«Monsieur mon frère, si je pouvois moi-même estre si heureuse que
de pouvoir aller témoigner à Votre Majesté l'extrême joie que j'ai
de la bénédiction qu'il a plu à Dieu lui envoyer par la grossesse
de la Reyne, ma sœur, elle connoistroit par ma diligence mon
ressentiment; mais ne le pouvant j'ai cru que ce gentilhomme que
j'envoie suppléeroit à mon intention, et que Votre Majesté
prendroit en bonne part le témoignage de mon ressentiment, priant
Dieu de lui vouloir envoyer la joie parfaite par un fils. Aussi
j'ai cru de mon devoir d'avertir Votre Majesté de l'arrivée de ma
cousine la duchesse de Chevreuse en ce pays. J'espère qu'elle ne
recevra point de mauvais traittement pour estre venue ici, et que
Votre Majesté lui fera l'honneur et à moi aussi qu'elle puisse
jouir de son bien, selon qu'il a été arresté devant son partement
de France. Je ne la ferai plus longue de peur d'importuner Votre
Majesté. Me remettant à sa bonté ordinaire, je demeurerai à
jamais, Monsieur mon frère, votre très-humble et très-obéissante
sœur et servante, HENRIETTE MARIE R.»
[398] Manuscrits de Colbert. fol. 1. Manque dans le _Suppl.
franç._
[399] Man. de Colbert, fol. 2. Manque dans le _Suppl. franç._