MES PETITES AMOUREUSES

Un hydrolat lacrymal lave

Les cieux vert-chou:

Sous l'arbre tendronnier qui bave

Vos caoutchoucs.

Blancs de lunes particulières

Aux pialats ronds,

Entrechoquez vos genouillères

Mes laiderons!

Nous nous aimions à cette époque,

Bleu laideron:

On mangeait des oeufs à la coque

Et du mouron!

Un soir tu me sacras poète,

Blond laideron.

Descends ici que je te fouette

En mon giron;

J'ai dégueulé ta bandoline

Noir laideron;

Tu couperais ma mandoline

Au fil du front.

Pouah! nos salives desséchées

Roux laideron

Infectent encor les tranchées

De ton sein rond!

Ô mes petites amoureuses

Que je vous hais!

Plaquez de fouffes douloureuses,

Vos tétons laids!

Piétinez mes vieilles terrines

De sentiment;

Hop donc soyez-moi ballerines

Pour un moment!...

Vos omoplates se déboîtent

Ô mes amours!

Une étoile à vos reins qui boîtent

Tournez vos tours.

Est-ce pourtant pour ces éclanches

Que j'ai rimé!

Je voudrais vous casser les hanches

D'avoir aimé!

Fade amas d'étoiles ratées

Comblez les coins

--Vous creverez en Dieu, bâtées

D'ignobles soins!

Sous les lunes particulières

Aux pialats ronds

Entrechoquez vos genouillières,

Mes laiderons!

Poésies complètes, avec préface de Paul Verlaine et notes de l'éditeur · 第 92 / 125 题