Quelques excursions.
L'aménagement de la nouvelle demeure s'opéra rapidement. Le lit de
camp, établi dans la grande salle, n'attendit bientôt plus que des
dormeurs. Le charpentier Mac Nap avait fabriqué une vaste table, à
gros pieds, lourde et massive, que le poids des mets, si
considérable qu'il fût, ne ferait jamais gémir. Autour de cette
table étaient disposés des bancs non moins solides, mais fixes et
par conséquent peu propres à justifier ce qualificatif de
«meubles» qui n'appartient qu'aux objets mobiles. Enfin quelques
sièges volants et deux vastes armoires complétaient le matériel de
cette pièce.
La chambre du fond était prête aussi. Des cloisons épaisses la
divisaient en six cabines, dont deux seulement étaient éclairées
par les dernières fenêtres ouvertes sur les façades antérieure et
postérieure. Le mobilier de chaque cabine se composait uniquement
d'un lit et d'une table. Mrs. Paulina Barnett et Madge occupaient
ensemble celle qui prenait directement vue sur le lac. Jasper
Hobson avait offert à Thomas Black l'autre cabine éclairée sur la
façade de la cour, et l'astronome en avait immédiatement pris
possession. Quant à lui, en attendant que ses hommes fussent logés
dans des bâtiments nouveaux, il se contenta d'une sorte de cellule
à demi sombre, attenant à la salle à manger, et qui s'éclairait
tant bien que mal au moyen d'un oeil-de-boeuf percé dans le mur de
refend. Mrs. Joliffe, Mrs. Mac Nap et Mrs. Raë occupaient avec
leurs maris les autres cabines. C'étaient trois bons ménages,
forts unis, qu'il eût été cruel de séparer. D'ailleurs, la petite
colonie ne devait pas tarder à compter un nouveau membre, et
maître Mac Nap, -- un certain jour, -- n'avait pas hésité à
demander à Mrs Paulina Barnett si elle voudrait lui faire
l'honneur d'être marraine vers la fin de la présente année. Ce que
Mrs. Paulina Barnett accepta avec grande satisfaction.
On avait entièrement déchargé les traîneaux et transporté la
literie dans les différentes chambres. Dans le grenier, auquel on
arrivait par une échelle placée au fond du couloir d'entrée, on
relégua les ustensiles, les provisions, les munitions, dont on ne
devait pas faire un usage immédiat. Les vêtements d'hiver, bottes
ou casaques, fourrures et pelleteries, y trouvèrent place dans de
vastes armoires, à l'abri de l'humidité.
Ces premiers travaux terminés, le lieutenant s'occupa du chauffage
futur de la maison. Il fit faire, sur les collines boisées, une
provision considérable de combustible, sachant bien que, par
certaines semaines de l'hiver, il serait impossible de s'aventurer
au dehors. Il songea même à utiliser la présence des phoques sur
le littoral, de manière à se procurer une abondante réserve
d'huile, -- le froid polaire devant être combattu par les plus
énergiques moyens. D'après son ordre et sous sa direction, on
établit dans la maison des condensateurs destinés à recueillir
l'humidité interne, appareils qu'il serait facile de débarrasser
de la glace dont ils se rempliraient pendant l'hiver.
Cette question du chauffage, très grave assurément, préoccupait
beaucoup le lieutenant Hobson.
«Madame, disait-il quelquefois à la voyageuse, je suis un enfant
des régions arctiques, j'ai quelque expérience de ces choses, et
j'ai surtout lu et relu bien des récits d'hivernage. On ne saurait
prendre trop de précautions quand il s'agit de passer la saison du
froid dans ces contrées. Il faut tout prévoir, car un oubli, un
seul, peut amener d'irréparables catastrophes pendant les
hivernages.
-- Je vous crois, monsieur Hobson, répondait Mrs. Paulina Barnett,
et je vois bien que le froid aura en vous un terrible adversaire.
