--Mais, après la noce, ton frère et ta belle-soeur vont-ils toujours
rester dans cette prison chez le père et la mère de la _sposa_?
--Oh! non, répondit l'enfant; ils vont revenir à la maison, et notre
père, qui commence à se fatiguer de la charrue, va remettre à mon
frère, à présent marié, le bétail et la culture; il se réserve
seulement les vers à soie, parce que ces petites bêtes donnent plus de
revenu et moins de peine. Elles filent d'elles-mêmes, pourvu que les
jeunes filles et les vieilles femmes leur apportent, quatre fois par
jour, les feuilles de mûrier dans leur tablier, et qu'on leur change
souvent la nappe verte sur la table, comme à des ouvriers délicats qui
préfèrent la propreté à la nourriture.
--Et qui est-ce qui remplacera ton frère, le porte-clefs de la prison,
auprès des prisonniers, chez le _bargello_?
--Ah! dame, je n'en sais rien, dit l'enfant. Je voudrais bien que ce
fût moi, car on dit que c'est une bien belle place, qu'on y gagne bien
des petits bénéfices honnêtement, et qu'on est à même d'y rendre bien
des services aux femmes, aux mères, aux filles de ces pauvres
prisonniers.