Beni-Hassan est un village de la Haute-Égypte, situé sur la rive droite
du Nil et au sud du Caire, dont il est distant d'environ deux degrés.
Village assez pauvre, peuplé de pauvres gens, dont les maisons, pour la
plupart faites en terre cuite au soleil, n'ont rien de confortable.
Cette population est en majeure partie composée d'Arabes paysans, mêlés
à un petit nombre de Coptes, confondus les uns et les autres sous la
même appellation de Fellahs. Cultivateurs et pasteurs, ils vivent des
produits de la terre et de leurs troupeaux que, dans la saison
favorable, ils vont faire paître au loin, près de quelque marabout
vénéré au dôme blanc, qu'ombragent les dattiers. Cet arbre est encore
une de leurs ressources. Ils mangent son fruit mélangé avec une bouillie
faite de farine et de graisse de mouton. Les pasteurs de Beni-Hassan ne
portent pas de burnous, mais une sorte de courte tunique que recouvre
mal un haïk attaché à la tête avec une pièce d'étoffe roulée en turban.
Dans le voisinage de Beni-Hassan se trouvent quelques hypogées qui sont,
comme le mot l'indique, des _souterrains_ creusés dans le flanc des
montagnes et servant de lieu de sépulture. «En général, dit M. René
Ménard, les hypogées s'annoncent par une façade taillée verticalement
dans le rocher et par une porte ouvrant sur un couloir qui s'enfonce
dans la montagne. Ces couloirs sont entrecoupés par des pièces carrées
ou rectangulaires dans lesquelles se trouvent les sarcophages.» A
Beni-Hassan ces pièces sont pleines d'anciennes peintures égyptiennes.