CHAPITRE VI.

1327. MARIAGE D'ÉDOUARD III AVEC PHILIPPE DE HAINAUT. (§§ 38 ET

39).

1327. Une ambassade est envoyée en Hainaut avec mission de demander

pour le jeune Édouard III la main de Philippe[205], l'une des

filles du comte Guillaume de Hainaut. Les ambassadeurs vont d'abord à

Beaumont prier Jean de Hainaut de vouloir bien appuyer leur demande et

solliciter son frère en leur faveur; de là ils se rendent au Quesnoy

auprès du comte de Hainaut qui s'empresse de consentir au mariage de

sa fille avec le roi d'Angleterre. La parenté des futurs époux rend

nécessaire une dispense que le pape Jean XXII accorde volontiers, sur

la demande des dits ambassadeurs. P. 74, 75, 282 à 285.--Philippe est

épousée à Valenciennes par deux évêques envoyés par le roi

d'Angleterre et en vertu d'une procuration spéciale. Après la

cérémonie, elle prend congé de ses parents et part pour l'Angleterre

en compagnie de Jean de Beaumont, son oncle, et d'un certain nombre de

chevaliers du Hainaut, notamment d'un jeune écuyer qui devint plus

tard fameux sous le nom de Gautier de Mauny. La jeune reine s'embarque

à Wissant et arrive à Douvres. Cette princesse, qui fut mère de onze

enfants, porta bonheur à l'Angleterre: ce pays fut couvert de gloire

et ne connut ni famine ni disette, tant qu'elle vécut. Philippe de

Hainaut, à peine débarquée, se rend en pèlerinage à Canterbury, elle

passe à Rochester, puis à Dartford; et, après s'être arrêtée à la

résidence royale d'Eltham où elle prend congé de son oncle, elle va

rejoindre son mari Édouard III et Isabelle, la reine mère, à York où

elle était attendue. Après une réception magnifique, le mariage est

célébré solennellement dans la cathédrale de cette ville. A Pâques,

les nouveaux époux vont au château de Windsor, ils font ensuite leur

entrée à Londres où des fêtes de toute sorte, qui durent plus de trois

semaines, et de grandes joûtes sont célébrées en leur honneur. P. 76,

77, 285 à 288.

[205] Dès le 27 août 1326, Isabelle, reine d'Angleterre, s'était

engagée à ne rien négliger pour faire accomplir dans le délai de

deux ans le mariage projeté entre Édouard duc de Guyenne et

Philippe de Hainaut. (Orig. parch., aux Archives du Nord.)

Chroniques de J. Froissart, tome 01/13, 1re partie · 第 59 / 96 题