Ai-je quelque chose qui me trahit dans ma figure et dans mes manières,
je ne sais pas, mais l’œil de ma tante s’agrandit et se fait inquiet
quand il me suit.
J’ai regardé dans une glace ce que je pouvais montrer; je n’ai vu que
mes joues plus roses et mes yeux plus noirs. Il me semble que toutes les
couleurs de ma personne ont foncé depuis quelques jours, et que là,
comme ailleurs, l’approche d’un événement d’importance se fait sentir.
Mon pauvre Un aussi ne comprend plus rien à mes façons d’agir.
Autrefois, quand je m’agenouillais par terre, c’était pour me rapprocher
de lui, et il se pelotonnait bien vite pour me servir de coussin ou de
jouet. Maintenant, c’est le silence absolu que je lui impose, et mon
doigt est invariablement levé quand il m’approche.