Qu’il y ait une histoire sinistre sous ces paroles, on ne peut pas en
douter. Seulement, les renseignements me manquent--ainsi que pour cette
autre locution, qui m’a souvent fait rêver: «_Croquer le marmot._»
Il est évident qu’il y a eu autrefois un marmot de croqué par quelqu’un
qui s’impatientait.
Ça, revenons à notre cadavre.
Il y a des cadavres de toutes sortes et de toutes dimensions: des
cadavres bien embaumés dans des cercueils de cèdre; de jolies momies
ornées de bandelettes élégantes; des cadavres poétiques enfin,--comme
la tête de cet amant qu’une femme des contes de Boccace enterre dans un
pot de fleurs.
Il y a aussi des cadavres horribles, défigurés, crispés, que le coup
de pelle d’un paysan expose soudainement au grand jour, et qui n’ont
d’autre linceul qu’un haillon taché de sang...