SCÈNE VII ET DERNIÈRE

<La chambre de la scène première.--La mère, seule, assise sur une

chaise et pleurant.>

UNE VOIX DU CIEL. Humble femme, il est tard; les bruits s’éteignent

dans le village; tu as travaillé toute la journée; tes genoux tremblent

de fatigue; la lassitude est peinte sur ton visage; il est tard. Cesse

de pleurer, ou plutôt endors-toi dans tes larmes; cherche un apaisement

dans le sommeil, pauvre cœur meurtri. Oublie et pardonne; oublie les

lâchetés et les ingratitudes; pardonne aux goujats et aux méchants.

Endors-toi en priant: tes douleurs cesseront bientôt, et tu seras

glorifiée alors pour tout ce que tu auras souffert.--Saintes fleurs

du peuple, tristes fronts courbés dans la poussière, Dieu vous voit

et vous bénit; il sait vos insomnies en attendant l’époux enivré et

brutal; il compte vos supplications au fils détourné et farouche. Vous

êtes les âmes naïves, vous êtes les âmes tendres à qui une éternité

d’amour est promise. Endors-toi, pauvre mère, endors-toi, et je te

ferai voir en rêve la couronne qui t’attend, ainsi que la robe étoilée

dont tu seras revêtue le jour où tu monteras au Ciel! (<La mère

s’endort.>)

Les femmes qui font des scènes · 第 68 / 248 题