J’arrête ici cette énumération qui finirait par m’entraîner hors du
cadre de cet ouvrage. J’en ai dit assez, je l’espère, pour montrer le
rôle que pourra jouer l’expérience dans la formation d’une psychologie
nouvelle, destinée à remplacer celle dont nous vivons encore et qui a si
peu éclairé les problèmes fondamentaux de la genèse et de l’évolution
des croyances.
CHAPITRE V
COMMENT L’ESPRIT SE FIXE DANS LE CYCLE DE LA CROYANCE.
LA CRÉDULITÉ A-T-ELLE DES LIMITES?
§ 1.--La connaissance et la croyance chez les savants.
Afin de confirmer encore les démonstrations contenues dans cet ouvrage,
je vais examiner brièvement comment, grâce aux impulsions des formes de
logiques précédemment décrites, un esprit scientifique peut quitter le
cycle de la connaissance et se fixer dans celui de la croyance.
Pour comprendre que des savants de premier ordre, habitués à une
expérimentation scientifique rigoureuse finissent par admettre certains
phénomènes miraculeux, tels que les matérialisations, il ne faut jamais
oublier que la logique rationnelle et la logique mystique subsistent
souvent dans le même esprit, si positif qu’il puisse être. Les sphères
du rationnel, du mystique et de l’affectif, sont, je le répète,
indépendantes et, suivant notre passage de l’une à l’autre, les sources
de conviction deviennent différentes.
Dans la sphère du rationnel, l’incrédulité est la règle et l’expérience
ou l’observation les seuls guides. Sur le terrain de la croyance,
gouverné par la logique mystique, les convictions se forment tout
autrement et la crédulité est infinie.
Mais comment un savant sceptique est-il amené à quitter le cycle du
rationnel pour pénétrer dans celui de la croyance?
En fait, c’est involontairement qu’il y pénètre, et même alors ne
renonce pas à ses habitudes expérimentales. Mais comme sa conviction se
forme inconsciemment avant qu’il s’en aperçoive, ses expériences sont
conduites de façon à corroborer ses nouvelles convictions, et guidées
alors, non par sa volonté, mais uniquement par sa croyance. Or, nous
savons qu’un phénomène examiné à travers une croyance est entièrement
transformé par elle. Les récits miraculeux, remplissant l’histoire de
toutes les religions, en fournissent d’indubitables preuves.
§ 2.--Mécanisme mental de la conversion du savant.
Supposons, pour fixer les idées, un savant très sceptique prenant la
résolution d’étudier expérimentalement les phénomènes que prétendent
produire les occultistes.
Il devra d’abord se faire introduire dans un cercle d’adeptes, les
phénomènes se produisant seulement parmi eux.
On le conduit donc au milieu d’une réunion de convaincus, dans
l’obscurité profonde. Après attente prolongée, il entend des bruits, des
déplacements de meubles, ses voisins affirment voir des lueurs, des
formes incertaines dues à la dématérialisation partielle du médium, etc.
Le scepticisme de l’observateur que je suppose étant robuste, il se
retire sans que ses convictions négatives soient ébranlées.
Quelques points, cependant, l’ont frappé. Il lui semble bien avoir
entendu des bruits singuliers; des voisins, certainement honnêtes, ont
vu des lueurs et des apparitions, des tables paraissent avoir été
déplacées à distance du médium. Tout cela n’est pas clair. Désireux de
trouver la cause, sûrement naturelle, des phénomènes observés, il
revient.
Il revient, et, sans le soupçonner, se trouve soumis aux actions de
l’attention expectante, des suggestions collectives et de la contagion
mentale. Des doutes commencent à naître dans son esprit. Puisque de
grands savants ont admis ces phénomènes, il doit bien y avoir quelque
chose derrière eux. Très peu de chose assurément, mais méritant
néanmoins d’être élucidé.
Et il revient encore. Il revient plusieurs fois. Les actions mentales
que j’ai dites agissent de nouveau. L’inconscient du sceptique est
suggestionné de plus en plus et son esprit critique s’évanouit. Entré
dans le cycle de la croyance, il va s’y fixer.
Sa logique rationnelle, déjà vaincue, mais qui ne se l’avoue pas, lutte,
cependant encore. Pour fixer ses derniers doutes, il organise des
expériences. Familiarisé avec les appareils enregistreurs, les
instruments de physique délicats, il entreprend des recherches savantes
et tend aux fantômes des pièges variés.
