Je me porte bien, soyez tranquille. En oubliant où nous sommes et comment
nous y sommes arrivés; _nous devons être contents du mouvement du
Peuple_, surtout ce matin, j'espère, si le pain ne manque pas, que
beaucoup de choses se remettront. Je parle au peuple; milices, poissardes,
tous me tendent la main. Je la leur donne. Dans l'intérieur de l'hôtel de
ville, j'ai été personnellement très bien reçue. Le peuple ce matin, nous
demandait de rester, je leur ai dit de la part du Roi, qui était à côté de
moi, qu'il dépendait d'eux que nous restions; que nous demandions pas
mieux; que toute haine devait cesser; que le moindre sang répandu nous
ferait fuir avec horreur. Les plus près m'ont juré que tout était fini.
J'ai dit aux poissardes d'aller répéter tout ce que nous venions de leur
dire. Je suis désolée que nous soyons séparés. Mais il vaut bien mieux
que vous restiez où vous êtes pendant quelque temps. Vous aurez de mes
nouvelles le plus souvent que je pourrai. Adieu, comptez à jamais sur tous
mes sentiments pour vous. [Note: _Correspondance_ de Mercy, t. II, p.
271.]