Tous les lecteurs qui ont bien voulu répondre à notre appel, en ce qui
concerne le gui du chêne, confirment que la présence du gui sur le chêne
est une véritable rareté. Aussi la Touraine peut-elle éprouver quelque
orgueil à posséder _deux_ chênes à gui qui nous sont signalés par un de
nos correspondants, au Breuil, près de Cinq-Mars et de Langeais. Voilà
le Midi battu par le Centre. D'autre part nous voyons, par le _Bulletin
de la Société forestière de Franche-Comté et Belfort_ pour 1903, qu'un
beau chêne porte-gui a été signalé par M. E. Gilardoni, conservateur des
eaux et forêts à Dijon. M. Gilardoni a publié une bonne photographie de
ce chêne, qui se trouve dans les forêts de Villy-le-Brûlé (canton de
Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or), près de l'ancienne voie romaine de Lyon
à Langres). Ce chêne a 3m,40 de circonférence à hauteur d'homme, et il
est littéralement couvert de gui, ce qui, du reste, lui sera fatal, car
il dépérit manifestement. Il y a deux autres chênes porte-gui dans la
Côte-d'Or, à la connaissance de M. E. Gilardoni: l'un, chêne pédonculé,
dans la forêt de Lonchamp, près du village de Premières, arbre vieux et
dépérissant; l'autre, dans la forêt de Grange-Neuve, canton de Nuits.
Mais ces deux chênes ne portent que quelques touffes de gui, au lieu que
celui de Villy-le-Brûlé en est couvert. M. Gilardoni a encore rencontré
un chêne porte-gui dans la forêt de Chaux (Jura); et il n'y avait qu'un
seul chêne de ce genre dans toute la forêt qui couvre pourtant 20.000
hectares. D'après la _Flore forestière_ de Mathieu, c'est dans les
forêts de la France centrale, aux environs de Blois, notamment, que les
chênes porte-gui seraient le moins rares et, d'après le _Bulletin de la
Société forestière de Franche-Comté_, un chêne de ce genre existait il y
a quelques années aux environs de Troyes.