EXHORTATIONS AUX FORNICATEURS.

Ah! mon frère, songez combien le vice de l’impureté mérite d’être

maudit, puisque non seulement il fait condamner aux peines de l’enfer

celui qui le commet, mais encore, celui qui en est infecté devient

l’esclave du démon et l’instrument de la perdition d’autres âmes, comme

vous en avez fait l’expérience. Vous voyez que l’ennemi du genre humain

s’est servi de vous pour entraîner au péché et à sa perte cette

malheureuse femme qui est à vos côtés.

Dites-moi, femme, avez-vous péché contre l’impureté quand vous étiez

jeune fille?--Je ne sais pas au juste, je crois que non.--Eh bien,

malheureuse! voyez quel gros péché vous avez commis. Il vous a fait

perdre la grâce, l’honneur, les biens de ce monde et les trésors de

l’éternité; peut-être que, bientôt, vous vous livrerez à une vie

coupable, et le démon se servira de vous comme d’un appât, pour pousser

les âmes dans les enfers. Car c’est ce qui arrive à beaucoup de femmes;

après être tombées dans le péché, elles s’abandonnent à tous les excès

d’une vie dissolue: vous aurez à répondre au tribunal de Dieu des péchés

que vous aurez commis et de ceux que vous aurez fait commettre. Quel

scandale vous avez donné! C’est de vous que Jésus-Christ a voulu parler

quand il a dit: il eût été préférable qu’on lui eût attaché une meule de

moulin au cou et qu’on l’eût précipité au fond de la mer.

_Excuse._--Mon père, la personne avec laquelle j’ai péché était une

femme publique.--Ah! mon frère, la qualité de la femme ne peut être

invoquée pour excuse, pas plus que vous ne pourriez vous justifier

d’avoir frappé à coups de couteau une personne en prétextant qu’elle

était déjà atteinte de plusieurs blessures.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Pendant que Her et Onan se livraient au péché d’impureté, ils furent

frappés de mort dans le lit où ils étaient couchés, aux côtés de leurs

femmes. (Dans l’écriture sainte, _Nombre XXV_.) Pendant qu’un homme

forniquait vilainement avec une femme, survient au même lieu un prêtre

nommé Finées. Le ministre de Dieu, dans un accès de saint zèle, se jeta

sur les coupables, le poignard à la main, et les tua sur l’heure. Dieu

se montra satisfait de cette action, approuva la conduite de Finées,

l’en récompensa et pardonna à son peuple.

Vous voyez, mon frère, d’après ce passage de l’Écriture, quelle haine ce

péché inspire à Dieu. Notre-Seigneur veut qu’il soit puni en ce monde;

et, à défaut de vengeurs comme Finées, notre Dieu se charge lui-même du

châtiment des coupables. Je vais vous raconter un autre fait qui eut

lieu dans un village de la Catalogne, et dont je puis vous garantir

l’authenticité: Un homme et une femme, qui voulaient forniquer en

secret, s’étaient donné rendez-vous dans la maison d’une maquerelle où

ils avaient pris une chambre dans laquelle ils s’étaient renfermés.

Comme ils y étaient depuis une heure et plus, la maquerelle alla frapper

à la porte et leur cria du dehors qu’il était temps de partir. Ne

recevant pas de réponse elle se retira, mais elle revint à la charge une

deuxième fois, puis une troisième fois sans plus de succès; elle

commença alors de craindre qu’un malheur fût arrivé et alla prévenir

l’alcade du village pour lui dire qu’un homme et une femme s’étaient

présentés dans sa maison pour lui demander une chambre, ayant à traiter

d’une affaire très importante, qu’ils s’étaient renfermés dans la pièce

qu’elle avait mise à leur disposition, et qu’après un assez long espace

de temps, ne les voyant pas sortir, elle les avait appelés et que

n’ayant pas reçu de réponse ni entendu aucun bruit de l’intérieur de la

chambre, elle avait craint qu’il ne fût arrivé quelque malheur et

qu’elle s’était empressée de venir l’instruire de ce qui s’était passé

chez elle. A l’instant, l’alcade se rendit à la maison de la maquerelle,

et, ayant été conduit jusqu’à la porte de la chambre, il appela à haute

voix en ordonnant qu’on ouvrît; ne recevant pas de réponse, il commanda

qu’on forçât la serrure. La porte étant ouverte, on se précipita dans la

pièce et voilà le spectacle qui s’offrit aux yeux des assistants: Dieu

tout puissant! Les deux infortunés entièrement nus, noirs comme les

démons, à l’état de cadavres, étaient étendus sur le lit, dans la

posture où ils se trouvaient au moment où ils avaient forniqué!... Leurs

âmes étaient déjà aux enfers!... Vous voyez par là, mon frère, comment

Dieu punit les fornicateurs!

Les pornographes sacrés: La confession et les confesseurs Appendice: Pieuses exhortations, par Monseigneur Claret; Mœchialogie, par le R. P. Debreyne; Compendium; et les Diaconales, par Monseigneur Bouvier · 第 34 / 211 题