Les discours déshonnêtes de leur nature ne sont pas mauvais en soi comme
le prouve l’exemple des médecins, des théologiens, des confesseurs,
etc., qui, sans pécher, peuvent traiter les sujets honteux.
Il y a péché mortel, au contraire, dans toute parole obscène et dans de
simples équivoques lancées dans un but de lubricité ou de délectation
charnelle volontaire, ou bien faisant courir à soi-même ou aux autres un
grave danger de consentement. Bien plus, ces péchés s’aggravent en
raison du nombre de personnes qui écoutent et auxquelles ils sont
nuisibles. Cela est de toute évidence, d’après ce que nous venons de
dire.
Ce serait, par conséquent, un péché mortel de parler d’une manière
gravement obscène, de prononcer le nom des parties pudiques de l’autre
sexe, de parler du coït et des modes du coït, le ferait-on sans
délectation, par légèreté, pour exciter le rire: car ces propos sont de
nature à provoquer des mouvements lubriques, _surtout_ chez les
personnes _non mariées_ et encore jeunes, selon ces paroles de _S. Paul_
aux _Corinth._, I, _Épit. 15_, 33: _Les mauvais discours corrompent les
bonnes mœurs._
Ce n’est pas un péché mortel de tenir des discours légèrement obscènes
et équivoques sous le frivole prétexte du besoin de parler, ou de les
tenir en plaisantant, à moins que ceux qui les entendent ne soient assez
faibles pour en être scandalisés.
Les entretiens sur des sujets voluptueux, dans des lieux écartés, entre
des personnes de sexe différent, surtout s’ils se prolongent et se
répètent souvent, sont très dangereux et le signe du naufrage prochain
de la chasteté; on doit donc les éviter avec soin quoiqu’on ne puisse
pas toujours les considérer comme des péchés mortels.
Les jeunes confesseurs doivent éviter, avec le plus grand soin d’exciter
une trop vive sensibilité chez les jeunes filles ou les femmes et de
s’en faire aimer.
Nous conseillons surtout aux jeunes confesseurs de ne jamais retenir les
jeunes femmes auprès d’eux, de ne pas les visiter, de ne pas parler
familièrement avec elles, et, à plus forte raison de ne pas les
embrasser et de ne pas les introduire dans leur chambre.