Les fantômes étant capricieux, les expériences réussissent rarement ou
incomplètement, mais la conviction inconsciente de l’observateur se
trouve déjà formée. Les moindres apparences, de réussite suffisent, les
fraudes les plus grossières lui échappent. Il continue donc à
expérimenter jusqu’au moment où, se croyant rationnellement convaincu
par l’expérience, il affichera hautement sa conviction, s’indignera
contre les incrédules et deviendra un adepte de la nouvelle foi. Sa
crédulité sera désormais sans bornes. Rien ne l’ébranlera plus. L’ancien
sceptique est définitivement fixé dans le cycle de la croyance.
C’est par ces phases diverses, débutant par une incrédulité totale pour
aboutir à une crédulité complète que sont passés bien des savants
modernes tels que le célèbre Lombroso. Très sceptique au commencement de
ses recherches, il échoua dans une foi naïve dont son dernier livre
fournit d’attristants témoignages.
Nous avons saisi sur des faits bien concrets le mécanisme de la
conversion et montré comment la science la plus avancée ne pouvait
soustraire l’homme aux illusions de la croyance. S’il s’était agi
d’appliquer nos raisonnements aux conversions religieuses qui
remplissent l’histoire, les explications eussent été beaucoup plus
faciles. Nous nous fussions trouvés en présence d’âmes simples,
totalement dépourvues d’esprit critique, peu capables de raisonner et
tout à fait inaptes à l’observation et à l’expérience. Sur de tels
esprits, les facteurs des convictions, notamment le prestige et la
contagion, agissent sans qu’aucune action inhibitrice puisse leur être
opposée. Convertir des savants éminents aux miracles de la sorcellerie
moderne semblait plus difficile que de soumettre des bergers arabes à la
foi de Mahomet.
Plus difficile, mais pas beaucoup, peut-être. Le berger et le savant
diffèrent immensément, certes, au point de vue intellectuel, mais par
leurs éléments affectifs et mystiques, ils sont souvent assez voisins.
Les croyances religieuses, politiques et sociales d’un savant réputé ne
sont pas, quelquefois, bien supérieures à celles du plus humble berger.
§ 3.--Les limites de la crédulité.
De ce chapitre et des précédents ressort nettement cette notion, que
dans le cycle de la croyance la crédulité est sans limite et l’esprit
cultivé aussi réceptif que celui du parfait ignorant. Le savant qui met
en doute la valeur d’une décimale, n’ayant pas été plusieurs fois
contrôlée, admettra sans difficulté qu’un guerrier casqué puisse sortir
du corps d’un médium et se promener dans une salle en faisant tâter son
pouls par les assistants, afin de prouver qu’il est plus qu’un vain
fantôme, qu’une impalpable vapeur.
Sur la pente de la crédulité, on ne s’arrête pas. Un numéro d’une grande
revue spirite dirigée par un célèbre professeur de la Faculté de
Médecine de Paris, offrait récemment à ses lecteurs: 1º l’histoire du
double d’un médium remontant les pendules à distance; 2º des dessins
d’esprits désincarnés; 3º une dissertation sur des fées qui habiteraient
encore les forêts; 4º l’histoire de quatre fantômes chantant à tue-tête
la _Marseillaise_ au clair de la lune, etc.
En matière de crédulité, le savant ne se montre donc pas, je le répète,
supérieur à l’ignorant. Cette constatation, mise en évidence par l’étude
des phénomènes spirites, est très importante. La crédulité sans bornes
constitue un état mental dont nous pouvons tous être atteints, et dont
nous le sommes vite dès que, sortant du cycle de la connaissance, nous
pénétrons dans celui de la croyance.
Certes, la science sait peu de choses et n’élucide qu’un petit nombre
des mystères qui nous entourent. Elle est sûre au moins que les
phénomènes sont conditionnés par des lois fixes ignorant le caprice.
Elle ne s’avance pas beaucoup en affirmant qu’aucun sorcier n’a été au
sabbat, à travers les airs sur un manche à balai, et qu’aucun occultiste
ancien ou moderne n’a vu fabriquer instantanément un être vivant.
