* * * * *

J’arrête ici cette énumération qui finirait par m’entraîner hors du

cadre de cet ouvrage. J’en ai dit assez, je l’espère, pour montrer le

rôle que pourra jouer l’expérience dans la formation d’une psychologie

nouvelle, destinée à remplacer celle dont nous vivons encore et qui a si

peu éclairé les problèmes fondamentaux de la genèse et de l’évolution

des croyances.

CHAPITRE V

COMMENT L’ESPRIT SE FIXE DANS LE CYCLE DE LA CROYANCE.

LA CRÉDULITÉ A-T-ELLE DES LIMITES?

§ 1.--La connaissance et la croyance chez les savants.

Afin de confirmer encore les démonstrations contenues dans cet ouvrage,

je vais examiner brièvement comment, grâce aux impulsions des formes de

logiques précédemment décrites, un esprit scientifique peut quitter le

cycle de la connaissance et se fixer dans celui de la croyance.

Pour comprendre que des savants de premier ordre, habitués à une

expérimentation scientifique rigoureuse finissent par admettre certains

phénomènes miraculeux, tels que les matérialisations, il ne faut jamais

oublier que la logique rationnelle et la logique mystique subsistent

souvent dans le même esprit, si positif qu’il puisse être. Les sphères

du rationnel, du mystique et de l’affectif, sont, je le répète,

indépendantes et, suivant notre passage de l’une à l’autre, les sources

de conviction deviennent différentes.

Dans la sphère du rationnel, l’incrédulité est la règle et l’expérience

ou l’observation les seuls guides. Sur le terrain de la croyance,

gouverné par la logique mystique, les convictions se forment tout

autrement et la crédulité est infinie.

Mais comment un savant sceptique est-il amené à quitter le cycle du

rationnel pour pénétrer dans celui de la croyance?

En fait, c’est involontairement qu’il y pénètre, et même alors ne

renonce pas à ses habitudes expérimentales. Mais comme sa conviction se

forme inconsciemment avant qu’il s’en aperçoive, ses expériences sont

conduites de façon à corroborer ses nouvelles convictions, et guidées

alors, non par sa volonté, mais uniquement par sa croyance. Or, nous

savons qu’un phénomène examiné à travers une croyance est entièrement

transformé par elle. Les récits miraculeux, remplissant l’histoire de

toutes les religions, en fournissent d’indubitables preuves.

§ 2.--Mécanisme mental de la conversion du savant.

Supposons, pour fixer les idées, un savant très sceptique prenant la

résolution d’étudier expérimentalement les phénomènes que prétendent

produire les occultistes.

Il devra d’abord se faire introduire dans un cercle d’adeptes, les

phénomènes se produisant seulement parmi eux.

On le conduit donc au milieu d’une réunion de convaincus, dans

l’obscurité profonde. Après attente prolongée, il entend des bruits, des

déplacements de meubles, ses voisins affirment voir des lueurs, des

formes incertaines dues à la dématérialisation partielle du médium, etc.

Le scepticisme de l’observateur que je suppose étant robuste, il se

retire sans que ses convictions négatives soient ébranlées.

Quelques points, cependant, l’ont frappé. Il lui semble bien avoir

entendu des bruits singuliers; des voisins, certainement honnêtes, ont

vu des lueurs et des apparitions, des tables paraissent avoir été

déplacées à distance du médium. Tout cela n’est pas clair. Désireux de

trouver la cause, sûrement naturelle, des phénomènes observés, il

revient.

Il revient, et, sans le soupçonner, se trouve soumis aux actions de

l’attention expectante, des suggestions collectives et de la contagion

mentale. Des doutes commencent à naître dans son esprit. Puisque de

grands savants ont admis ces phénomènes, il doit bien y avoir quelque

chose derrière eux. Très peu de chose assurément, mais méritant

néanmoins d’être élucidé.

Et il revient encore. Il revient plusieurs fois. Les actions mentales

que j’ai dites agissent de nouveau. L’inconscient du sceptique est

suggestionné de plus en plus et son esprit critique s’évanouit. Entré

dans le cycle de la croyance, il va s’y fixer.

Sa logique rationnelle, déjà vaincue, mais qui ne se l’avoue pas, lutte,

cependant encore. Pour fixer ses derniers doutes, il organise des

expériences. Familiarisé avec les appareils enregistreurs, les

instruments de physique délicats, il entreprend des recherches savantes

et tend aux fantômes des pièges variés.

