Lorsque Claudine parvint en Angleterre, en compagnie de Grippard, elle
trouva son frère, sinon hors de danger, du moins presque assuré de
guérir. La balle s'était logée dans la poitrine sans léser aucune partie
noble. Le chirurgien avait sondé la plaie et croyait pouvoir répondre
du malade, au cas où il n'arriverait aucun accident imprévu. Cornélius
avait choisi une petite maisonnette propre et commode, dans un quartier
retiré de la ville, loin du bruit et de l'agitation du port. Il y avait
un petit jardin autour de la maison, dont les fenêtres donnaient du côté
de la mer. Le chirurgien venait deux ou trois fois par jour; Cornélius
et la Déroute se relayaient au chevet de Belle-Rose. L'entrevue de
Cornélius et de Claudine fut entremêlée de joie et de larmes: ils
avaient mille choses à se dire mutuellement; mais sur ce que Claudine
lui apprit touchant la disparition de Suzanne, Cornélius la pria de n'en
pas parler à Belle-Rose, que cette nouvelle pouvait mettre en danger de
mort. On expliqua au blessé la présence de Claudine par le désir bien
naturel qu'elle avait éprouvé de se rendre auprès de son frère aussitôt
qu'elle avait eu connaissance de l'état où Bouletord l'avait laissé. Les
jours s'écoulaient tristement entre ces trois personnes, qui craignaient
pour la vie de l'amant et pour la liberté de l'amante également
menacées. Tout leur bonheur avait été brisé au moment même où il
semblait n'avoir plus rien à redouter. On n'avait aucune nouvelle de
France; la guérison de Belle-Rose se faisait lentement; Grippard, qu'on
avait renvoyé à Paris pour connaître le sort de Suzanne, n'avait pas
écrit une seule fois. Cornélius avait Claudine pour consolatrice, et
c'en était une assez agréable pour qu'il trouvât quelque douceur à
vivre; Claudine avait Cornélius, et c'était un grand soulagement à ses
peines; mais la Déroute n'avait pour toute raison de patienter que sa
fureur contre Bouletord. Il passait son temps à maugréer comme un beau
diable, et c'était une chose plaisante à voir que l'opposition de sa
figure placide et paisible avec les horribles serments qu'il entassait
du matin au soir. A mesure que Belle-Rose entrait en convalescence, il
demandait plus fréquemment des nouvelles de Suzanne, et s'étonnait de
n'en pas recevoir. Un jour la Déroute, n'y tenant plus, se présenta
devant Cornélius et Claudine tout équipé, avec de grosses bottes, un
grand manteau sur l'épaule, une rapière au côté et une valise sous le
bras.
--Monsieur, dit-il rapidement à Cornélius, comme un homme qui ne veut
pas souffrir d'objection, je viens vous demander vos commissions ainsi
que celles de Mlle Grinedal.
--Où diable vas-tu dans cet équipage?
--A Paris.
--Tu t'y feras prendre.
--Bah! les balles et les boulets ne m'ont pas encore attrapé, et ce
n'est pas Bouletord qui fera ce qu'ils n'ont pu faire. Tenez, monsieur,
traitez-moi de coeur de poulet si vous voulez, mais les plaintes de mon
capitaine m'arrachent l'âme; j'aurai des nouvelles de Suzanne, je saurai
ce que cet enragé de M. de Louvois a fait d'elle, et je la sauverai ou
j'y laisserai ma peau. Le bout du doigt ou seulement une lettre de
Mme d'Albergotti vaudrait mieux pour guérir mon capitaine que tous ces
ingrédients de toutes sortes qu'on met sur sa blessure.
Cornélius et Claudine prirent chacun une main de la Déroute et la
serrèrent fortement.
--Va, lui dirent-ils, et que Dieu te conduise.
--Oh! reprit-il avec son sourire tranquille, j'ai bon pied, bon oeil et
bonne épée. J'aurai fait bien du chemin quand le capitaine Belle-Rose
viendra me joindre.