L’humanité n’est sortie de la barbarie mentale primitive qu’en s’évadant
du chaos de ses vieilles légendes et en ne redoutant plus la puissance
des thaumaturges, des oracles et des sorciers. Les occultistes de tous
les siècles n’ont découvert aucune vérité inconnue, alors que les
méthodes scientifiques firent surgir du néant un monde de merveilles.
Abandonnons aux imaginations maladives ce peuple de larves, d’esprits,
de fantômes, fils de la nuit et qu’une lumière suffisante dissipera
toujours.
* * * * *
Ces conclusions ne sont pas contestables. Elles laissent de côté
cependant une face importante du problème. Puisque les hommes de tous
les âges, du plus savant au plus ignorant, ont versé dans les mêmes
croyances, il faut bien admettre qu’elles correspondent, comme j’ai
essayé de le montrer, à des besoins indestructibles de l’esprit et sont
par suite nécessaires.
La science se défend d’aborder ce qu’elle appelle l’inconnaissable et
c’est justement dans cet inconnaissable que l’âme humaine place son
idéal et ces espérances. Avec une patience que des insuccès séculaires
n’ont pu lasser, elle se heurte sans cesse au monde toujours inviolé du
mystère afin d’y découvrir l’origine des choses et le secret de sa
destinée. N’ayant pu y pénétrer, elle a fini par le peupler de ses
rêves.
Ne proclamons pas trop la vanité de tant d’efforts, les croyances qui en
sont issues consolèrent bien des générations d’hommes et illuminèrent
leur vie.
La science, jadis un peu intolérante, respecte de plus en plus
aujourd’hui les conceptions étrangères à son empire. Science et
croyance, raison et sentiment appartiennent à des domaines impuissants à
se pénétrer, puisqu’on n’y parle pas la même langue.
J’ignore si le savant qui traitera le même sujet dans un millier
d’années se heurtera aux mêmes problèmes qu’aujourd’hui et pourra dire
quelque chose de précis sur la raison première des phénomènes. Il
montrera sans doute des dieux nouveaux et des croyances nouvelles
dominant la pensée humaine qui ne peut s’en passer. Les croyances
chimériques resteront toujours génératrices des longs espoirs. Elles
enfantèrent les dieux à travers les âges et de nos jours l’occultisme,
dernier rameau de la foi religieuse qui ne meurt jamais.
CONCLUSIONS
Un des problèmes fondamentaux indiqués au début de cet ouvrage était de
rechercher, comment des croyances, qu’aucun argument rationnel ne
saurait défendre, furent admises sans difficultés par les esprits les
plus éclairés de tous les âges.
Tant que la psychologie considéra la croyance comme volontaire et
rationnelle, l’étude d’un tel problème ne pouvait être abordée.
Dissocier les éléments générateurs de la croyance, prouver qu’elle est
inconsciente et formée sous l’influence d’éléments mystiques et
affectifs, indépendants de la raison et de la volonté, c’était donner
dans ses grandes lignes la solution cherchée.
Mais cette explication restait incomplète. Si la raison ne crée pas la
croyance, elle peut au moins la discuter et en découvrir les côtés
erronés. Pourquoi, cependant, malgré les démonstrations les plus
claires, une croyance réussit-elle à s’imposer?
Nous l’avons expliqué en prouvant le rôle fondamental exercé sur
l’inconscient par certains facteurs: prestige, affirmation, répétition,
suggestion et contagion. Indépendants de la raison, ils agissent
facilement contre elle et l’empêchent de reconnaître l’évidence même.
Le pouvoir de ces influences dans la genèse des croyances a été prouvé
par les effets de leur action sur les hommes les plus cultivés. Nous
avons vu des physiciens exercés, étudier expérimentalement des
radiations créées seulement par suggestion dans leur esprit et de
savants académiciens voter un prix considérable pour une découverte
évanouie brusquement le jour où les observateurs, arrachés à la
suggestion, cessèrent aussitôt d’apercevoir le fantôme engendré par
cette suggestion. D’autres exemples ont montré combien étaient nombreux
les faits de même ordre.
La seule différence réelle entre une croyance scientifique, imposée par
les facteurs décrits, et les croyances religieuses, politiques ou
spirites imposées par le même mécanisme, est qu’en matière scientifique
l’erreur s’élimine assez vite par substitution de la connaissance à la
croyance. Pour les certitudes basées sur des éléments affectifs ou
mystiques, et où aucune vérification immédiate n’est possible,
l’observation, la raison, l’expérience même, restent au contraire à peu
près sans action.
