C'est un article entier que mériterait le roman de M. Gaston Rouvier...
Une petite ville suisse en temps d'élections communales, avec ses
intrigues et ses commérages, nous est représentée. Ne ressemble-t-elle
pas un peu à un bourg français? M. Jacob Gaspard, usurier émérite, est
candidat à la présidence ou mairie. Mais l'amour lui trouble l'âme. Il
veut épouser sa nièce, laquelle est éprise d'un jeune Français et
n'éprouve que dégoût pour le vieil oncle. Celui-ci est tué dans une
mêlée ouvrière. Rien de sublime comme l'image de Mathilde, la mère de la
jeune fille, que tire de sa fange et que transfigure l'amour maternel.
La Couronne des jours.
De la prose harmonieuse de Mme de Zuylen et de Noailles, nous allons,
sans changer d'univers, aux poèmes de M. Ernest Raynaud. Le poète des
_Vitraux_ a un jour accolé au nom de M. Raynaud l'adjectif _grand_. Dans
tous les cas, c'est un artiste riche, habile, que l'auteur des _Cornes
du faune_, de la _Tour d'ivoire_ et de la _Couronne des jours_. Combien
de pierres précieuses rutilantes et finement serties dans les pages de
M. Raynaud! Peut-être sa phrase s'accommode-t-elle mieux des sujets
élevés, des peintures antiques, que des détails de la vie familière.
Je recommande en particulier aux amateurs d'art, dans le dernier volume
du poète: _la Nouvelle Arcadie._