EXHORTATION ADRESSÉE AUX PERSONNES IMPURES, QUI BOIVENT L’INIQUITÉ COMME
DE L’EAU, QUI NE CONSIDÈRENT PAS LA LUXURE COMME UN PÉCHÉ, OU QUI LA
CONSIDÈRENT COMME UNE CHOSE SANS GRAVITÉ, QUI NE VAUT PAS LA PEINE
D’ÊTRE MENTIONNÉE DANS LA CONFESSION. COMBIEN CES PERSONNES SONT
AVEUGLES!
Il faut que vous sachiez, mon frère, que la luxure est un péché mortel.
En commettant des actes de luxure vous vous mettez en opposition
formelle avec le VIe précepte de la loi de Dieu. Après l’action de tuer,
c’est le plus gros péché dont on puisse se rendre coupable à l’égard du
prochain. Dans le Ve commandement, Dieu nous défend de tuer, et dans le
VIe, il nous interdit les choses indécentes. La luxure est un plus grand
péché que le vol. Ceux et celles qui s’abandonnent à la luxure méritent
l’enfer.
Pour vous faire comprendre la malice de ce péché, j’invoquerai la raison
naturelle. Vous saurez, mon frère, que le Créateur a mis en nous une
inclination très forte vers les choses de la luxure, parce que si
l’homme eût été comme une statue, sans ressentir les aiguillons de la
chair, le genre humain eût disparu de la terre en fort peu de temps.
Mais les hommes, se sentant poussés à l’acte charnel, ont établi le
mariage; ils épousent une femme et peuvent alors faire ce que permettent
les lois du mariage et donner satisfaction à cette passion d’une manière
légitime et sans qu’il en résulte le moindre désordre. Ils opèrent comme
le mécanisme d’une montre et doivent travailler dans un ordre parfait à
la propagation du genre humain. Mais, j’ai dit qu’ils doivent travailler
dans un ordre parfait, pour indiquer que les choses ne doivent pas
s’accomplir selon les goûts et les caprices de chacun; en agissant
autrement, on se rendrait coupable de très graves délits et on
encourrait les plus terribles châtiments en ce monde et dans l’autre.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le vice de l’impureté est très répréhensible et porte un grave préjudice
à celui qui s’y adonne. Pour me faire mieux comprendre de vous, je vais
faire une comparaison. Je vous ai déjà dit que le Créateur avait donné à
l’homme ces inclinations pour la conservation et la propagation de
l’espèce; s’il n’en était pas ainsi, le genre humain aurait bien vite
fini; mais les choses doivent aller avec ordre, en leur temps et en leur
lieu. En procédant autrement, on occasionnerait des maux sans nombre,
des préjudices considérables qui affecteraient l’espèce et amèneraient
sa destruction.
Vous savez ce que c’est que la poudre et vous connaissez ses propriétés?
La poudre s’emploie pour différents usages, pour la chasse, pour la
guerre, etc... mais dans un ordre déterminé et selon certaines
conditions. Supposez que la poudre vienne à manquer, par exemple,
qu’elle s’enflamme dans les fabriques, ou qu’elle prenne feu dans la
gibecière des chasseurs ou dans les gibernes des soldats; aurait-elle
servi à quelque chose d’utile? Non, au contraire, elle aurait occasionné
de grands malheurs pour les ouvriers employés dans les poudrières, pour
les chasseurs et pour les soldats, comme cela est arrivé maintes fois et
aurait fait bien des victimes. Faites maintenant l’application de mon
raisonnement: ceux qui se livrent à la lubricité, comme vous le faites,
non seulement ne travaillent pas dans l’intérêt du genre humain et selon
les desseins du Créateur, mais encore ils nuisent à eux-mêmes et
abrègent leurs jours par les tourments et les souffrances qu’ils
attirent sur eux pendant cette vie et ils s’exposent à de grands
châtiments pour l’autre monde.