... Il ne se peut rien ajouter à la satisfaction que j'ai de la
conduite de ma nièce et de voir sa fermeté dans la généreuse
résolution qu'elle a prise, en faisant connaître par là qu'elle a du
cœur et les parties qui sont nécessaires pour obliger un chacun à avoir
beaucoup d'estime pour elle. Vous savez que je ne la flatte pas, et que
j'ai dit avec liberté tout ce qui m'est tombé dans l'esprit quand je
n'étais pas satisfait de sa manière d'agir: mais, à présent, je le suis
au dernier point d'avoir une nièce qui ait des qualités si relevées,
et je veux qu'elle sache qu'il n'y a rien au monde que je ne fasse
pour lui donner des marques de mon amitié, et qu'elle serait ravie de
joie, si elle pouvait s'imaginer la réputation qu'elle acquerra, et les
éloges qu'elle s'attirera, quand chacun saura le détail de ce qui s'est
passé, et avec quelle fermeté et générosité elle s'est conduite.
Je suis ravi de ce que vous me mandez qu'elle se divertit, et je vous
prie de contribuer à cela de tout ce qui pourra dépendre de vous sans
rien épargner, et, pour cet effet, je mande au sieur du Teron de donner
tout l'argent que vous direz, mon intention étant qu'elle ne manque
d'aucune chose qui pourra regarder son divertissement.
Je vous prie d'ordonner que l'on fasse une bonne table, et qu'on
la renforce, étant à propos que les demoiselles de Marennes, avec
lesquelles mes nièces se divertissent, étant toujours avec elles,
puissent faire bonne chère.
J'écris la lettre ci-jointe à ma nièce, et j'écris encore aux autres,
et, vous priant de continuer à me donner de leurs nouvelles, je demeure
le meilleur de vos amis et le plus assuré de vos serviteurs[522].