Nous avons pu justifier, par l’exemple de certaines croyances spirites,
qu’en matière de foi la crédulité--aussi bien du savant que de
l’ignorant--ne connaissait pas de limites. Cette constatation rend
tolérant pour toutes les superstitions enregistrées par l’histoire.
En démontrant au moyen de faits précis comment des esprits éminents se
convertissent à des croyances, d’un niveau rationnel égalant celui des
plus fabuleuses fictions mythologiques, j’ai réussi, je l’espère, à
mettre en évidence un mécanisme mental que les recherches de la
psychologie avaient laissé inexpliqué jusqu’ici.
Nous sommes arrivés ainsi à cette loi philosophique importante: loin de
présenter une origine intellectuelle commune, nos conceptions ont des
sources mentales fort distinctes, et sont régies par des formes de
logiques très différentes. De la prédominance de chacune d’elles et de
leurs conflits naquirent les grands événements de l’histoire.
En attendant que la science révèle les vérités immuables, cachées
peut-être sous les apparences des choses, il faut nous contenter des
certitudes accessibles à notre esprit.
Dans l’état actuel de nos connaissances, trois ordres de vérités nous
guident: les vérités affectives; les vérités mystiques, les vérités
rationnelles. Issues de logiques différentes, elles n’ont pas de commune
mesure.
FIN
TABLE DES MATIÈRES
LIVRE I Pages
LES PROBLÈMES DE LA CROYANCE ET DE LA CONNAISSANCE
Chapitre I.--Les cycles de la croyance et de la connaissance. 1
§ 1. Les difficultés du problème de la croyance, p. 1.--§ 2. En
quoi la croyance diffère de la connaissance, p. 5.--§ 3.
Rôles respectifs de la croyance et de la connaissance, p. 7.
Chapitre II.--Les méthodes d’étude de la psychologie 11
Méthode d’introspection, p. 11.--Méthode psychologique,
p. 11.--Méthode des localisations cérébrales, p. 12.--Méthode
des tests et des questionnaires, p. 12.--Méthode basée sur
l’étude des altérations d’origine pathologique de
l’intelligence, p. 12.--Méthode basée sur la psychologie
comparée, p. 13.--Insuffisance des méthodes classiques.
Méthodes adoptées dans cet ouvrage pour l’étude des opinions
et des croyances, p. 14.
LIVRE II
LE TERRAIN PSYCHOLOGIQUE DES OPINIONS ET DES CROYANCES
Chapitre I.--Les grands ressorts de l’activité des êtres. Le
plaisir et la douleur 18
§ 1. Rôles du plaisir et de la douleur, p. 18.--§ 2. Caractères
discontinus du plaisir et de la douleur, p. 19.--§ 3. Le désir
comme conséquence du plaisir et de la douleur, p. 21.--§ 4. Le
plaisir en perspective. L’espérance, p. 23.--§ 5. Le régulateur
du plaisir et de la douleur. L’habitude, p. 23.--§ 6. Le
plaisir et la douleur considérés comme les certitudes
psychologiques fondamentales, p. 25.
Chapitre II.--Les variations de la sensibilité comme éléments de
la vie individuelle et sociale 27
§ 1. Limites des variations de la sensibilité au plaisir et à
la douleur, p. 27.--§ 2. Les oscillations de la sensibilité
individuelle et leur rôle dans la vie collective, p. 30.--§ 3.
Les variations d’idéal et de croyances créées par les
oscillations de la sensibilité collective, p. 33.
Chapitre III.--Les sphères des activités vitales et
psychologiques. La vie consciente et la vie inconsciente 35
§ 1. Les sphères des activités vitales et psychologiques,
p. 35.--§ 2. La psychologie inconsciente et les sources de
l’intuition, p. 36.--§ 3. Les formes de l’inconscient.
L’inconscient intellectuel et l’inconscient affectif, p. 39.
Chapitre IV.--Le moi affectif et le moi intellectuel 42
§ 1. Le moi affectif et le moi intellectuel, p. 42.--§ 2. Les
diverses manifestations de la vie affective. Émotions,
sentiments, passions, p. 48.--§ 3. La mémoire affective, p.
51.--§ 4. Les associations affectives et intellectuelles, p. 52.