--Comment te joindre? Veux-tu donc qu'il aille se faire remettre à la
Bastille? s'écria Cornélius.
--Ah çà! voyons, reprit la Déroute, croyez-vous que mon capitaine soit
homme à rester les bras croisés quand il saura que Mme d'Albergotti est
sous les verrous d'un couvent? Est-ce vous qui le retiendrez à Douvres?
là! voyons, vous en chargez-vous?
--Tu as raison, dit Claudine en secouant la tête, Jacques partira.
--Eh! morbleu! je le sais bien! il partira aussitôt que vous lui aurez
tout appris. Je vais préparer les étapes.
La Déroute embrassa Belle-Rose à qui il dit seulement, de son air
bonhomme, qu'il allait prendre langue à Paris pour savoir où en étaient
leurs affaires, et partit le soir même sur le bateau d'un pêcheur qui,
par animosité nationale, allait prendre son poisson sur les côtes de
France. Tout en jetant ses filets à la mer, il pouvait bien jeter la
Déroute sur le rivage.
Un soir, vers dix heures, tandis que Cornélius et Belle-Rose, qui était
déjà en état de se lever et de marcher, causaient auprès de Claudine,
ils entendirent dans la rue un grand cliquetis d'armes et des cris
entrecoupés. Cornélius sauta sur son épée et courut à la porte.
Belle-Rose en fit autant.
--Eh! Jacques, y penses-tu! s'écria Claudine; ta blessure n'est pas
fermée encore.
--Est-ce une raison pour laisser assassiner les gens? répondit
Belle-Rose.
Et il descendit l'escalier sur les pas de Cornélius.
La rue était obscure, c'était un endroit écarté où il y avait de grands
murs longeant de vastes jardins. Au moment où les deux amis ouvraient la
porte, ils entendirent crier à l'aide.
--C'est un Français! dit Belle-Rose; et puisant dans son courage une
force nouvelle, il se précipita vers le lieu d'où partaient ces cris.
Au bout de trente pas, Cornélius et lui se trouvèrent devant trois ou
quatre hommes qui en chargeaient un autre acculé dans l'angle d'un vieux
mur. Celui qu'on attaquait se faisait un bouclier de son manteau roulé
autour du bras gauche et répondait par des coups rapides à tous ceux
qu'on lui portait. Bien qu'il se montrât adroit et déterminé, le combat
engagé de cette manière ne pouvait durer longtemps. Belle-Rose et
Cornélius, l'épée haute, tombèrent sur les assaillants, qui, se voyant
surpris, résistèrent d'abord et prirent la fuite après; l'un d'eux,
frappé par Belle-Rose, fit quelques pas en chancelant, et tomba sur
les genoux. Ses camarades revinrent sur leurs pas, le saisirent et
l'emportèrent. Comme Belle-Rose et Cornélius s'apprêtaient à les
poursuivre, l'étranger les arrêta.
--Laissez, leur dit-il, je connais ces braves gens.
Cornélius et Belle-Rose, tout étonnés, regardèrent l'étranger.
--Oh! reprit-il, c'est un petit démêlé que nous avons eu ensemble;
je vous conterai ça, si vous voulez bien ajouter à votre vaillante
intervention la galanterie d'un verre d'eau. Ce petit combat m'a fort
échauffé, et je ne serais point fâché d'ailleurs de voir si les épées
de ces bonnes gens n'ont pas égratigné autre chose que mon habit. Je me
sens par-ci par-là quelques petites démangeaisons qui m'inquiètent pour
ma peau.
Belle-Rose et Cornélius conduisirent le Français à leur logis, où ils
trouvèrent Claudine fort inquiète qui les attendait sur le pas de la
porte. Quand la lumière de l'appartement donna sur eux, on s'aperçut
que Belle-Rose avait sa chemise et son haut-de-chausses tout couverts de
sang.
--Seriez-vous blessé? cria vivement l'étranger.
