, forme ancienne encore en
usage au XVIIIe siècle.
[418] Courir, manuscrit des affaires étrangères.
[419] Ms. des aff. étr.: _de ce que vous connaissez_, etc.
[420] Ms. des aff. étr.: «pour en toutes choses devenir le plus grand
Roi de la terre.»
[421] L'infante Marie-Thérèse.
[422] Ms. des aff. étr.: «que vous _savez_, que vous aimez, etc.»
[423] Ms. des aff. étr.: «vous poussant à ces choses-là, etc.»
[424] Ms. des aff. étr.: «avertir de ce qui était de son bien, etc.»
[425] Ms. des aff. étr.: «des choses pour elle qui ne se doivent
pas...» c'est-à-dire d'épouser Marie Mancini.
[426] Ms. de la Mazarine: «et enfin qui sont, par plusieurs raisons,
impossibles...»
[427] Ms. des aff. étr.: «de si malheureux, etc.»
[428] Ms. de la Mazarine: «que vous _en_ fassiez, etc.»
[429] Ms. des aff. étr.: «il en jugera selon que vous lui en donnez
occasion, etc.»
[430] Ms. de la Mazarine:... «je m'avance de vous représenter...»
[431] Le cardinal de Retz entre autres, alors réfugié en Hollande, qui
s'était réconcilié avec le prince de Condé et qui conspirait avec lui
pour rentrer en France, les armes à la main et pour expulser le premier
ministre.
[432] Manuscrit de la Mazarine:... «ce qui arrivera de nous...»
[433] En épousant la nièce du Cardinal.
[434] Ms. des aff. étr.: «_courir_ risque, etc.»
[435] Ms. des aff. étr.: «pour vouloir sitôt vous marier, etc.»
[436] Ms. des aff. étr.: «qu'il n'y _a_, etc.»
[437] Ms. des aff. étr.: «de _ce_ royaume, etc.»
[438] Ms. de la Mazarine:... «_de_ me mettre dans un vaisseau, etc.»
[439] Ms. de la Mazarine:... «toutes _les_ choses du monde...»
[440] Les quatre mots entre crochets sont dans le Ms. des aff. étr.
[441] C'est-à-dire Mazarin et sa nièce.
[442] Ms. de la Mazarine:... «le plus fidèle de vos serviteurs...»
[443] Bibl. Mazarine, _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 249,
ro. et suivantes.
[444] _Donner l'échange_ (_manuscrits._)
[445] Pour: _de science certaine_.
[446] C'est-à-dire d'emmener sa nièce en Italie, pour empêcher que le
Roi ne l'épouse.
[447] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 246,
verso et 247 ro.
[448] Bibl. Mazarine, _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 247,
vo. et 248 ro.
[449] C'est-à-dire que le Roi irait à Brouage voir Marie Mancini.
[450] Le manuscrit porte _découvrir_; nous préférons la version de
l'imprimé.
[451] _Lettre inédite._ _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p.
248 vo., Bibl. Mazarine.
[452] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III, p. 215
et suiv.
[453] L'auteur des _Mémoires_, le confident et l'agent du prince de
Condé.
[454] Anne de Gonzague.
[455] La charge de surintendante de la maison de la future Reine.
Mazarin lui enleva cette charge pour la donner à sa nièce, la comtesse
de Soissons.
[456] Le manuscrit de la Bibliothèque Mazarine présente plusieurs
variantes que nous avons eu soin d'indiquer par des crochets.
[457] Bibliothèque Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
Les mots ou phrases entre des crochets sont les variantes du manuscrit
de la Mazarine.
[458] Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites de Mazarin_, t. III.
[459] Lettre inédite, Bibl. Mazarine. _Lettres manuscrites du cardinal
Mazarin_, t. III, p. 268.
[460] D'épouser Marie Mancini.
