LA REINE D'ANGLETERRE AU MÊME[399].

«Monsieur mon frère, si je pouvois moi-même estre si heureuse que

de pouvoir aller témoigner à Votre Majesté l'extrême joie que j'ai

de la bénédiction qu'il a plu à Dieu lui envoyer par la grossesse

de la Reyne, ma sœur, elle connoistroit par ma diligence mon

ressentiment; mais ne le pouvant j'ai cru que ce gentilhomme que

j'envoie suppléeroit à mon intention, et que Votre Majesté

prendroit en bonne part le témoignage de mon ressentiment, priant

Dieu de lui vouloir envoyer la joie parfaite par un fils. Aussi

j'ai cru de mon devoir d'avertir Votre Majesté de l'arrivée de ma

cousine la duchesse de Chevreuse en ce pays. J'espère qu'elle ne

recevra point de mauvais traittement pour estre venue ici, et que

Votre Majesté lui fera l'honneur et à moi aussi qu'elle puisse

jouir de son bien, selon qu'il a été arresté devant son partement

de France. Je ne la ferai plus longue de peur d'importuner Votre

Majesté. Me remettant à sa bonté ordinaire, je demeurerai à

jamais, Monsieur mon frère, votre très-humble et très-obéissante

sœur et servante, HENRIETTE MARIE R.»

[398] Manuscrits de Colbert. fol. 1. Manque dans le _Suppl.

franç._

[399] Man. de Colbert, fol. 2. Manque dans le _Suppl. franç._

Madame de Chevreuse Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du 17e siècle · 第 36 / 119 题