Chapitre V.--Les éléments de la personnalité. Combinaisons de
sentiments formant le caractère 55
§ 1. Les éléments du caractère, p. 55.--§ 2. Les caractères
collectifs des peuples, p. 57.--§ 3. Évolution des éléments du
caractère, p. 58.
Chapitre VI.--La désagrégation du caractère et les oscillations
de la personnalité 61
§ 1. Équilibres des éléments constitutifs du caractère, p.
61.--§ 2. Oscillations de la personnalité, p. 63.--§ 3.
Éléments fixateurs de la personnalité, p. 65.--§ 4. Difficulté
de prévoir la conduite résultant d’un caractère déterminé, p. 66.
LIVRE III
LES FORMES DIVERSES DE LOGIQUES RÉGISSANT LES OPINIONS ET
LES CROYANCES
Chapitre I.--Classification des diverses formes de logiques 70
§ 1. Existe-t-il diverses formes de logiques? p. 70.--§ 2. Les
cinq formes de logiques, p. 71.--§ 3. Coexistence des diverses
formes de logiques, p. 73.
Chapitre II.--La logique biologique 76
§ 1. Rôle de la logique biologique, p. 76.--§ 2. La logique
biologique et les instincts, p. 80.
Chapitre III.--La logique affective et la logique collective 86
§ 1. La logique affective, p. 86.--§ 2. Comparaison de la
logique affective et de la logique rationnelle, p. 87.--§ 3. La
logique collective, p. 91.
Chapitre IV.--La logique mystique 92
§ 1. Les caractéristiques de la logique mystique, p. 92.--§ 2.
Le mysticisme comme base des croyances, p. 95.
Chapitre V.--La logique intellectuelle 98
§ 1. Les éléments fondamentaux de la logique intellectuelle,
p. 98.--§ 2. Rôle de la logique intellectuelle, p. 101.--§ 3.
Tardive apparition de la logique intellectuelle. Elle n’est pas
l’œuvre de la nature, mais a été créée contre la nature, p. 104.
LIVRE IV
LES CONFLITS DES DIVERSES FORMES DE LOGIQUES
Chapitre I.--Le conflit des éléments affectifs, mystiques et
intellectuels 106
§ 1. Les conflits des diverses logiques dans la vie
journalière, p. 106.--§ 2. Conflit des éléments affectifs et
intellectuels. Action des idées sur les sentiments, p.
108.--§ 3. Lutte des sentiments contre les sentiments. Les
actions inhibitrices, p. 112.
Chapitre II.--Le conflit des diverses formes de logiques dans
la vie des peuples 114
§ 1. Conséquences de la destruction des actions inhibitrices
des sentiments dans la vie sociale, p. 114.--§ 2. Les
éléments mystiques et affectifs dans la vie des peuples, p.
117.--§ 3. Les équilibres et les ruptures des diverses formes
de logiques dans la vie des peuples, p. 119.
Chapitre III.--La balance des motifs 123
§ 1. La balance mentale. L’action, p. 123.--§ 2. Rôle de la
volonté dans la balance des motifs, p. 124.--§ 3. Comment la
logique rationnelle peut agir sur la balance des motifs, p. 126.
LIVRE V
LES OPINIONS ET LES CROYANCES INDIVIDUELLES
Chapitre I.--Les facteurs internes des opinions et des croyances 129
§ 1. Influence des divers facteurs des opinions et des
croyances, p. 129.--§ 2. Le caractère, p. 131.--§ 3. L’idéal,
p. 132.--§ 4. Les besoins, p. 134.--§ 5. L’intérêt, p. 135.--§
6. Les passions, p. 137.
Chapitre II.--Les facteurs externes des opinions et des
croyances 139
§ 1. La suggestion, p. 139.--§ 2. Les premières impressions,
p. 142.--§ 3. Le besoin d’explications, p. 144.--§ 4. Les mots,
les formules et les images, p. 145.--§ 5. Les illusions, p.
147.--§ 6. La nécessité, p. 148.
Chapitre III.--Pourquoi les opinions diffèrent et pourquoi la
raison ne réussit pas à les rectifier 150
§ 1. Différences de mentalités créant des différences
d’opinions, p. 150.--§ 2. Les éléments de rectification des
opinions, p. 152.--§ 3. Rôle de la raison dans la formation
des opinions et des décisions importantes, p. 153.--§ 4. Rôle
de la raison dans la formation des opinions journalières,
p. 157.