--Je ne crois pas, monsieur; c'est une récente blessure qui doit s'être
rouverte dans l'action.
--C'est toujours du sang versé pour moi, dit l'étranger avec noblesse;
le sang lie.
Et il tendit sa main à Belle-Rose, qui la serra. Tout compte fait,
l'étranger avait cinq ou six égratignures; son manteau, ayant presque
tout paré, était horriblement troué.
--Messieurs, dit l'étranger en saluant, je suis le comte de Pomereux,
envoyé de M. de Louvois.
A cette qualification, les deux amis échangèrent un rapide coup d'oeil.
--Ma foi, monsieur, lui répondit Belle-Rose, me pardonnerez-vous si je
n'imite pas votre franchise? Je suis Français comme vous, mais de graves
motifs m'obligent à cacher mon nom.
--Le bras me répond du coeur, repartit M. de Pomereux; le reste ne me
touche pas.
Au nom de M. de Pomereux, Claudine avait tressailli et l'avait regardé
furtivement. Elle allait et venait par la chambre, préparant des verres
de vin sucré et des compresses; puis, quand tout fut en état, elle
se retira, craignant d'être reconnue par le comte, qui l'avait vue
quelquefois à Malzonvilliers. Ce pouvait être une découverte fâcheuse de
la part d'un envoyé de M. de Louvois.
--Monsieur, dit M. de Pomereux en s'adressant à Cornélius quand Claudine
se fut éloignée, les gens de votre nation,--car, à votre accent,
j'imagine que vous êtes Anglais?...
--Irlandais, monsieur, répondit Cornélius.
--Parfaitement; je ne me trompais que d'un détroit; les gens de votre
nation, dis-je, ont d'étranges moeurs. J'ai failli être tué parce qu'il
m'a semblé que certaines femmes de ce pays avaient l'impertinence d'être
aussi jolies que les Françaises.
--Quoi! pour cela seulement? dit Belle-Rose.
--Eh! mon Dieu, oui. C'est une supposition dont je voulais connaître à
fond l'erreur ou la vérité. Or, étant à Douvres, attendant une dépêche
de notre ambassadeur à Londres, je fis rencontre d'une de ces insulaires
qui n'aurait point été déplacée à la cour de notre grand roi. Je
m'ennuyais fort, et, pour passer le temps d'une manière utile,
j'employai mon esprit à pénétrer au logis de la dame.
--Toujours pour l'étude qui vous tenait à coeur? dit Cornélius.
--Toujours, monsieur. J'y réussis, et je pus me convaincre que les dames
de la bonne ville de Douvres savaient apprécier le peu de mérite qu'on
acquiert à la cour de notre glorieux monarque. Ce fut une découverte qui
allait me réconcilier avec l'Angleterre, lorsque le mari,--car il y a un
mari, messieurs...
--Il y a toujours un mari, fit observer Belle-Rose, que l'humeur
plaisante de M. de Pomereux distrayait.
--Il y en a même souvent deux: le connu et l'inconnu, qui est parfois un
cousin. Ici, il n'y en avait qu'un; mais il était doublé de deux frères
et d'un beau-frère. Je ne sais qui fit à toute cette parenté-là des
rapports sur l'honnêteté de mes relations avec la dame, lesquelles
étaient toutes pour l'amour de la science. Le mari fit répandre le bruit
qu'il partait pour Londres; et tandis que, confiant dans sa parole,
j'allais m'introduire au logis de la dame, il m'a chargé avec le ban
et l'arrière-ban de sa famille. Sans vous, messieurs, je ne m'en tirais
pas.
--C'eût été fâcheux pour la science, dit gravement Cornélius.
