Grâce à vous, chère Sygne. _(Silence.)_

Sans prêtre, sans confession.

Et dans des dispositions, hélas! qui nous permettent de conserver

quelques doutes sur son salut. _(Silence.)_

Quoi? je ne puis vous entendre.

Infinie?

La miséricorde de Dieu est infinie? C'est vrai, la miséricorde de Dieu

est infinie.

Sa justice aussi. «_Nescio vos_», est-il écrit. «Je ne sais du tout qui

vous êtes.»

C'est le Père qui parle ainsi.

_(Silence.)_

Texte. Vous avez beau dire que non.

_(Silence.)_

Mais moi, Sygne, quelle reconnaissance vous dois-je!

Vous sauvez ma vie au prix de la vôtre.

O mystère de l'amour conjugal! ô dévouement digne de l'antiquité!

C'est de vous qu'il est écrit comme de l'ancienne Ruth: J'oublierai mon

pays et tes dieux seront mes dieux.

Qu'est-ce qu'un frère pour vous à côté de l'époux que vous vous êtes

choisi?

Ah, je veux qu'où je suis vous soyez désormais avec moi et que nos os

côte à côte reposent dans le même monument!

Encore non? mais moi, je vous dis que oui, et c'est moi qui suis le

plus fort.

Je vous connais mieux que vous-même et ce dernier acte vous découvre à

la fin.

L'amour est un lien plus fort que le sang. Et qui vous connaîtrait

mieux, ma chère Sygne,

Que cet époux à qui s'est ouvert le secret de votre corps virginal?

_(Silence.)_

Du moins votre sacrifice ne fut pas vain:

Le Roi revient en France.

_(Silence.)_

L'otage: Drame en trois actes · 第 74 / 83 题