IV

Regrets des bras épais et jeunes d'herbe pure!

Or des lunes d'avril au coeur du saint lit! Joie

Des chantiers riverains à l'abandon, en proie

Aux soirs d'août qui faisaient germer ces pourritures!

Qu'elle pleure à présent sous les remparts: l'haleine

Des peupliers d'en haut est pour la seule brise.

Amis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise--

Un vieux dragueur, dans sa barque immobile, peine.

V

Jouet de cet oeil d'eau morne, je n'y puis prendre,

Ô canot immobile! ô bras trop courts! ni l'une

Ni l'autre fleur; ni la jaune qui m'importune,

Là; ni la bleue, amis, à l'eau couleur de cendre.

Ah! la poudre des saules qu'une aile secoue!

Les roses des roseaux dès longtemps dévorées!...

Mon canot toujours fixe; et sa chaîne tirée

Au fond de cet oeil d'eau sans bords--à quelle boue?

Est-elle almée?... aux premières heures bleues

Se détruira-t-elle comme les fleurs feues...

Devant la splendide étendue où l'on sente

Souffler la ville énormément florissante!

C'est trop beau! c'est trop beau! mais c'est nécessaire

--Pour la Pêcheuse et la chanson du corsaire,

Et aussi puisque les derniers masques crurent

Encore aux fêtes de nuit sur la mer pure!

Poésies complètes, avec préface de Paul Verlaine et notes de l'éditeur · 第 106 / 125 题