Les fantômes étant capricieux, les expériences réussissent rarement ou

incomplètement, mais la conviction inconsciente de l’observateur se

trouve déjà formée. Les moindres apparences, de réussite suffisent, les

fraudes les plus grossières lui échappent. Il continue donc à

expérimenter jusqu’au moment où, se croyant rationnellement convaincu

par l’expérience, il affichera hautement sa conviction, s’indignera

contre les incrédules et deviendra un adepte de la nouvelle foi. Sa

crédulité sera désormais sans bornes. Rien ne l’ébranlera plus. L’ancien

sceptique est définitivement fixé dans le cycle de la croyance.

C’est par ces phases diverses, débutant par une incrédulité totale pour

aboutir à une crédulité complète que sont passés bien des savants

modernes tels que le célèbre Lombroso. Très sceptique au commencement de

ses recherches, il échoua dans une foi naïve dont son dernier livre

fournit d’attristants témoignages.

Nous avons saisi sur des faits bien concrets le mécanisme de la

conversion et montré comment la science la plus avancée ne pouvait

soustraire l’homme aux illusions de la croyance. S’il s’était agi

d’appliquer nos raisonnements aux conversions religieuses qui

remplissent l’histoire, les explications eussent été beaucoup plus

faciles. Nous nous fussions trouvés en présence d’âmes simples,

totalement dépourvues d’esprit critique, peu capables de raisonner et

tout à fait inaptes à l’observation et à l’expérience. Sur de tels

esprits, les facteurs des convictions, notamment le prestige et la

contagion, agissent sans qu’aucune action inhibitrice puisse leur être

opposée. Convertir des savants éminents aux miracles de la sorcellerie

moderne semblait plus difficile que de soumettre des bergers arabes à la

foi de Mahomet.

Plus difficile, mais pas beaucoup, peut-être. Le berger et le savant

diffèrent immensément, certes, au point de vue intellectuel, mais par

leurs éléments affectifs et mystiques, ils sont souvent assez voisins.

Les croyances religieuses, politiques et sociales d’un savant réputé ne

sont pas, quelquefois, bien supérieures à celles du plus humble berger.

§ 3.--Les limites de la crédulité.

De ce chapitre et des précédents ressort nettement cette notion, que

dans le cycle de la croyance la crédulité est sans limite et l’esprit

cultivé aussi réceptif que celui du parfait ignorant. Le savant qui met

en doute la valeur d’une décimale, n’ayant pas été plusieurs fois

contrôlée, admettra sans difficulté qu’un guerrier casqué puisse sortir

du corps d’un médium et se promener dans une salle en faisant tâter son

pouls par les assistants, afin de prouver qu’il est plus qu’un vain

fantôme, qu’une impalpable vapeur.

Sur la pente de la crédulité, on ne s’arrête pas. Un numéro d’une grande

revue spirite dirigée par un célèbre professeur de la Faculté de

Médecine de Paris, offrait récemment à ses lecteurs: 1º l’histoire du

double d’un médium remontant les pendules à distance; 2º des dessins

d’esprits désincarnés; 3º une dissertation sur des fées qui habiteraient

encore les forêts; 4º l’histoire de quatre fantômes chantant à tue-tête

la _Marseillaise_ au clair de la lune, etc.

En matière de crédulité, le savant ne se montre donc pas, je le répète,

supérieur à l’ignorant. Cette constatation, mise en évidence par l’étude

des phénomènes spirites, est très importante. La crédulité sans bornes

constitue un état mental dont nous pouvons tous être atteints, et dont

nous le sommes vite dès que, sortant du cycle de la connaissance, nous

pénétrons dans celui de la croyance.

Certes, la science sait peu de choses et n’élucide qu’un petit nombre

des mystères qui nous entourent. Elle est sûre au moins que les

phénomènes sont conditionnés par des lois fixes ignorant le caprice.

Elle ne s’avance pas beaucoup en affirmant qu’aucun sorcier n’a été au

sabbat, à travers les airs sur un manche à balai, et qu’aucun occultiste

ancien ou moderne n’a vu fabriquer instantanément un être vivant.