Mais la question d'alimentation ne vous paraît-elle pas aussi
importante?
-- Tout autant, madame, et je compte bien vivre sur le pays pour
économiser nos réserves. Aussi, dans quelques jours, dès que nous
serons à peu près installés, nous organiserons des chasses de
ravitaillement. Quant à la question des animaux à fourrure, nous
verrons à la résoudre plus tard et à remplir les magasins de la
Compagnie. D'ailleurs, ce n'est pas le moment de chasser la
martre, l'hermine, le renard et autres animaux à fourrure. Ils
n'ont pas encore le pelage d'hiver, et les peaux perdraient vingt-
cinq pour cent de leur valeur, si on les emmagasinait en ce
moment. Non. Bornons-nous d'abord à approvisionner l'office du
Fort-Espérance. Les rennes, les élans, les wapitis, si quelques-
uns se sont avancés jusqu'à ces parages, doivent seuls attirer nos
chasseurs. En effet, vingt personnes à nourrir et une soixantaine
de chiens, cela vaut la peine que l'on s'en préoccupe!»
On voit que le lieutenant était un homme d'ordre. Il voulait agir
avec méthode, et, si ses compagnons le secondaient, il ne doutait
pas de mener à bonne fin sa difficile entreprise.
Le temps, à cette époque de l'année, était presque invariablement
beau. La période des neiges ne devait pas commencer avant cinq
semaines. Lorsque la maison principale eut été achevée, Jasper
Hobson fit donc continuer les travaux de charpentage, en
construisant un vaste chenil destiné à abriter les attelages de
chiens. Cette «dog-house» fut bâtie au pied même du promontoire,
et s'appuya sur le talus même, à une quarantaine de pas sur le
flanc droit de la maison. Les futurs communs, appropriés pour le
logement des hommes, devaient faire face au chenil, sur la gauche,
tandis que les magasins et la poudrière occuperaient la partie
antérieure de l'enceinte.
Cette enceinte, par une prudence peut-être exagérée, Jasper Hobson
résolut de l'établir avant l'hiver. Une bonne palissade,
solidement plantée, faite de poutres pointues, devait garantir la
factorerie non seulement de l'attaque des gros animaux, mais aussi
contre l'agression des hommes, au cas où quelque parti ennemi,
Indiens ou autres, se présenterait. Le lieutenant n'avait point
oublié ces traces, qu'une troupe quelconque avait laissées sur le
littoral, à moins de deux cents milles du Fort-Espérance. Il
connaissait les procédés violents de ces chasseurs nomades, et il
pensait que mieux valait, en tout cas, se mettre à l'abri d'un
coup de main. La ligne de circonvallation fut donc tracée de
manière à entourer la factorerie, et aux deux angles antérieurs
qui couvraient le côté du lagon, maître Mac Nap se chargea de
construire deux petites poivrières en bois, très convenables pour
abriter des hommes de garde.
Avec un peu de diligence, -- et ces braves ouvriers travaillaient
sans relâche, -- il était possible d'achever ces nouvelles
constructions avant l'hiver.
Pendant ce temps, Jasper Hobson organisa diverses chasses. Il
remit à quelques jours l'expédition qu'il méditait contre les
phoques du littoral, et il s'occupa plus spécialement des
ruminants dont la chair, séchée et conservée, devait assurer
l'alimentation du fort pendant la mauvaise saison.
Donc, à partir du 8 août, Sabine et Marbre, quelquefois seuls,
quelquefois suivis du lieutenant et du sergent Long qui s'y
entendaient, battirent chaque jour le pays dans un rayon de
plusieurs milles. Souvent aussi, l'infatigable Mrs. Paulina
Barnett les accompagnait, ayant à la main un fusil qu'elle maniait
adroitement, et elle ne restait pas en arrière de ses compagnons
de chasse.
Pendant tout ce mois d'août, ces expéditions furent très
fructueuses, et le grenier aux provisions se remplit à vue d'oeil.