--C'est un procédé monstrueux, monsieur! s'écria le comte avec une
indignation comique. Voilà de ces choses qu'on ne se permet pas en
France. Ah! fi! vouloir tuer un homme parce qu'il fait la cour à votre
femme; mais il n'y a plus de sécurité pour les amants! Quoi! on fait
semblant de partir, on part même, puis on revient en catimini, on
s'embusque derrière un mur, on attend l'heure du berger, et quand
l'amant se croit bien tranquille et presque heureux, tout à coup on
fond sur lui, pestant et jurant, afin de tout massacrer! Voilà qui est
sauvage, barbare, anthropophage, musulman!
--Il est de fait, observa Cornélius, que ça ne se conçoit pas. Un mari
bien appris vous eût tendu une échelle pour grimper à son balcon.
--Oh! pardieu! je ne lui en demandais pas tant, et je me serais tenu
pour satisfait s'il fût seulement resté tranquille.
--Voilà qui est honnête.
--Le fait est que j'en ai mon habit tout tailladé. Un habit du bon
faiseur que j'avais fait venir tout exprès de Paris, et comme il ne s'en
trouve pas un second à Douvres; cela crie vengeance.
--Dame! dit Cornélius, s'il vous a gâté un peu de satin, j'ai tout lieu
de croire, à la couleur de votre épée, que vous lui avez gâté un peu de
chair. Partant, quittes.
--Ma foi, monsieur, vous estimez bien peu le satin coupé à la mode de
la plus fine galanterie. Et puis, il n'y a guère que celui qu'a frappé
monsieur, ajouta-t-il en se retournant du côté de Belle-Rose, qui se
souviendra de l'aventure.
--Je suis enchanté de vous avoir secouru, dit Belle-Rose, mais je serais
fort aux regrets de l'avoir tué.
--Oh! ne craignez rien, c'est le mari. Cette sorte d'Anglais a la vie
très dure. Après ça, continua M. de Pomereux, l'aventure a ce bon côté,
qu'elle me déterminera de passer en France, lettre reçue. Je suis guéri
des bonnes fortunes britanniques: on n'y saurait aimer que la dague au
poing. Je rentre à Paris et vais me marier.
--Vous? fit Cornélius.
--Parbleu! je serai, sur ma parole, un merveilleux mari. C'est un
mariage auquel j'ai pris goût parce que la dame n'en veut pas. Il est de
la façon de M. de Louvois.
--Ah! fit Belle-Rose.
--C'est un ministre qui se mêle un peu de tout. Il a eu l'idée
triomphante de me donner pour femme une personne qu'il a mise dans un
couvent.
A ces mots, Cornélius tendit l'oreille.
--Voilà qui est plaisant, dit-il.
--Oui, c'est une petite vengeance de mon magnifique cousin. Il paraît
que la dame a pour fiancé un certain M. Belle-Rose qui s'est évadé.
Ce fut au tour de Belle-Rose à tressaillir.
--Belle-Rose! s'écria-t-il.
--Vous le connaissez? demanda le comte.
Cornélius pressa le genou de Belle-Rose pour l'engager à se contraindre.
--Oh! fit-il, je l'ai connu en Flandre, alors qu'il était sergent au
régiment de La Ferté.
--Sergent! répéta M. de Pomereux d'un petit air dédaigneux. Ah çà! quel
homme est-ce donc?
--Mais un homme à peu près de ma taille et de mon air, qui manie
passablement l'épée et qui passe pour un fort honnête soldat.
--Ah! ah! et c'est ce monsieur-là qui s'est fait aimer de Mme
d'Albergotti?
--Elle l'aime donc toujours? s'écria Belle-Rose d'une voix émue.
--Si elle l'aime? dites donc qu'elle l'adore! Les femmes ont de ces
idées! c'est incroyable... Me voilà, moi qui vous parle, qui suis comte,
parent de M. de Louvois, j'aurai un régiment au premier jour, et l'on
n'est pas mal tourné, que diable! Eh bien! monsieur, Mme d'Albergotti,
qui est au couvent, m'a refusé tout net.
--Noble coeur! dit tout bas Belle-Rose.
--Ah! vous trouvez! fit M. de Pomereux qui l'avait entendu. Eh bien! ma
foi, j'ai fait comme vous... et ce qu'il y a de plus étrange, c'est que
je l'ai prise en grande estime. Oui, sur ma parole. Elle m'a paru si
simple, si chaste en toute chose, que je me suis mis à l'aimer tout de
bon.
--Ah bah! fit Cornélius qui pressa le bras de Belle-Rose, dont les yeux
étincelaient.
--C'est, ma foi, vrai, ou peu s'en faut. Que diable! on est gentilhomme,
et je ne veux pas qu'elle meure dans un couvent.
--Elle n'y mourra pas, dit Belle-Rose d'une voix profonde.
--C'est aussi mon opinion, reprit M. de Pomereux; malheureusement ce
n'est pas l'avis d'un certain M. de Charny, à qui mon précieux cousin a
commis le soin de cette affaire.
--M. de Charny? répéta Belle-Rose.
--Un certain méchant drôle un peu capable de tout, venimeux comme une
vipère et tenace comme de la glu. Quand il est en conférence avec M. de
Louvois, j'ai toujours peur pour quelqu'un.
--Mais que lui a fait Mme d'Albergotti?
--A lui? rien; mais M. de Charny est un homme qui choie les haines du
ministre comme on fait d'une maîtresse. Il a bien trop à faire de celles
de M. de Louvois, pour en avoir de son cru.
--Quel misérable! dit Cornélius.
--C'est un misérable comme il en faut, dit-on, aux vizirs que nous a
faits le caprice de notre gracieux monarque; muet comme la tombe, prêt
à toute heure, impénétrable comme la nuit. Eh! messieurs, ces drôles-là
ont leurs qualités. Au demeurant, grâce à ma parenté avec notre illustre
ministre, il est quelque peu de mes amis.
--M. de Charny?
--Eh! mon Dieu, oui. Seulement, lorsqu'il me fait l'honneur de manger à
ma table, aussitôt qu'il est parti je fais jeter par la fenêtre tout ce
qu'il a touché, répondit M. de Pomereux en se levant.
Il arrangea les noeuds de ses rubans en se mirant dans une glace,
rajusta son manteau, prit son feutre qu'il avait posé sur un meuble, et
tendit la main aux deux amis.
--Je vais en France, messieurs, leur dit-il; souvenez-vous que si jamais
vous avez besoin d'une bourse ou d'une épée, en quelque circonstance que
ce soit, de jour ou de nuit, de près ou de loin, le comte de Pomereux se
met tout entier à votre disposition.
En prononçant ces paroles, le comte salua Cornélius et Belle-Rose avec
une grâce et une noblesse qui firent concevoir aux deux jeunes gens une
meilleure opinion de son caractère. Quand il se fut retiré, Belle-Rose
appela Claudine.
--Soeur, lui dit-il, nous partons demain.
Au geste qu'elle fit, Belle-Rose l'interrompit par un mot:
--Je sais tout.
--Oui, continua Cornélius, M. de Pomereux lui a tout conté.
--Ainsi, vous le saviez et ne me disiez rien! reprit Belle-Rose avec un
accent de reproche.
--La mort était sur toi, pouvions-nous parler? dit Cornélius.
--Et maintenant encore, ajouta Claudine, c'est à peine si tu es en état
de marcher.
--Il faudrait que je fusse cloué dans une bière pour ne pas partir!
s'écria Belle-Rose.
L'accent de sa voix et l'air de son visage ne permettaient pas
d'objection.
--C'est entendu, reprit Cornélius; et il ajouta en se penchant vers
Claudine:
--La Déroute nous l'avait bien dit.
Les préparatifs furent bientôt faits. On serra les hardes dans une
valise, on se procura des habits grossiers, on mit de l'or dans une
ceinture, on se munit d'armes, et il se trouva le lendemain un de ces
pêcheurs hospitaliers allant à la pêche sur les côtes de France qui
consentit à passer les trois jeunes gens. Ce fut une bonne action qui
lui rapporta dix livres sterling.