L'OTAGE A ETE JOUE POUR LA PREMIERE FOIS PAR LA TROUPE DE L'ŒUVRE, A LA
SALLE MALAKOFF, LE 5 JUIN 1914, AVEC L'INTERPRETATION SUIVANTE:
LE PAPE PIE........................... J. SAVOY
LE CURE BADILON....................... LUGNE POE
Le VICOMTE GEORGES DE COUFONTAINE..... Max BARBIER
TOUSSAINT TURELURE.................... Jean FROMENT
SYGNE DE COUFONTAINE.................. Eve FRANCIS
A propos de la «Variante» qui terminait le drame, on joint ici un
extrait d'une lettre adressée à M. de PAWLOWSKI, Rédacteur en Chef de
COMOEDIA:
«... Sygne, d'ailleurs mourante et déjà enveloppée des ombres de
l'agonie, si elle laisse sans réponse l'offre qu'on lui fait d'appeler
le prêtre qui lui imposerait le pardon, c'est ainsi qu'on a pris soin
de l'indiquer, parce qu'elle n'a plus aucune force et que _tout est
épuisé, jusqu'à la dernière goutte_. Vivante elle a fait tous les
sacrifices que Dieu lui demandait, la vie même elle vient de la donner
pour son indigne époux. Maintenant elle n'en peut plus, elle est
«épuisée», elle est «exprimée jusqu'au fond», elle n'a plus la force
nécessaire pour faire, ni comprendre même, quoi que ce soit de plus;
elle est comme morte. Et pourtant elle ressuscite, quand TURELURE,
qui, tout en triomphant et en se moquant d'elle, a tout de même le
sens de la race et de la religion, lui rappelle, à la fois ironique
et scandalisé, le grand devoir féodal, la foi, la prestation de toute
la personne au Suzerain,--dans cette donation de la main droite qui
résume toute la pièce et dans un grand élan de confiance, d'espérance
et d'amour qui, à ce que nous pouvons espérer, la sauve! Je répète ici
encore une fois ce que j'ai dit pour «l'ANNONCE»: ce ne sont pas des
saints que j'ai voulu présenter, mais des faibles créatures humaines
aux prises avec la Grâce».