Les maisons sont tristes comme des bêtes.
A leurs vitres glacées le jour indistinct indistinctement se réverbère;
en les buées leurs vitres obscures s'emboivent.
Les maisons sont tristes comme des bêtes.
_Deuil et modes_, _Liquidateur judiciaire_, _Docteur-médecin_...
Implacable Destinée! Les enseignes, les implacables enseignes marquent
leur flanc suranné, tels des stigmates de lys sur l'épaule des
prostituées. _Deuil et modes_, _Liquidateur judiciaire_,
_Docteur-médecin_...
Les maisons sont tristes comme des bêtes.
Leurs portes s'entrebâillent; aux tintamarres des timbres par les
couloirs leurs portes s'entrebâillent; au labeur superflu, à la débauche
superflue, à la superflue et irrémédiable Vie, leurs portes
s'entrebâillent.
Les maisons sont tristes comme des bêtes.
Et elles regardent résignées dans la rue pleine de boue et sur la place
morne où le vent siffle; elles regardent vers le square au bassin plein
de feuilles mortes, vers le lamentable square plein de feuilles mortes,
elles regardent résignées.
Les maisons sont tristes comme des bêtes.