Si vous m’aimez, laissez-moi vertueuse!
Éloignez-vous, Ernest, éloignez-vous!
ALPHONSE. Crapule d’Ernest!
HERMANCE. Deuxième couplet, messieurs. Je crois que je l’ai pris un peu
haut.
CATHALA <sombre, à part>. Si jolie!
HERMANCE. On ne change pas d’air.
Vous le savez, mon mari vient d’apprendre
Qu’il est trompé par moi, qu’il aime tant!
Au saint autel, ah! laissez-moi me rendre;
Je dois me rendre ou m’enfouir au couvent...
ALPHONSE, <roulant sous la table>. Non, non! assez! assez!
CATHALA, <à Jeanne>. Qu’est-ce qu’a donc Alphonse?
HERMANCE, <à Jeanne>. La musique fait trop d’impression à votre
époux. Je vais passer au dernier couplet.
JEANNE. Oui, c’est cela.
HERMANCE. Ce n’est plus la femme qui parle.
Deux mois plus tard, dans la sainte chapelle,
Aux doux accords des cantiques pieux,
Sœur Amélie, aussi pâle que belle,
Prenait le voile et prononçait ses vœux.
Le même jour, étendu sur la pierre,
Ernest mourait à la maison des fous,
Et murmurait, en fermant la paupière:
Éloignez-vous, de grâce, éloignez-vous!