Il faut dire que Marbre et Sabine n'ignoraient aucune des ruses
qu'il convient d'employer sur ces territoires, particulièrement
avec les rennes, dont la défiance est extrême. Aussi quelle
patience ils mettaient à prendre le vent pour échapper au subtil
odorat de ces animaux! Parfois, ils les attiraient en agitant au-
dessus des buissons de bouleaux nains quelque magnifique
andouiller, trophée des chasses précédentes, et ces rennes, -- ou
plutôt ces «caribous», pour leur restituer leur nom indien, --
trompés par l'apparence, s'approchaient à portée des chasseurs,
qui ne les manquaient point. Souvent aussi, un oiseau délateur,
bien connu de Sabine et de Marbre, un petit hibou de jour, gros
comme un pigeon, trahissait la retraite des caribous. Il appelait
les chasseurs en poussant comme un cri aigu d'enfant, et
justifiait ainsi le nom de «moniteur» qui lui a été donné par les
Indiens. Une cinquantaine de ruminants furent abattus. Leur chair,
découpée en longues lanières, forma un approvisionnement
considérable, et leurs peaux, une fois tannées, devaient servir à
la confection des chaussures.
Les caribous ne contribuèrent pas seuls à accroître la réserve
alimentaire. Les lièvres polaires, qui s'étaient prodigieusement
multipliés sur ce territoire, y concoururent pour une part
notable. Ils se montraient moins fuyards que leurs congénères
d'Europe, et se laissaient tuer assez stupidement. C'étaient de
grands rongeurs à longues oreilles, aux yeux bruns, avec une
fourrure blanche comme un duvet de cygne, et qui pesaient de dix à
quinze livres. Les chasseurs abattirent un grand nombre de ces
animaux, dont la chair est véritablement succulente. C'est par
centaines qu'on les prépara en les fumant, sans compter ceux qui,
sous la main habile de Mrs. Joliffe, se transformèrent en pâtés
fort alléchants.
Mais, tandis que les ressources de l'avenir s'amassaient ainsi,
l'alimentation quotidienne n'était point négligée. Beaucoup de ces
lièvres polaires servirent au repas du jour, et les chasseurs
comme les travailleurs de maître Mac Nap n'étaient pas gens à
dédaigner un morceau de venaison fraîche et savoureuse. Dans le
laboratoire de Mrs. Joliffe, ces rongeurs subissaient les
combinaisons culinaires les plus variées, et l'adroite petite
femme se surpassait, au grand enchantement du caporal, qui quêtait
incessamment pour elle des éloges qu'on ne lui marchandait pas,
d'ailleurs.
Quelques oiseaux aquatiques varièrent aussi fort agréablement le
menu quotidien. Sans parler des canards qui foisonnaient sur les
rives du lagon, il convient de citer certains oiseaux qui
s'abattaient par bandes nombreuses dans les endroits où poussaient
quelques maigres saules. C'étaient des volatiles appartenant à
l'espèce des perdrix, et auxquels les dénominations zoologiques ne
manquent pas. Aussi, lorsque Mrs. Paulina Barnett demanda pour la
première fois à Sabine quel était le nom de ces oiseaux:
«Madame, lui répondit le chasseur, les Indiens les appellent des
«tétras de saules», mais pour nous autres, chasseurs européens, ce
sont de véritables coqs de bruyère.»
En vérité, on eût dit des perdrix blanches, avec de grandes plumes
mouchetées de noir à l'extrémité de la queue. C'était un gibier
excellent, qui n'exigeait qu'une cuisson rapide devant un feu
clair et pétillant.
