Les baisers et les embrassements dans les parties honnêtes et
honnêtement donnés, quand ils sont donnés et reçus selon les habitudes
du pays, pour cause de devoirs d’urbanité, d’amitié, de bienveillance ou
de réconciliation, avant le départ, au retour, quand même il en
surviendrait quelque délectation vénérienne, pourvu qu’elle soit
aussitôt réprimée, ne sont pas des péchés.
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On ne peut excuser du péché mortel le baiser de bouche à bouche, s’il se
prolonge avec délectation, et surtout s’il est accompagné de
l’introduction de la langue, comme dit _Billuart_; s’il se prolonge avec
une vive délectation, ou qu’il se répète plusieurs fois en mordillant et
suçant les lèvres, ou s’il est _colombinum_, en mettant sa langue dans
la bouche de l’autre, fait de cette sorte, même par jeu ou par légèreté,
ou même pour prouver l’amitié, ce baiser semble influer gravement sur la
commotion charnelle, et, par conséquent, ne peut être excusé de péché
mortel. C’est aussi l’avis de _saint Liguori_. De même, si les baisers
sont faits à des parties insolites, comme la poitrine, etc., on doit les
regarder comme libidineux, ou au moins comme entraînant un grand danger
de libertinage et, par conséquent, comme péchés mortels.
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Quant aux longs embrassements avec compression des corps, ils sont le
plus souvent très libidineux, et souvent accompagnés de violents
mouvements désordonnés, de la pensée et du désir du coït, et peut-être
de la pollution.
Il faut donc interroger le pénitent qui déclare simplement en confession
des embrassements. Un auteur de Saint-Flour assez récent dit très bien:
«Remarquez que souvent les jeunes gens ne savent pas (dans les baisers
et les embrassements) quel esprit les pousse; que tout cela est plein de
dangers, et qu’il est difficile de les excuser de péché mortel quand ils
ont lieu entre personnes déjà capables de libertinage. Aussi, pour ces
raisons, et quand même on n’ait point encore éprouvé les jouissances
vénériennes, il sera sage de différer l’absolution pour ceux qui en ont
l’habitude, surtout lorsque l’on ignore la fragilité de l’autre.»
Toutes les fois, selon _Collet_, que les baisers sont accompagnés de
délectation vénérienne, il faut déclarer la circonstance de la personne,
même innocente, à qui a été donné le baiser; si elle est liée par un
vœu, ou consanguine, ou alliée ou mariée, parce que, dit-il, l’acte
honteux implique la malice du coït auquel il tend de sa nature. Il est
certain cependant que très souvent on ne songe pas au coït.