L’humanité n’est sortie de la barbarie mentale primitive qu’en s’évadant

du chaos de ses vieilles légendes et en ne redoutant plus la puissance

des thaumaturges, des oracles et des sorciers. Les occultistes de tous

les siècles n’ont découvert aucune vérité inconnue, alors que les

méthodes scientifiques firent surgir du néant un monde de merveilles.

Abandonnons aux imaginations maladives ce peuple de larves, d’esprits,

de fantômes, fils de la nuit et qu’une lumière suffisante dissipera

toujours.

* * * * *

Ces conclusions ne sont pas contestables. Elles laissent de côté

cependant une face importante du problème. Puisque les hommes de tous

les âges, du plus savant au plus ignorant, ont versé dans les mêmes

croyances, il faut bien admettre qu’elles correspondent, comme j’ai

essayé de le montrer, à des besoins indestructibles de l’esprit et sont

par suite nécessaires.

La science se défend d’aborder ce qu’elle appelle l’inconnaissable et

c’est justement dans cet inconnaissable que l’âme humaine place son

idéal et ces espérances. Avec une patience que des insuccès séculaires

n’ont pu lasser, elle se heurte sans cesse au monde toujours inviolé du

mystère afin d’y découvrir l’origine des choses et le secret de sa

destinée. N’ayant pu y pénétrer, elle a fini par le peupler de ses

rêves.

Ne proclamons pas trop la vanité de tant d’efforts, les croyances qui en

sont issues consolèrent bien des générations d’hommes et illuminèrent

leur vie.

La science, jadis un peu intolérante, respecte de plus en plus

aujourd’hui les conceptions étrangères à son empire. Science et

croyance, raison et sentiment appartiennent à des domaines impuissants à

se pénétrer, puisqu’on n’y parle pas la même langue.

J’ignore si le savant qui traitera le même sujet dans un millier

d’années se heurtera aux mêmes problèmes qu’aujourd’hui et pourra dire

quelque chose de précis sur la raison première des phénomènes. Il

montrera sans doute des dieux nouveaux et des croyances nouvelles

dominant la pensée humaine qui ne peut s’en passer. Les croyances

chimériques resteront toujours génératrices des longs espoirs. Elles

enfantèrent les dieux à travers les âges et de nos jours l’occultisme,

dernier rameau de la foi religieuse qui ne meurt jamais.

CONCLUSIONS

Un des problèmes fondamentaux indiqués au début de cet ouvrage était de

rechercher, comment des croyances, qu’aucun argument rationnel ne

saurait défendre, furent admises sans difficultés par les esprits les

plus éclairés de tous les âges.

Tant que la psychologie considéra la croyance comme volontaire et

rationnelle, l’étude d’un tel problème ne pouvait être abordée.

Dissocier les éléments générateurs de la croyance, prouver qu’elle est

inconsciente et formée sous l’influence d’éléments mystiques et

affectifs, indépendants de la raison et de la volonté, c’était donner

dans ses grandes lignes la solution cherchée.

Mais cette explication restait incomplète. Si la raison ne crée pas la

croyance, elle peut au moins la discuter et en découvrir les côtés

erronés. Pourquoi, cependant, malgré les démonstrations les plus

claires, une croyance réussit-elle à s’imposer?

Nous l’avons expliqué en prouvant le rôle fondamental exercé sur

l’inconscient par certains facteurs: prestige, affirmation, répétition,

suggestion et contagion. Indépendants de la raison, ils agissent

facilement contre elle et l’empêchent de reconnaître l’évidence même.

Le pouvoir de ces influences dans la genèse des croyances a été prouvé

par les effets de leur action sur les hommes les plus cultivés. Nous

avons vu des physiciens exercés, étudier expérimentalement des

radiations créées seulement par suggestion dans leur esprit et de

savants académiciens voter un prix considérable pour une découverte

évanouie brusquement le jour où les observateurs, arrachés à la

suggestion, cessèrent aussitôt d’apercevoir le fantôme engendré par

cette suggestion. D’autres exemples ont montré combien étaient nombreux

les faits de même ordre.

La seule différence réelle entre une croyance scientifique, imposée par

les facteurs décrits, et les croyances religieuses, politiques ou

spirites imposées par le même mécanisme, est qu’en matière scientifique

l’erreur s’élimine assez vite par substitution de la connaissance à la

croyance. Pour les certitudes basées sur des éléments affectifs ou

mystiques, et où aucune vérification immédiate n’est possible,

l’observation, la raison, l’expérience même, restent au contraire à peu

près sans action.

