D’une femme que tout le monde admire et trouve superlativement belle.
La regarder froidement, et dire en levant les yeux au ciel:
--Oui. Elle me rappelle un notaire que j’ai bien aimé!
D’un homme qui prend du ventre:
--Il bâtit sur le devant.
* * *
_Page 5._ FARCES DIVERSES POUR TOUTES LES SAISONS.
Entrer au bras d’un ami,--qu’on n’a pas prévenu,--dans un magasin
quelconque, et s’exprimer, non pas dans une langue étrangère (on
pourrait trouver à qui parler), mais dans une langue inventée.
Exemple:
--_Balacla tomar epsin molinod cummus no ferra pribumel van gomallet
rusine._
La marchande, ou le marchand, tend l’oreille, et murmure gracieusement:
--Je ne comprends pas.
L’ami devient écarlate.
Continuer alors, en désignant un objet:
--_Zémi réazor changuerbem souls vollis flan?_
--Combien ceci? fait la marchande, se croyant sur la trace; trente-deux
francs cinquante centimes, monsieur.
--_Stoltz?_
--Trente... deux... francs! francs!... répète la marchande avec une
télégraphie de tous les doigts.
--_Boum rosa! Boum rosa! Tiglitir?_
Poursuivre, sur cette donnée, jusqu’à complète apoplexie de votre
ami,--ou jusqu’à la fureur soudaine de la marchande.
Effet certain.
* * *
Au théâtre, crier: _bravo Arnal!_ lorsque c’est Mélingue qui joue.
Et, lorsque madame Thierret est en scène, se pencher vers son voisin de
stalle, en disant assez haut pour être entendu.
--Cette Déjazet aura toujours vingt ans!
* * *
_Pages 9 et suivantes._ IMITATIONS ET TOURS D’ADRESSE.
Imiter avec la voix et avec les pieds un régiment qui passe, le bruit
des tambours et des commandements répétés, ainsi que la marche du père
Bugeaud et l’air de la _Reine Hortense_.
* * *
Imiter, derrière un paravent, ou simplement le dos tourné:
Le rabot;
La scie;
Un enfant indisposé;
Une bouteille qu’on débouche;
L’orage;
Les gazouillements d’une volière;
Les chants de l’étable;
L’herbe qui pousse.
* * *
Imiter la fanfare du coq dans ses trois tonalités bien distinctes:
D’abord, glapissante et cassée, un vieux coq:--_Je m’en vais quand je
veux!_
Puis, retentissante, un coq dans la force de l’âge:--_Je m’en vais
quand je veux!!_