[461] Cette lettre figure, avec de nombreuses erreurs, dans le
Recueil imprimé des _Lettres de Mazarin_, t. I, pp. 303, 332, édition
d'Amsterdam, 1745. M. Chéruel l'a publiée, d'après l'original, écrit de
la main de Mazarin, dans le _Bulletin de la Société de l'histoire de
France_ (t. I, 2e partie, p. 176 et suivantes). La copie de M. Chéruel
renferme aussi quelques erreurs évidentes, que nous avons pu rectifier
d'après une autre copie authentique du XVIIe siècle qui se
trouve dans les archives du ministère des affaires étrangères (Espagne.
Négociations des Pyrénées, 1659, 1661, t. LXXI).
Dans le manuscrit de la Mazarine, non plus que dans l'imprimé, cette
lettre n'est pas datée. Dans la copie des archives du ministère des
affaires étrangères, elle porte la date du 28 août. Cette date est
exacte, et non celle du 18 que lui donne M. Chéruel. En effet, dans une
lettre en date du 29 août, que Mazarin adresse au Roi, il lui dit qu'il
lui a rendu un grand service, _depuis vingt-quatre heures_, en lui
écrivant cette grande lettre.
[462] Copie de M. Chéruel: _et délicates_ au lieu de: _et d'éclat_.
[463] Texte Chéruel: «... d'accord avec moi, qu'elle au contraire n'a
nulle amitié pour moi, qu'elle a beaucoup d'aversion, etc.»
[464] Le mot _elle_ qui se trouve dans le manuscrit des affaires
étrangères n'est pas dans la copie Chéruel. Les lettres étaient remises
secrètement à Marie Mancini par le sieur de Téron, parent de Colbert.
Voyez la lettre déjà citée imprimée par Soulavie, t. I, p. 184.
[465] «Et qu'elle enfin...» (Copie Chéruel.)
[466] Ms. des aff. étr.: «qu'à elle seule comme à moi, etc.»
[467] Ms. des aff. étr.: «enfin.»
[468] De quitter la France avec ses nièces.
[469] Copie Chéruel: «qu'elle ne l'a jamais été, etc...»
[470] Ce mot _surtout_ entre crochets n'est pas dans le Ms. des aff.
étr.
[471] Copie Chéruel: «_pour_ vous rendre...»
[472] Copie Chéruel: «qu'elle s'imagine...»
[473] Copie Chéruel: «_les cœurs_...»
[474] Copie Chéruel: «que je suis, etc.»
[475] Copie Chéruel: «_Monsieur._» _Bulletin de la Société de
l'histoire de France_, loc. cit.
[476] Copie Chéruel: «mais pour moi, _que je_ ne suis pas préoccupé...»
[477] La copie Chéruel et celle du ministère des affaires étrangères:
«et qu'à quelque prix que ce soit, je vous veux servir...» Nous avons
cru devoir corriger cette faute de français, comme Mazarin l'eût fait
lui-même s'il eût relu sa lettre.
[478] _Monsieur_ dans le _Bulletin de la Société de l'histoire de
France_. Le manuscrit des affaires étrangères: _Madame_.
[479] Ms. des aff. étr.: «Étant assuré, etc.»
[480] Pour: _qui ai_.
[481] Tel est le texte du manuscrit des archives du ministère des
affaires étrangères. Voici quelle a été la lecture du copiste de M.
Chéruel: «Il est insupportable de me voir inquiété par une personne
_que_, par toutes sortes de raisons, _je devrais mettre en pièces_ pour
me soulager» (_Bulletin de la Société de l'histoire de France_, loc.
cit.). Mazarin n'était pas si féroce, et notre texte, qui est le seul
admissible, lui rend son vrai caractère.
[482] Il y a _délibérer_ dans l'original. Mazarin a francisé
l'infinitif italien _deliberare_ qui signifie également _délivrer_.
[483] Ms. des aff. étr.: et de cette grande inquiétude.