Chapitre IV.--La rectification des opinions par l’expérience 160
§ 1. L’expérience dans la vie des peuples, p. 160.--§ 2.
Difficulté de saisir les facteurs générateurs de l’expérience,
p. 162.
LIVRE VI
LES OPINIONS ET LES CROYANCES COLLECTIVES
Chapitre I.--Les opinions formées sous des influences
collectives 168
§ 1. Influence de la race et des croyances, p. 168.--§ 2.
Influence du milieu social et des groupes sociaux, p. 171.--§
3. Influence de la coutume, p. 173.
Chapitre II.--Les progrès de l’influence des opinions
collectives et leurs conséquences 175
§ 1. Les caractéristiques des opinions populaires, p. 175.--§
2. Comment, sous la mobilité des opinions populaires, persiste
une certaine fixité, p. 176.--§ 3. La puissance de l’opinion
populaire avant l’âge moderne, p. 178.--§ 4. Les progrès
actuels des influences collectives dans la genèse des opinions
et leurs conséquences, p. 179.--§ 5. Influence de diverses
collectivités dans la stabilisation de certains éléments
sociaux, p. 184.
Chapitre III.--La dissolution de l’âme individuelle dans l’âme
collective 186
§ 1. La désagrégation actuelle des grandes collectivités en
petits groupements, p. 186.--§ 2. Comment l’âme individuelle
est sortie de l’âme collective et comment elle y retourne,
p. 189.
LIVRE VII
PROPAGATION DES OPINIONS ET DES CROYANCES
Chapitre I.--L’affirmation, la répétition, l’exemple et le
prestige 194
§ 1. L’affirmation et la répétition, p. 194.--§ 2. L’exemple,
p. 197.--§ 3. Le prestige, p. 198.
Chapitre II.--La contagion mentale 203
§ 1. Les formes de la contagion mentale, p. 203.--§ 2.
Exemples divers de contagion mentale, p. 204.--§ 3. Puissance
de la contagion mentale, p. 207.--§ 4. Influence de la
contagion dans la propagation des croyances religieuses et
politiques, p. 208.
Chapitre III.--La mode 211
§ 1. Influence de la mode dans tous les éléments de la vie
sociale, p. 211.--§ 2. Les règles de la mode. Comment elle est
mélangée d’éléments affectifs et d’éléments rationnels, p. 214.
Chapitre IV.--Les journaux et les livres 218
§ 1. Influence des livres et des journaux, p. 218.--§ 2. La
persuasion par la publicité, p. 220.
Chapitre V.--Les courants et les explosions d’opinions 225
§ 1. Les courants d’opinions et leur création, p. 225.--§ 2.
Les explosions d’opinions, p. 228.
LIVRE VIII
LA VIE DES CROYANCES
Chapitre I.--Caractères fondamentaux d’une croyance 233
§ 1. Les croyances comme besoin irréductible de la vie
mentale, p. 233.--§ 2. L’intolérance des croyances, p. 235.--§
3. L’indépendance des opinions. Rôle social de l’intolérance,
p. 236.--§ 4. Le paroxysme de la croyance. Les martyrs, p. 238.
Chapitre II.--Les certitudes dérivées des croyances. Nature des
preuves dont se contentent les croyants 242
§ 1. Les certitudes dérivées des croyances, p. 242.--§ 2.
Nature des preuves dont se contente l’esprit confiné dans le
champ de la croyance, p. 244.--§ 3. Le point irréductible du
conflit de la science et de la croyance, p. 247.
Chapitre III.--Rôle attribué à la raison et à la volonté dans
la genèse d’une croyance 249
§ 1. Indépendance de la raison et de la croyance, p. 249.--§
2. Impuissance de la raison sur la croyance, p. 251.
Chapitre IV.--Comment se maintiennent et se transforment les
croyances 255
§ 1. Comment se maintiennent les croyances, p. 255.--§ 2.
Comment évoluent les croyances, p. 256.
Chapitre V.--Comment meurent les croyances 263
§ 1. La phase critique des croyances et leur dissolution, p.
263.--§ 2. Transformation des croyances religieuses en
croyances politiques, p. 265.
LIVRE IX
RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA FORMATION DES CROYANCES