LES DISTRICTS

Le district était une Assemblée élue, un véritable petit parlement ayant

son bureau, ses commissaires, ses rapporteurs. Chaque district est maître

chez lui et se donne lui-même son organisation. Les uns ont des comités de

bienfaisance, tous ont un trésorier pour les pauvres. Un autre, devançant

les vues de l'Assemblée nationale, nomme des juges de paix et de

conciliation. Pour se concerter entre eux, les districts ont un bureau de

correspondance qui transmet de district à district les résolutions à

communiquer. Les districts sont la vraie force publique. Tous les services

y sont concentrés. Le comité de police du district arrête, perquisitionne,

juge. Le comité militaire équipe le bataillon de garde nationale, qui est

affecté à chaque district, édicté les règlements militaires, donne des

ordres aux compagnies. Le comité des subsistances légifère sur les halles,

sur les boulangers, sur les convois, etc. Chaque question fait l'objet

d'une discussion longue et suivie. A chaque instant, on placarde des

affiches pour porter à la connaissance du public les décisions nouvelles,

et le peuple ne se lasse pas de lire tous ces placards. Les séances sont

très courues. Les Parisiens aimaient déjà les beaux discours et ils

étaient servis à souhait. C'étaient en effet des avocats et des

journalistes qui remplissaient les fonctions de président, de secrétaire

du district. Comme on l'a dit justement, le district était un club et

c'était un club légal. Ajoutez qu'à chaque instant on faisait de nouvelles

élections, ce qui contribuait encore à augmenter l'agitation....

[Note: A. Mathiez, _op. cit._, pp. 43-44.]

L'émeute du 14 juillet et celle des 5 et 6 octobre furent l'oeuvre des

districts, celle du Champ-de-Mars sera l'oeuvre des _sociétés

Fraternelles_.

Les grandes journées de la Constituante · 第 48 / 101 题