À ces diverses sortes de venaison, les eaux du lac et de la petite
rivière ajoutaient encore leur contingent. Personne ne s'entendait
mieux à pêcher que le calme et paisible sergent Long. Soit qu'il
laissât le poisson mordre à son hameçon amorcé, soit qu'il cinglât
les eaux avec sa ligne armée d'hameçons vides, personne ne pouvait
rivaliser avec lui d'habileté et de patience, -- si ce n'était la
fidèle Madge, la compagne de Mrs. Paulina Barnett. Pendant des
heures entières, ces deux disciples du célèbre Isaac Walton[3]
restaient assis l'un près de l'autre, la ligne à la main, guettant
leur proie, ne prononçant pas une parole; mais, grâce à eux, la
«marée ne manqua jamais», et le lagon ou la rivière leur livraient
journellement de magnifiques échantillons de la famille des
salmonées.
Pendant ces excursions qui se poursuivirent presque
quotidiennement jusqu'à la fin du mois d'août, les chasseurs
eurent souvent affaire à des animaux fort dangereux. Jasper Hobson
constata, non sans une certaine appréhension, que les ours étaient
nombreux sur cette partie du territoire. Il était rare, en effet,
qu'un jour se passât sans qu'un couple de ces formidables
carnassiers ne fût signalé. Bien des coups de fusil furent
adressés à ces terribles visiteurs. Tantôt, c'était une bande de
ces ours bruns qui sont fort communs sur toute la région de la
Terre-Maudite, tantôt, une de ces familles d'ours polaires d'une
taille gigantesque, que les premiers froids amèneraient sans doute
en plus grand nombre aux environs du cap Bathurst. Et, en effet,
dans les récits d'hivernage, on peut observer que les explorateurs
ou les baleiniers sont plusieurs fois par jour exposés à la
rencontre de ces carnassiers.
Marbre et Sabine aperçurent aussi, à plusieurs reprises, des
bandes de loups qui, à l'approche des chasseurs, détalaient comme
une vague mouvante. On les entendait «aboyer», surtout quand ils
étaient lancés sur les talons d'un renne ou d'un wapiti. C'étaient
de grands loups gris, hauts de trois pieds, à longue queue, dont
la fourrure devait blanchir aux approches de l'hiver. Ce
territoire, très peuplé, leur offrait une nourriture facile, et
ils y abondaient. Il n'était pas rare de rencontrer, en de
certains endroits boisés, des trous à plusieurs entrées, dans
lesquels ces animaux se terraient à la façon des renards. À cette
époque, bien repus, ils fuyaient les chasseurs du plus loin qu'ils
les apercevaient, avec cette couardise qui distingue leur race.
Mais, aux heures de la faim, ces animaux pouvaient devenir
terribles par leur nombre, et, puisque leurs terriers étaient là,
c'est qu'ils ne quittaient point la contrée, même pendant la
saison d'hiver.
Un jour, les chasseurs rapportèrent au Fort-Espérance un animal
assez hideux que n'avaient encore vu ni Mrs. Paulina Barnett, ni
l'astronome Thomas Black. Cet animal était un plantigrade qui
ressemblait assez au glouton d'Amérique, un affreux carnassier,
ramassé de torse, court de jambes, armé de griffes recourbées et
de mâchoires formidables, les yeux durs et féroces, la croupe
souple comme celle de tous les félins.
«Quelle est cette horrible bête? demanda Mrs. Paulina Barnett.
-- Madame, répondit Sabine, qui était toujours un peu dogmatique
dans ses réponses, un Écossais vous dirait que c'est un
«quickhatch», un Indien, que c'est un «okelcoo-haw-gew», un
Canadien, que c'est un «carcajou...»
-- Et pour vous autres? demanda Mrs. Paulina Barnett, c'est...?
-- C'est un «wolverène», madame», répondit Sabine, évidemment
enchanté de la tournure qu'il avait donnée à sa réponse.
