I
Minuit sonne.
Par une belle gelée de février, enveloppé d’un paletot insuffisant, le
menton perdu dans un cache-nez, il arpente le trottoir du boulevard des
Italiens.
Une femme en domino est à son bras.
Arrivés au coin de la rue Le Pelletier, où se tiennent des gardes à
cheval à côté des ifs lumineux, ils jouent des coudes à travers la
foule; ils pénètrent tous deux jusque sous l’auvent de l’Opéra.
De son costume, à lui, on ne distingue encore qu’un gigantesque plumet
et des bottes à la russe.
Il se redresse devant le contrôle; il se débarrasse de son cache-nez,
et, comme pour essayer ses moyens, il lance d’une voix de stentor ce
nom aux employés:
--Monsieur Guizot!