[484] Ms. des aff. étr.: par _les termes de passion_, etc.
[485] Ms. de la Mazarine: _pourrait_, etc.
[486] Copie Chéruel: «_que_ n'était auparavant.»
[487] Copie Chéruel: «car je _le_ sais à n'en _pouvoir_ pas douter...»
[488] Copie Chéruel: «... que moi, _que j'ai_ songé avec la dernière
application toujours à employer, etc...»
[489] Copie Chéruel: «Et procurer, par toutes sortes de voies, même les
plus pénibles, _pour_ la gloire de vos armes et _pour_ le bien de votre
État, etc...» ce qui n'a pas de sens.
[490] Copie Chéruel: _laisser_ la bride.
[491] Il y a _le mettre en état_ dans l'original et dans la copie des
affaires étrangères.
[492] Copie Chéruel: «n'aurons _pas_ rien à dire...»
[493] Copie Chéruel: «... vous donnant plus en proie à la passion pour
cette personne que vous n'avez jamais fait...»
[494] Copie Chéruel: «... qu'il ne paraisse votre aversion à ce
mariage...»
[495] Copie Chéruel: ... «_par_ tous les moyens imaginables...»
[496] Ms. des aff. étr.: «dès le berceau.»
[497] Ms. des aff. étr.: «vous tînt...»
[498] Copie Chéruel: «est bien loin...»
[499] Copie Chéruel: «... votre épouse et que peut-être, etc...» Ce qui
n'offre aucun sens.
[500] Copie Chéruel: ... «elle lui puisse être _seulement_ comparée,
etc.»
[501] Il avait épousé, en 1652, la fille de Mme de Beauvais, la
_Borgnesse_ (l'_Histoire amoureuse des Gaules_, édit. Jannet, t. II, p.
50, note 3.)
[502] Ms. Chéruel: «_qu'elles ne_ sont pas effacées...»
[503] Ms. des aff. étr.: «à exécuter seulement la moindre chose en ma
vie...»
[504] Pour être malheureux.
[505] Copie Chéruel: «_faisiez_...»
[506] Copie Chéruel: «_avec_ celle...»
[507] Ms. des aff. étr.: «que je dois en vieux serviteur.»
[508] Copie Chéruel: «Je vous _promets_...»
[509] Copie Chéruel: ... «et procuré _des_ avantages et _de la_ gloire,
etc...»
[510] Copie Chéruel: ... «des grandes affaires, _comme vous savez_...»
[511] Copie Chéruel: «aucune _retenue_...»
[512] Copie Chéruel: ... «j'estimerai _le plus propres_, etc.» On
remarquera que, dans la copie des archives du ministère des affaires
étrangères, les secrétaires de Mazarin ont fait disparaître tous les
italianismes et toutes les fautes essentielles qui lui avaient échappé
au premier jet. Le cardinal, lorsqu'il ne jugeait pas indispensable
d'écrire une lettre de sa main, non seulement se prêtait volontiers aux
corrections des lettres écrites sous sa dictée, mais il avait soin de
les provoquer et de les ordonner pour faire oublier le plus possible
son origine italienne.
[513] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[514] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III, p. 287, vo.
[515] M. de Machaut, porteur de la lettre du cardinal à la Reine.
[516] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[517] L'auteur des _Mémoires_.
[518] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres de Mazarin_, t. III.
[519] Mazarin.
[520] La Reine, noms indiqués par Baluze et par Ravenel.
[521] _Lettres du cardinal Mazarin_, t. II, p. 60 et suiv., édit.
d'Amsterdam.
[522] M. Amédée Renée avait retrouvé dans la Bibliothèque du Louvre
cette lettre autographe, qui a été détruite dans l'incendie de cette
bibliothèque.
[523] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[524] La Reine.
[525] Mazarin.