En effet, wolverène était la véritable dénomination zoologique de
ce singulier quadrupède, redoutable rôdeur nocturne, qui gîte dans
les trous d'arbres ou les rochers creux, grand destructeur de
castors, de rats musqués et autres rongeurs, ennemi déclaré du
renard et du loup auxquels il ne craint pas de disputer leur
proie, animal très rusé, très fort de muscles, très fin d'odorat,
qui se rencontre jusque sous les latitudes les plus élevées, et,
dont la fourrure, à poils courts, presque noire pendant l'hiver,
figure pour un chiffre assez important dans les exportations de la
Compagnie.
Pendant ces excursions, la flore du pays avait été observée avec
autant d'attention que la faune. Mais les végétaux étaient
nécessairement moins variés que les animaux, n'ayant point comme
ceux-ci la faculté d'aller chercher, pendant la mauvaise saison,
des climats plus doux. C'étaient le pin et le sapin qui se
multipliaient le plus abondamment sur les collines qui formaient
la lisière orientale du lagon. Jasper Hobson remarqua aussi
quelques «tacamahacs», sortes de peupliers-baumiers, d'une grande
hauteur, dont les feuilles, jaunes quand elles poussent, prennent
dans l'arrière-saison une teinte verdoyante. Mais ces arbres
étaient rares, ainsi que quelques mélèzes assez étiques, que les
obliques rayons du soleil ne parvenaient pas à vivifier. Certains
sapins noirs réussissaient mieux, surtout dans les gorges abritées
contre les vents du nord. La présence de cet arbre fut accueillie
avec satisfaction, car on fabrique avec ses bourgeons une bière
estimée, connue dans le North-Amérique sous le nom de «bière de
sapin». On fit une bonne récolte de ces bourgeons, qui fut
transportée dans le cellier du Fort-Espérance.
Les autres végétaux consistaient en bouleaux nains, arbrisseaux
hauts de deux pieds, qui sont particuliers aux climats très
froids, et en bouquets de cèdres, qui fournissent un bois
excellent pour le chauffage.
Quant aux végétaux sauvages, qui poussaient spontanément sur cette
terre avare et pouvaient servir à l'alimentation, ils étaient
extrêmement rares. Mrs. Joliffe, que la botanique «positive»
intéressait fort, n'avait rencontré que deux plantes dignes de
figurer dans sa cuisine.
L'une, racine bulbeuse, difficile à reconnaître, puisque ses
feuilles tombent précisément au moment où elle entre dans la
période de floraison, n'était autre que le poireau-sauvage. Ce
poireau fournissait une ample récolte d'oignons, gros comme un
oeuf, qui furent judicieusement employés en guise de légumes.
L'autre plante, connue dans tout le nord de l'Amérique sous le nom
de «thé du Labrador», poussait en grande abondance sur les bords
du lagon, entre les bouquets de saules et d'arbousiers, et elle
formait la nourriture favorite des lièvres polaires. Ce thé,
infusé dans l'eau bouillante et additionné de quelques gouttes de
brandy ou de gin, composait une excellente boisson, et cette
plante mise en conserve, permit d'économiser la provision de thé
chinois apporté du Fort-Reliance.
Mais, pour obvier à la pénurie des végétaux alimentaires, Jasper
Hobson s'était muni d'une certaine quantité de graines qu'il
comptait semer, quand le moment en serait venu. C'étaient
principalement des graines d'oseille et de cochlearias, dont les
propriétés antiscorbutiques sont très appréciées sous ces
latitudes. On pouvait espérer qu'en choisissant un terrain abrité
contre les brises aiguës qui brûlent toute végétation comme une
flamme, ces graines réussiraient pour la saison prochaine.
Au surplus, la pharmacie du nouveau fort n'était pas dépourvue
d'antiscorbutiques. La Compagnie avait fourni quelques caisses de
citrons et de «lime-juice», précieuse substance dont aucune
expédition polaire ne saurait se passer.
Mais il importait d'économiser cette réserve comme bien d'autres
car une série de mauvais temps pouvait compromettre les
communications entre le Fort-Espérance et les factoreries du Sud.