Nous avons pu justifier, par l’exemple de certaines croyances spirites,

qu’en matière de foi la crédulité--aussi bien du savant que de

l’ignorant--ne connaissait pas de limites. Cette constatation rend

tolérant pour toutes les superstitions enregistrées par l’histoire.

En démontrant au moyen de faits précis comment des esprits éminents se

convertissent à des croyances, d’un niveau rationnel égalant celui des

plus fabuleuses fictions mythologiques, j’ai réussi, je l’espère, à

mettre en évidence un mécanisme mental que les recherches de la

psychologie avaient laissé inexpliqué jusqu’ici.

Nous sommes arrivés ainsi à cette loi philosophique importante: loin de

présenter une origine intellectuelle commune, nos conceptions ont des

sources mentales fort distinctes, et sont régies par des formes de

logiques très différentes. De la prédominance de chacune d’elles et de

leurs conflits naquirent les grands événements de l’histoire.

En attendant que la science révèle les vérités immuables, cachées

peut-être sous les apparences des choses, il faut nous contenter des

certitudes accessibles à notre esprit.

Dans l’état actuel de nos connaissances, trois ordres de vérités nous

guident: les vérités affectives; les vérités mystiques, les vérités

rationnelles. Issues de logiques différentes, elles n’ont pas de commune

mesure.

FIN

TABLE DES MATIÈRES

LIVRE I Pages

LES PROBLÈMES DE LA CROYANCE ET DE LA CONNAISSANCE

Chapitre I.--Les cycles de la croyance et de la connaissance. 1

§ 1. Les difficultés du problème de la croyance, p. 1.--§ 2. En

quoi la croyance diffère de la connaissance, p. 5.--§ 3.

Rôles respectifs de la croyance et de la connaissance, p. 7.

Chapitre II.--Les méthodes d’étude de la psychologie 11

Méthode d’introspection, p. 11.--Méthode psychologique,

p. 11.--Méthode des localisations cérébrales, p. 12.--Méthode

des tests et des questionnaires, p. 12.--Méthode basée sur

l’étude des altérations d’origine pathologique de

l’intelligence, p. 12.--Méthode basée sur la psychologie

comparée, p. 13.--Insuffisance des méthodes classiques.

Méthodes adoptées dans cet ouvrage pour l’étude des opinions

et des croyances, p. 14.

LIVRE II

LE TERRAIN PSYCHOLOGIQUE DES OPINIONS ET DES CROYANCES

Chapitre I.--Les grands ressorts de l’activité des êtres. Le

plaisir et la douleur 18

§ 1. Rôles du plaisir et de la douleur, p. 18.--§ 2. Caractères

discontinus du plaisir et de la douleur, p. 19.--§ 3. Le désir

comme conséquence du plaisir et de la douleur, p. 21.--§ 4. Le

plaisir en perspective. L’espérance, p. 23.--§ 5. Le régulateur

du plaisir et de la douleur. L’habitude, p. 23.--§ 6. Le

plaisir et la douleur considérés comme les certitudes

psychologiques fondamentales, p. 25.

Chapitre II.--Les variations de la sensibilité comme éléments de

la vie individuelle et sociale 27

§ 1. Limites des variations de la sensibilité au plaisir et à

la douleur, p. 27.--§ 2. Les oscillations de la sensibilité

individuelle et leur rôle dans la vie collective, p. 30.--§ 3.

Les variations d’idéal et de croyances créées par les

oscillations de la sensibilité collective, p. 33.

Chapitre III.--Les sphères des activités vitales et

psychologiques. La vie consciente et la vie inconsciente 35

§ 1. Les sphères des activités vitales et psychologiques,

p. 35.--§ 2. La psychologie inconsciente et les sources de

l’intuition, p. 36.--§ 3. Les formes de l’inconscient.

L’inconscient intellectuel et l’inconscient affectif, p. 39.

Chapitre IV.--Le moi affectif et le moi intellectuel 42

§ 1. Le moi affectif et le moi intellectuel, p. 42.--§ 2. Les

diverses manifestations de la vie affective. Émotions,

sentiments, passions, p. 48.--§ 3. La mémoire affective, p.

51.--§ 4. Les associations affectives et intellectuelles, p. 52.

