1º Les époux commettent un péché mortel, non seulement lorsque leur
union charnelle a lieu hors du _vase_ naturel, ou que, par des moyens
adroits, ils répandent la semence hors de ce vase, mais encore
lorsqu’ils préludent à l’acte vénérien dans le vase qui ne lui est pas
destiné, par exemple, en introduisant le membre viril dans l’anus de la
femme, avec l’intention de terminer la jouissance dans la matrice; car
ils prennent ainsi un moyen qui s’écarte des voies naturelles, et comme
cet acte tend, par lui-même, à faire répandre la semence hors du vagin,
cette pratique n’est pas autre chose qu’une véritable sodomie. Voy.
_Sanchez, l. 9, disp. 17, nº 4_, _S. Liguori, l. 6, nº 916_, et beaucoup
d’autres dont ils rapportent les décisions.
2º D’après l’opinion générale, c’est un péché mortel, tant de demander
que de rendre le devoir conjugal, lorsqu’on ne doit pas l’accomplir dans
la position naturelle, mais en se plaçant de côté pour la copulation,
parce qu’il y a danger de répandre la semence hors du vase: la raison en
est évidente. Mais si ce danger n’est pas à craindre, c’est seulement un
péché véniel de demander ou de rendre le devoir conjugal de cette
manière, si elle ne s’écarte que légèrement de la position naturelle,
car une pareille inversion n’est pas essentiellement contre nature,
étant admis qu’elle ne s’oppose pas à la génération. On doit cependant
la blâmer sévèrement, surtout si l’homme, pour augmenter ses
jouissances, prend sa femme par derrière, à la mode des animaux, ou s’il
se place sous elle, en intervertissant les rôles: cette inversion est
souvent le signe de concupiscences mortellement mauvaises chez celui qui
ne sait pas se contenter des moyens ordinaires de pratiquer le coït.
Mais lorsqu’il y a nécessité d’en agir ainsi, à l’époque de la
grossesse, par exemple, ou parce qu’on ne peut supporter d’autres
positions, il n’y a nul péché à prendre ces diverses postures, pourvu
qu’il n’y ait pas danger de répandre la semence hors du vase.
3º Pèchent mortellement les époux qui se livrent à des actes obscènes et
qui répugnent à la pudeur naturelle, et surtout ceux qui pratiquent
l’union charnelle dans un vase autre que celui qui est destiné à cet
acte; c’est ce qui arrive lorsque la femme prend dans sa bouche le
membre viril de son mari, ou le place entre ses seins, ou l’introduit
dans son anus, etc., etc.; on ne peut jamais s’appuyer sur les licences
du mariage pour excuser de pareilles lubricités.
4º Pèchent mortellement les personnes mariées qui pratiquent l’acte
conjugal d’une manière qui s’oppose à la génération, par exemple si
l’homme répand sa semence hors du vase, comme nous l’avons dit, s’il
s’oppose à l’écoulement complet de la semence, si la femme rejette le
sperme ou fait des efforts pour le rejeter, si elle reste passive afin
d’empêcher la conception, etc. _Saint Antoine_, _Sanchez_ et beaucoup
d’autres cités par _saint Liguori, l. 6, nº 918_, prétendent qu’il n’y a
pas de péché lorsque le mari, du consentement de sa femme, retire son
membre du vagin, avant l’écoulement de la semence, afin de ne pas donner
naissance à des enfants, à la condition, cependant, que ni le mari ni la
femme ne tomberont dans le danger de pollution. Cependant, _Navarrus_,
_Sylvestre_, _Ledesma_, _Azor_ et beaucoup d’autres pensent avec raison
que, dans ce cas, le péché est mortel, tant à cause du danger de
pollution dans lequel se trouve toujours le mari, qu’en raison de
l’injure grave faite à la nature en laissant l’acte conjugal imparfait.
C’est cette dernière opinion seulement qu’on doit suivre dans la
pratique.
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5º Les époux pèchent encore mortellement dans l’accomplissement de
l’acte conjugal, s’ils ont des désirs adultères, c’est-à-dire s’ils se
figurent que c’est une autre personne qui est présente et s’ils prennent
volontairement plaisir en pensant que c’est avec cette personne que le
commerce a lieu. Il en est de même lorsqu’ils accomplissent l’acte
conjugal dans un but mortellement mauvais, par exemple, si l’homme
demande ou rend le devoir conjugal avec le désir que sa femme meure dans
les douleurs de l’enfantement.
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