[526] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[527] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[528] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[529] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[530] Il y a dans le manuscrit: «mais à la fin _mal_ s'ajustera», ce
qui n'offre aucun sens et qui est évidemment une erreur du copiste.
[531] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[532] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[533] La Reine.
[534] Mazarin ne négligeait rien, comme on le sait, pour perdre ses
ennemis dans l'esprit de la Reine. A cette époque, Anne d'Autriche
avait accordé toute sa confiance à une personne attachée à son service,
et que le cardinal ne nomme pas dans cette lettre mystérieuse qu'il
écrit à la Reine. Quelle était cette personne? Nous serions bien tenté
de croire qu'elle n'est autre que Mme de Motteville, femme de
chambre de la Reine, et l'auteur des Mémoires.
[535] Cette cassette, contenant des papiers secrets, avait été confiée
à un sieur du Bosc, domestique de la Reine-mère, et mort récemment.
[536] Il y a _les mêmes_, dans le manuscrit, ce qui est une erreur du
copiste.
[537] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[538] C'est-à-dire des nièces de Mazarin.
[539] Lettre inédite. (Bibl. Mazarine.) _Lettres manuscrites de
Mazarin_, t. III.
[540] Le premier écuyer.
[541] Où se trouvait Marie Mancini.
[542] Lettre inédite (Bibl. Mazarine). _Lettres manuscr. de Mazarin_,
t. III.
[543] La personne attachée au service de la Reine, que Mazarin voulait
faire expulser.
[544] Peut-être Mme de Motteville, comme nous l'avons dit plus haut.
[545] Le Roi et la reine-mère. Ce chiffre ne se trouve pas dans la clé
des chiffres de la cour en 1652, dont un grand nombre furent longtemps
conservés.
[546] _Lettres de Mazarin_, édition d'Amsterdam, t. II, p. 301 et
suivantes.
[547] Le comte de Palluau, maréchal de Clérembault.
[548] Marie Mancini.
[549] Armand de La Meilleraye, grand maître de l'artillerie, qui épousa
plus tard Hortense Mancini et qui, par suite de cette alliance, fut
créé, sur la demande du cardinal, duc de Mazarin.
[550] Tous les petits fragments de phrases que nous venons de citer
sont empruntés aux _Mémoires du cardinal de Retz_.
[551] _Ibidem._
[552] _Ibidem._
[553] _Mémoires de Brienne_, publiés par Barrière, t. II.
[554] _Mémoires de Madame de Motteville._
[555] «J'ai contre moi Hautefort, Senecé et toute la maison de la
Reine...» (_Carnets de Mazarin_ fragments publiés par Victor Cousin
dans le _Journal des savants_.)
[556] IVe carnet, p. 62 et suiv. _Les Carnets de Mazarin_, par Victor
Cousin, _Journal des savants_, janvier 1855; et Amédée Renée, _les
Nièces de Mazarin_.
[557] _Mémoires inédits de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne_,
publiés par Barrière, t. II, p. 39 et suivantes.
[558] _Mémoires_ de La Porte, premier valet de chambre de Louis XIV.
[559] Bibliothèque nationale, boîte du Saint-Esprit; Lettres inédites
et autographes d'Anne d'Autriche à Mazarin.
[560] Lettre autographe (Bibliothèque nationale), publiée par M.
Walckenaer, dans ses _Mémoires sur Madame de Sévigné_, t. III, p. 473.
[561] «Quanto a la Bolla per diffetto degli ordini, non è di poca
consideratione quella della privatione della voce attiva nel conclave;
e perciò desiderarei sapere se quando prenderò gl'ordini sacri, resterò
habilitato alla detta voce, senza dovere ottenere altra dispenza.»
