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... Le record de la distraction est certainement détenu par un monsieur
qui prend ses repas dans une pension où je vais quelquefois.
Hier matin, j'arrive très en retard. Presque tout le monde finissait de
déjeuner.
Je prends des sardines et, en songeant à autre chose, je les passe au
susdit monsieur qui grignotait un dessert quelconque.
Le pauvre homme saisit la boîte et, docilement, se sert une sardine
qu'il mange d'un air de candeur inexprimable.
Tous les gens autour de nous ont ri comme des bossus. Le monsieur s'est
aperçu de son étourderie et c'est grand dommage, car je me serais amusé
à le faire _redéjeuner_ totalement.
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... Fragment de conversation entre mon jeune ami Pierre et sa maman:
--T'es-tu bien promené, Pierre?
--Oh! oui, m'man! j'ai assez rigolé!... Et puis, tu sais pas ce que j'ai
vu? Devine.
--Mais je ne peux pas deviner.
--Quelque chose d'épatant: une _nounou nègre_!
--Que vois-tu de si extraordinaire en cela?
--Tu trouves pas ça épatant, toi? Eh ben! zut, t'es pas dure!... Tu sais
pas l'effet que ça me fait à moi, une nounou nègre?
--Dis un peu.
--Eh ben! l'effet que ça me fait, c'est que le gosse doit téter du café
au lait!
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... Maintenant que le gentleman en question vogue entre le Havre et
New-York, je peux bien conter l'histoire.
Le gentleman en question est rédacteur important dans un _Chicago
Tribune_ quelconque.
On m'a présenté à lui comme étant Maurice Barrès. Joie débordante du
Yankee.
J'ai subi une _interview_ des plus corsées.
À la grande satisfaction de mes camarades, j'ai bourré mon homme de
documents infiniment contestables et d'idées personnelles, semblant
provenir de Ville-Evrard, au sujet de révolution littéraire et
artistique de notre belle France.
Ce journaliste américain fut tellement ravi d'avoir fait la connaissance
de Barrès qu'il nous invita tous, le soir même, au Helder, où nous avons
fait un dîner, mes petites chéries, je ne vous dis que ça!
Je ne sais pas encore comment Barrès prendra la chose quand il recevra
le journal d'Amérique.
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... Il faudrait le pinceau de Goya pour dépeindre le ravissement où me
plongea la lisance des feuilles d'aujourd'hui.
L'abondance des matières nous force, à notre grand regret, à écourter
les citations.
Au choix:
D'abord, dans l'_Éclair_, une chronique de Gerville-Réache qui débute
par cette phrase définitive et lapidaire:
_Il y a quatre aspects dans Victor Schoelcher._
Quatre, seulement?
Êtes-vous bien sûr, Gerville, de n'en avoir pas oublié un petit?
Dans le _Petit Niçois_, une circulaire du général Poilloüe de
Saint-Mars, commandant du 12e corps, dans laquelle je relève une
observation frappée au coin du bon sens:
_Le pied du soldat est un organe d'une très grande importance_ (sic).
Votre remarque, mon général, est très juste.
C'est même grâce à cette considération que les conseils de revision
hésitent rarement à réformer un cul-de-jatte.
Ah! je ne lis pas souvent les journaux, mais quand je les lis, je ne
m'embête pas!
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... Quai des Phocéens, à côté du _New-Garden Bar_, il y a un grand
marchand de liquides et de produits de toutes sortes, lequel se nomme
Berlandina.
Le Captain Cap me donna une excellente idée, c'était d'aller proposer à
cet industriel de lui composer une chanson-réclame dont le refrain
serait: