Sous ce titre sont comprises toutes les pensées mauvaises en fait de
luxure, à savoir: le désir, le plaisir et la délectation morose ou
contemplative.
Le désir est un acte de la volonté qui a pour objet une action mauvaise
comme la fornication, ou qui a pour but d’arriver à l’accomplissement de
cette action.
Le plaisir, au contraire, se rapporte au passé: c’est la délectation
dans le souvenir d’une mauvaise action, comme, par exemple, quand on
évoque le souvenir d’un acte charnel déjà accompli, ou de mauvais propos
qui ont été tenus.
La fornication morose ou contemplative n’est autre chose que le
ressouvenir d’une action mauvaise que l’imagination nous représente
comme réelle, mais sans désir de l’accomplir; par exemple, lorsqu’on
s’imagine qu’on se livre à la fornication.
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_On demande_: s’il est permis aux personnes mariées et veuves de prendre
plaisir à la pensée de l’acte charnel--le coït--à venir ou passé?
_Réponse_: 1º Les fiancés et les veufs ne pèchent pas en pensant que le
plaisir est attaché à ces actes, ni en prévoyant qu’ils éprouveront ce
plaisir ou en se souvenant qu’ils l’ont éprouvé; car il est évident que
cette notion n’est pas le plaisir dans l’acte vénérien.
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_Réponse_: 2º Pèchent mortellement les personnes fiancées, ou les
personnes veuves, qui donnent leur consentement à la délectation
charnelle que produit en elles la prévision de l’acte futur ou le
souvenir de l’acte passé; car elles se figurent l’acte charnel comme
s’accomplissant actuellement et elles y prennent volontairement plaisir.
Or, l’acte charnel s’accomplissant actuellement est, à leur égard, une
fornication, puisqu’elles ne sont pas mariées.
_Réponse_: 3º L’époux qui, en l’absence de son épouse, prend plaisir à
l’acte charnel comme s’accomplissant actuellement, commet probablement
un péché mortel, surtout si les esprits génitaux en sont gravement
agités, non pas précisément parce qu’il consent à une chose qui lui est
défendue, mais parce qu’il s’expose ordinairement à un grave danger
d’éjaculation.
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