Chapitre V.--Les éléments de la personnalité. Combinaisons de

sentiments formant le caractère 55

§ 1. Les éléments du caractère, p. 55.--§ 2. Les caractères

collectifs des peuples, p. 57.--§ 3. Évolution des éléments du

caractère, p. 58.

Chapitre VI.--La désagrégation du caractère et les oscillations

de la personnalité 61

§ 1. Équilibres des éléments constitutifs du caractère, p.

61.--§ 2. Oscillations de la personnalité, p. 63.--§ 3.

Éléments fixateurs de la personnalité, p. 65.--§ 4. Difficulté

de prévoir la conduite résultant d’un caractère déterminé, p. 66.

LIVRE III

LES FORMES DIVERSES DE LOGIQUES RÉGISSANT LES OPINIONS ET

LES CROYANCES

Chapitre I.--Classification des diverses formes de logiques 70

§ 1. Existe-t-il diverses formes de logiques? p. 70.--§ 2. Les

cinq formes de logiques, p. 71.--§ 3. Coexistence des diverses

formes de logiques, p. 73.

Chapitre II.--La logique biologique 76

§ 1. Rôle de la logique biologique, p. 76.--§ 2. La logique

biologique et les instincts, p. 80.

Chapitre III.--La logique affective et la logique collective 86

§ 1. La logique affective, p. 86.--§ 2. Comparaison de la

logique affective et de la logique rationnelle, p. 87.--§ 3. La

logique collective, p. 91.

Chapitre IV.--La logique mystique 92

§ 1. Les caractéristiques de la logique mystique, p. 92.--§ 2.

Le mysticisme comme base des croyances, p. 95.

Chapitre V.--La logique intellectuelle 98

§ 1. Les éléments fondamentaux de la logique intellectuelle,

p. 98.--§ 2. Rôle de la logique intellectuelle, p. 101.--§ 3.

Tardive apparition de la logique intellectuelle. Elle n’est pas

l’œuvre de la nature, mais a été créée contre la nature, p. 104.

LIVRE IV

LES CONFLITS DES DIVERSES FORMES DE LOGIQUES

Chapitre I.--Le conflit des éléments affectifs, mystiques et

intellectuels 106

§ 1. Les conflits des diverses logiques dans la vie

journalière, p. 106.--§ 2. Conflit des éléments affectifs et

intellectuels. Action des idées sur les sentiments, p.

108.--§ 3. Lutte des sentiments contre les sentiments. Les

actions inhibitrices, p. 112.

Chapitre II.--Le conflit des diverses formes de logiques dans

la vie des peuples 114

§ 1. Conséquences de la destruction des actions inhibitrices

des sentiments dans la vie sociale, p. 114.--§ 2. Les

éléments mystiques et affectifs dans la vie des peuples, p.

117.--§ 3. Les équilibres et les ruptures des diverses formes

de logiques dans la vie des peuples, p. 119.

Chapitre III.--La balance des motifs 123

§ 1. La balance mentale. L’action, p. 123.--§ 2. Rôle de la

volonté dans la balance des motifs, p. 124.--§ 3. Comment la

logique rationnelle peut agir sur la balance des motifs, p. 126.

LIVRE V

LES OPINIONS ET LES CROYANCES INDIVIDUELLES

Chapitre I.--Les facteurs internes des opinions et des croyances 129

§ 1. Influence des divers facteurs des opinions et des

croyances, p. 129.--§ 2. Le caractère, p. 131.--§ 3. L’idéal,

p. 132.--§ 4. Les besoins, p. 134.--§ 5. L’intérêt, p. 135.--§

6. Les passions, p. 137.

Chapitre II.--Les facteurs externes des opinions et des

croyances 139

§ 1. La suggestion, p. 139.--§ 2. Les premières impressions,

p. 142.--§ 3. Le besoin d’explications, p. 144.--§ 4. Les mots,

les formules et les images, p. 145.--§ 5. Les illusions, p.

147.--§ 6. La nécessité, p. 148.

Chapitre III.--Pourquoi les opinions diffèrent et pourquoi la

raison ne réussit pas à les rectifier 150

§ 1. Différences de mentalités créant des différences

d’opinions, p. 150.--§ 2. Les éléments de rectification des

opinions, p. 152.--§ 3. Rôle de la raison dans la formation

des opinions et des décisions importantes, p. 153.--§ 4. Rôle

de la raison dans la formation des opinions journalières,

p. 157.