[562] «Depuis peu on a demandé à Sa Sainteté, au nom de M. le cardinal
Mazarin, la dispense et un _extra tempora_ pour se mettre aux ordres,
et elle l'a refusé absolument; de quoi l'on s'étonne d'autant plus
que, de ces grâces-là, qui que ce soit en obtient tant que l'on veut,
moyennant quatre écus pour l'expédition du bref, sans même qu'il soit
besoin d'en parler au pape; ce qui a causé curiosité à quelques-uns de
rechercher d'où pouvait venir ce refus; s'étant trouvé qu'il doit être
fondé sur ce que mondit sieur le cardinal n'a point satisfait depuis sa
promotion (au cardinalat) aux conditions portées par la bulle, qui se
donne à tous les cardinaux, qui sont, entre autres, de se mettre _in
sacris_ dans la première année, sur quoi il s'est dit, il y a quelque
temps, qu'il avait été remontré à Sa Sainteté par les personnes qui
n'aiment pas mondit sieur le cardinal, qu'elle pouvait, sans cela,
légitimement le priver du cardinalat. Et, en effet, le bruit courut
lorsqu'il semblait qu'elle le voulait faire pour ne laisser pas cet
exemple-là à d'autres cardinaux de n'observer ponctuellement le contenu
en la bulle de leur promotion.» (Rome, le 7 août 1651.) Dépêche citée
par M. Loiseleur dans son Étude intitulée: _Comment Mazarin devint
prêtre_, publiée dans le _Temps_ du 30 décembre 1874.
[563] «Sa Sainteté a de nouveau refusé la dispense qu'on lui a demandée
pour M. le cardinal Mazarin de se mettre aux ordres, _afin_, dit-on,
_qu'il ne puisse avoir entrée ici au prochain conclave_. Sur quoi,
ayant été demandé au cardinal Barberin, par un de ses confidents, si ce
déni-là l'en pourrait exclure, il dit qu'oui assurément.» (_Ibidem._)
[564] _Éloge funèbre de l'Éminentissime cardinal Jules Mazarin._ A
Rome, de l'imprimerie de la Révérende Chambre apostolique, in-4o.,
1661, par Fr. Léon, religieux carme de l'Observance de Rennes.
[565] «_Italus scilicet et Gallus; strenuus miles et doctor laureatus;
popularis sacros extra ordines, idemque sacra purpura inauguratus._»
Ajoutons que ces oraisons funèbres furent prononcées en présence de
l'abbé Elpidio Benedetti, le fidèle agent de Mazarin, qui organisa dans
Rome tous les services funèbres célébrés en son honneur et qu'il n'eût
pas laissé passer une aussi importante assertion si elle n'eût pas été
vraie.
[566] Voir, dans le _Temps_ du 31 décembre 1874, le second et ingénieux
article de M. Loiseleur, intitulé: _Comment Mazarin devint prêtre_.
[567] _Requête civile pour la conclusion de la paix_, Paris, 1649.
[568] Dans la _République française_ du 11 novembre 1879, article
_Variétés_, sous ce titre: _La minorité de Louis XIV_. L'article est
signé: H.
[569] «La reine-mère, veuve de Louis XIII, dit la Palatine dans sa
_Correspondance_, a fait encore pis que d'aimer le cardinal Mazarin:
elle l'a épousé.»
[570] Le _Temps_, du 31 décembre 1874, _Variétés, Problèmes
historiques_. Comment Mazarin devint prêtre.
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│ Note de transcription: │
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│ Les mots en italiques sont _soulignés_. │
│ │
│ Corrections: │
│ p. 10: fut ⟶ fit. «Mme de Nogent les fit recevoir.» │
│ p. 89: vos lettres Mme de Venel ⟶ «vos lettres à Mme de │
│ Venel.... » │
│ p. 330: appendre ⟶ apprendre. «et qui va nous apprendre.... » │
│ │
│ Variantes non corrigées: │
│ Bourdeaux et Bordeaux. │
│ Colonne et Colonna. │
│ │
│ Autre note: │
│ p. 367: «avec Le Jar[1]. » La note explicative de bas de page │
│ manque. │
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