ARTICLE TROISIÈME

DE LA CONDUITE DES CONFESSEURS A L’ÉGARD DES PERSONNES MARIÉES ET DE

CELLES QUI SE DISPOSENT A ENTRER DANS L’ÉTAT DE MARIAGE

Un confesseur ne saurait trop se pénétrer de la connaissance des

nombreuses et difficiles obligations des époux, qui ont été exposées

dans le cours de cet ouvrage. Il faut surtout qu’il les leur représente

et les leur inculque suivant l’occasion et le besoin. Il doit se

rappeler que les fautes les plus graves et les plus ordinaires des

personnes mariées sont les refus injustes du devoir conjugal,

l’empêchement ou l’obstacle que l’on apporte volontairement à la

génération par les actes onaniques, sodomiques et quelques autres

pratiques secrètes plus rares et connues seulement de quelques femmes et

de quelques hommes profondément corrompus: manœuvres sataniques d’autant

plus difficiles à découvrir que tout se passe à l’extérieur comme dans

l’état ordinaire et normal. Le peu de mots qu’il nous a été possible de

dire sur ces infernales inventions doit suffire aux confesseurs pour les

mettre sur la voie de l’investigation.

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Les confesseurs devront se rappeler que les gens mariés des deux sexes

pèchent encore plus souvent qu’on ne pense de la manière que pèchent les

personnes libres: la masturbation solitaire ne leur est pas toujours

inconnue, ou ils ne l’ont pas complètement oubliée. Il est donc du

devoir d’un sage confesseur de chercher avec soin à découvrir les

nombreuses et hideuses plaies de toutes les âmes plongées dans la

matière et souvent même dans la plus infecte corruption. A cet effet, il

lui sera souvent nécessaire de faire des interrogations

indispensables...

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Quant à l’abominable crime d’onanisme qui se répand partout dans ces

malheureux temps, et dont se souillent si honteusement les époux,

surtout plus jeunes, que le confesseur leur demande s’ils n’ont aucun

remords au sujet de l’acte conjugal, et s’ils ne craignent pas d’avoir

trop d’enfants, si dans le coït ils n’ont rien fait pour empêcher la

génération, s’ils n’ont rien commis de honteux en dehors de l’acte,

etc... Qu’il ajoute qu’il lui est pénible de faire de telles questions

et de toucher de telles matières, mais que cela est nécessaire, pour

qu’ils sachent ce qui leur est permis ou non; autrement il leur

arriverait de commettre très souvent de très graves fautes par une

ignorance inexcusable. Beaucoup, en effet, comme nous l’avons déjà dit,

s’imaginent faussement que dans le mariage tout leur est permis, et qui,

par des péchés que peut-être ils regardent comme légers, encourent la

damnation éternelle.

«Le vice d’onanisme découvert, le confesseur ne peut absoudre le

coupable, qu’à condition qu’il se repente de son péché, et ait le ferme

propos de ne plus pécher à l’avenir. S’il est incorrigible, le

confesseur doit lui refuser l’absolution.

»Quant à la femme qui induit son mari à cette action, ou y consent, ou

qui se retire elle-même, malgré son mari, le confesseur ne peut

l’absoudre que dans le cas d’une vraie douleur et du ferme propos. Si

elle en a l’habitude, on ne peut l’absoudre en aucune façon. C’est

pourquoi il faut interroger à ce sujet les femmes qui sont cause que

leurs maris se souillent de l’onanisme, et il faut les avertir

sérieusement qu’elles sont tenues par la loi de la charité à les

détourner de ce crime. Cependant dans le doute si le mari averti agira

bien ou mal, la femme peut rendre le devoir, bien plus, elle y est

tenue; car dans le doute un droit certain ne peut être refusé.» (M.

Rousselot.)

Chez certaines femmes on peut s’y prendre de la manière suivante: on

feint d’entrer dans quelques détails relatifs aux enfants de la

pénitente, car très souvent ce sont les femmes elles-mêmes qui ne

veulent pas la fin du mariage; on l’interroge sur la manière dont elle

les élève et s’ils le sont chrétiennement, etc.--On ajoute ensuite:

«Vous seriez sans doute heureuse si Dieu vous en donnait encore d’autres

pour les élever de même, afin qu’il vous procurassent de nouvelles et

abondantes consolations?» Souvent à ces derniers mots il leur échappe

cet aveu involontaire: «_Ah! mon Dieu, j’en ai déjà bien assez!_--Cette

réponse vous instruit suffisamment et vous dispense d’en dire davantage.

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Il est du devoir des confesseurs de dire aux personnes qui sont sur le

point de contracter mariage les graves obligations du nouvel état

qu’elles vont embrasser. Il sera bon de leur dire que le mariage n’a pas

été institué au profit de la passion grossière de la chair, mais pour

donner à Dieu et à l’Église des enfants qui deviennent un jour des

saints et des habitants du ciel.--On peut ajouter qu’un très grand

nombre d’époux s’abusent, se font illusion sur l’état de mariage et se

persuadent faussement que tout leur est permis, s’y conduisent comme des

êtres sans raison et s’abandonnent sans frein et sans mesure à

l’entraînement de leur passion, et qu’ainsi, ils commettent un grand

nombre de péchés et se perdront très probablement.

Pour leur éviter un aussi grand malheur dans l’autre vie et d’abord tous

les maux de celle-ci qui y conduisent, il faut que le confesseur ait

grand soin de leur inculquer cette grave et capitale vérité, savoir: que

tout ce qui conduit à la fin du mariage, tout ce qui est dans l’ordre de

la procréation et de la génération des enfants est permis; tout ce qui

est contre cette fin de la génération est illicite ou défendu sous peine

de péché mortel; enfin tout ce qui n’est ni suivant ni contre cette fin,

par exemple les baisers, les étreintes et tant d’autres familiarités

conjugales sont ou péchés véniels, lorsqu’ils sont uniquement faits dans

un but voluptueux, ou n’entraînent pas péché lorsqu’ils proviennent

d’une affection mutuelle ou du simple désir d’entretenir ou réchauffer

l’amour conjugal, à condition toutefois qu’il n’y ait pas péril de

pollution. Tout donc peut se résumer sous cette courte formule: ce qui

se fait pour la fin est permis, contre la fin est péché mortel; ni pour

ni contre la fin est ou péché véniel ou nul péché.

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Le confesseur doit encore interroger les époux au sujet des

attouchements impudiques ou autres infamies qu’ils commettent souvent

entre eux. Il peut commencer ainsi: «N’avez-vous rien fait avec votre

conjoint en dehors des choses permises par le mariage, c’est-à-dire des

choses nécessaires à la génération?» S’il répond qu’il y a eu quelque

chose de tel, il faut demander en quoi il consiste, et l’amener à

déclarer enfin s’il y a eu des attouchements ou des exercices honteux;

il faut demander s’il y a eu pollution, ou danger de la souffrir ou de

la procurer.

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COMPENDIUM

ABRÉGÉ

CONTENANT LA SOLUTION

DE

TOUS LES CAS DE CONSCIENCE

SUIVANT

LA DOCTRINE DES CONCILES

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 117 / 211 题