Chapitre IV.--La rectification des opinions par l’expérience 160

§ 1. L’expérience dans la vie des peuples, p. 160.--§ 2.

Difficulté de saisir les facteurs générateurs de l’expérience,

p. 162.

LIVRE VI

LES OPINIONS ET LES CROYANCES COLLECTIVES

Chapitre I.--Les opinions formées sous des influences

collectives 168

§ 1. Influence de la race et des croyances, p. 168.--§ 2.

Influence du milieu social et des groupes sociaux, p. 171.--§

3. Influence de la coutume, p. 173.

Chapitre II.--Les progrès de l’influence des opinions

collectives et leurs conséquences 175

§ 1. Les caractéristiques des opinions populaires, p. 175.--§

2. Comment, sous la mobilité des opinions populaires, persiste

une certaine fixité, p. 176.--§ 3. La puissance de l’opinion

populaire avant l’âge moderne, p. 178.--§ 4. Les progrès

actuels des influences collectives dans la genèse des opinions

et leurs conséquences, p. 179.--§ 5. Influence de diverses

collectivités dans la stabilisation de certains éléments

sociaux, p. 184.

Chapitre III.--La dissolution de l’âme individuelle dans l’âme

collective 186

§ 1. La désagrégation actuelle des grandes collectivités en

petits groupements, p. 186.--§ 2. Comment l’âme individuelle

est sortie de l’âme collective et comment elle y retourne,

p. 189.

LIVRE VII

PROPAGATION DES OPINIONS ET DES CROYANCES

Chapitre I.--L’affirmation, la répétition, l’exemple et le

prestige 194

§ 1. L’affirmation et la répétition, p. 194.--§ 2. L’exemple,

p. 197.--§ 3. Le prestige, p. 198.

Chapitre II.--La contagion mentale 203

§ 1. Les formes de la contagion mentale, p. 203.--§ 2.

Exemples divers de contagion mentale, p. 204.--§ 3. Puissance

de la contagion mentale, p. 207.--§ 4. Influence de la

contagion dans la propagation des croyances religieuses et

politiques, p. 208.

Chapitre III.--La mode 211

§ 1. Influence de la mode dans tous les éléments de la vie

sociale, p. 211.--§ 2. Les règles de la mode. Comment elle est

mélangée d’éléments affectifs et d’éléments rationnels, p. 214.

Chapitre IV.--Les journaux et les livres 218

§ 1. Influence des livres et des journaux, p. 218.--§ 2. La

persuasion par la publicité, p. 220.

Chapitre V.--Les courants et les explosions d’opinions 225

§ 1. Les courants d’opinions et leur création, p. 225.--§ 2.

Les explosions d’opinions, p. 228.

LIVRE VIII

LA VIE DES CROYANCES

Chapitre I.--Caractères fondamentaux d’une croyance 233

§ 1. Les croyances comme besoin irréductible de la vie

mentale, p. 233.--§ 2. L’intolérance des croyances, p. 235.--§

3. L’indépendance des opinions. Rôle social de l’intolérance,

p. 236.--§ 4. Le paroxysme de la croyance. Les martyrs, p. 238.

Chapitre II.--Les certitudes dérivées des croyances. Nature des

preuves dont se contentent les croyants 242

§ 1. Les certitudes dérivées des croyances, p. 242.--§ 2.

Nature des preuves dont se contente l’esprit confiné dans le

champ de la croyance, p. 244.--§ 3. Le point irréductible du

conflit de la science et de la croyance, p. 247.

Chapitre III.--Rôle attribué à la raison et à la volonté dans

la genèse d’une croyance 249

§ 1. Indépendance de la raison et de la croyance, p. 249.--§

2. Impuissance de la raison sur la croyance, p. 251.

Chapitre IV.--Comment se maintiennent et se transforment les

croyances 255

§ 1. Comment se maintiennent les croyances, p. 255.--§ 2.

Comment évoluent les croyances, p. 256.

Chapitre V.--Comment meurent les croyances 263

§ 1. La phase critique des croyances et leur dissolution, p.

263.--§ 2. Transformation des croyances religieuses en

croyances politiques, p. 265.

LIVRE IX

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA FORMATION DES CROYANCES

Les opinions et les croyances · 第 20 / 21 段