SCÈNE VI

<Le soir. Une tente ornée de drapeaux tricolores, avec cette

inscription: BAL MOREL.>

UN EMPLOYÉ DU BAL. En place! en place, pour le quadrille!

UN PAYSAN. Viens, Denise.

UNE PAYSANNE. Je veux bien; où est Marie? (<Criant.>) Marie! ici!

viens donc!

L’EMPLOYÉ. Un vis-à-vis! un vis-à-vis!

UN COUPLE. Voilà! (<On se place. La musique joue. Le frère de la

rosière, ivre, traverse les groupes.>)

UN DANSEUR. Hé! faites attention.

LE FRÈRE. De quoi?

UN PAYSAN. Tiens, c’est Auguste. Oh! là, là, Auguste!

UN AUTRE. Est-ce que ta sœur va bientôt venir?

LE FRÈRE. Colle-moi la paix avec ma sœur...

VOIX DIVERSES. Voilà la rosière! Vive la rosière! (<On monte sur les

banquettes.>)

UN PARISIEN. C’est là une rosière? Je demande la tête de Florian!

UNE PARISIENNE. Elle a des gants de coton.

L’EMPLOYÉ. En place! en place!

UN ZOUAVE, <s’approchant de la rosière>. Mademoiselle, vous m’avez

promis un quadrille?

LA ROSIÈRE. Le second, oui, monsieur; je danse celui-ci avec M.

Maillard.--Mais qu’est-ce que vous avez à la joue? du sang...

LE ZOUAVE. Oh! ce n’est rien; une égratignure... Un polisson qui se

permettait des plaisanteries sur vous...

LA ROSIÈRE. Sur moi?

LE ZOUAVE. Soyez tranquille, mademoiselle, je viens de lui donner son

compte; il en a pour huit jours de lit.--Tenez, le voilà qu’on emporte.

LA ROSIÈRE. Ah! mon Dieu! c’est mon frère!

M. MAILLARD. Mademoiselle Thérèse, le quadrille commence. Votre main,

s’il vous plaît?

Les femmes qui font des scènes · 第 66 / 248 题