1327. PRÉLIMINAIRES DE LA PREMIÈRE CAMPAGNE D'ÉDOUARD III CONTRE
LES ÉCOSSAIS (§§ 22 à 27).
Robert Bruce, roi d'Écosse, défie le jeune roi d'Angleterre. P. 41,
257, 258.--Jean de Hainaut, appelé par Édouard III, retourne en
Angleterre. Noms des chevaliers du Hainaut, de la Flandre, du Brabant,
du Hesbaing[185] qui prennent part à l'expédition. Chevaliers du
Hainaut: Gautier d'Enghien, Henri d'Antoing, le seigneur[186] de
Fagnolles, Fastres du Rœulx, Robert et Guillaume de Bailleul son
frère, le seigneur de Havré[187], châtelain de Mons, Alard et Fastres
de Briffœuil, Michel de Ligne, Jean de Montigny le Jeune et son
frère, Sausses[188] de Boussoit, le seigneur de Gommegnies[189],
Perceval de Sepmeries, le seigneur de Floyon, Sanse de Beaurieu, les
seigneurs de Potelles[190], de Wargnies[191], de Vertain[192], de
Blargnies, de Mastaing, Nicolas d'Auberchicourt, le seigneur de
Floursies et le Borgne de Robersart.--Chevaliers de Flandre: Hector
Vilain, Jean de Rhode, Vulfard de Ghistelles, Guillaume van Straten,
Gossuin van der Moere, Jean dit le _duchere_ (seigneur) d'Halluin[193]
et le seigneur de Brigdamme.--Chevaliers du Brabant: le seigneur de
Duffel[194], Thierry de Valcourt, Raes van Gavere[195], Jean de
Gaesbeek[196], Jean Pyliser, Gilles de Quarouble[197], les trois
frères de Harlebeke[198], Gautier de Huldenbergh[199].--Chevaliers
hesbegnons[200]: Jean le Bel[201] et Henri le Bel son frère, Godefroi
de la Chapelle, Hue d'Ohay, Jean de Libyne, Lambert d'Oupeye[202] et
Gilbert de Herck. Jean de Hainaut a aussi sous ses ordres quelques
chevaliers du Cambrésis, de l'Artois et du Vermandois qui portent
l'effectif de sa compagnie à cinq cents armures de fer; et il est
rejoint vers les fêtes de la Pentecôte par Guillaume de Julliers
et Thierry d'Heinsberg qui furent depuis, le premier comte de Juliers
après la mort de son père Gérard VI (en 1329), le second comte de Looz
(en 1336). P. 43 et 44, 261 et 262.
[185] Pays de Liége.
[186] Hugues de Fagnolles.
[187] Gérard d'Enghien, sire de Havré.
[188] Jean, dit Sausses, sire de Boussoit.
[189] Guillaume de Jauche, sire de Gommegnies.
[190] Guillaume, sire de Potelles.
[191] Guillaume, sire de Wargnies.
[192] Eustache, sire de Vertain.
[193] Jean de Halluin, fils d'Olivier, sire de Heitserot,
petit-fils de Roland. Ce Jean mourut au combat de Cadsand en
1337.
[194] Henri Berthout IV, sire de Duffel.
[195] Gavere est en Flandre (à 19 kil. de Gand); mais Raes
(équivalent flamand d'Erasme) van Gavere relevait plusieurs fiefs
du duché de Brabant, notamment ceux de Liedekerke (à 22 kil. de
Bruxelles) et de Hérinnes (Hérinnes-lez-Enghien, à 30 kil. de
Bruxelles).
[196] La seigneurie de Gaesbeek appartenait en 1327 à damoiselle
Béatrix de Louvain, qui avait succédé en 1324 à son frère Jean,
mort sans enfants, et qui fit hommage en 1325 pour la seigneurie
de Gaesbeek à Jean III, duc de Brabant (voyez la belle
publication de M. L. Galesloot, _Livre des feudataires de Jean
III_, p. 26). Guillaume de Hornes, dit de Gaesbeek, succéda vers
1339 à Béatrix, sa cousine germaine, dans la seigneurie de
Gaesbeek. Jean de Gaesbeek m'est inconnu. Serait-ce Jean de
Kesterbeke appelé _Casterbeke_ dans le _Livre des feudataires_,
p. 143?
[197] La forme du texte: _Quaderebbe_ a été assimilée à
Quarouble, Nord, arrondissement et canton de Valenciennes.
[198] Harlebeke est dans la Flandre occidentale (à 15 kil. de
Courtrai), et cette seigneurie appartenait à la branche aînée de
la famille de Halluin: Gautier de Halluin II du nom, sire de
Roosebeke, vicomte de Harlebeke, mourut à Harlebeke en 1338; mais
ses petits-fils, Gautier, Roger et Thierry, fils de Daniel, dont
on ignore trop la date de naissance pour les assimiler sûrement
aux _trois frères de Harlebeke_ de Froissart, pouvaient relever,
comme Raes van Gavere, certains fiefs du duché de Brabant, à
moins que Jean le Bel et notre chroniqueur n'aient confondu
Arnoul, Renier, Jean ou Adam de Holsbeek en Brabant (à 33 kil. de
Bruxelles) avec les seigneurs de Harlebeke. Voyez Galesloot,
_Livre des feudataires_, p. 38, 245, 227, 232, 296.
[199] Nous avons assimilé la forme _Hoteberge_ du texte à
Huldenbergh, village et seigneurie du Brabant (à 20 kil. de
Bruxelles).
[200] Du pays de Liége.
[201] Ce Jean le Bel n'est autre que le chanoine de Liége, le
célèbre chroniqueur qui a servi de modèle à Froissart pour toute
la partie du premier livre comprise entre 1325 et 1356.
[202] Le nom de ce chevalier est défiguré dans toutes les
rédactions et tous les mss. du premier livre des _Chroniques_.
Comme Froissart reproduit ici littéralement Jean le Bel, nous
avons restitué même dans le texte le nom véritable d'après la
chronique du chanoine de Liége. Lambert III de Dammartin de
Warfusée, dit d'Oupeye, maréchal de l'évêque de Liége, mourut le
1er janvier 1345. Voyez J. de Hemricourt, _Miroir des nobles de
la Hesbaye_, édit. de Jalheau, p. 55. La famille de Dammartin, à
laquelle appartenait ce chevalier, fut transplantée, au douzième
siècle, de France d'où elle est originaire, dans le pays de
Liége. Cette incomparable famille, qui, dès le temps de
Hemricourt, ne comptait pas moins de cent seize branches, a
couvert de ses innombrables rameaux toute la France de la Meuse;
et encore aujourd'hui il n'y a guère en ce pays de famille
ancienne qui ne se rattache au tronc puissant et français des
Dammartin.
Édouard III, à la tête de plus de 60 000 hommes, établit son quartier
général à York. Une rixe éclate dans cette ville, à l'occasion du jeu
de dés, entre les gens d'armes de Jean de Hainaut et des archers
anglais du comté de Lincoln. Après une lutte sanglante, où Jean le
Bel, chanoine de Liége, auquel Froissart dit qu'il emprunte le récit
de cet incident, court les plus grands dangers, les gens d'armes du
Hainaut restent maîtres du champ de bataille, et le roi d'Angleterre
les prend sous sa spéciale sauvegarde. Abondance, bon marché de tous
vivres aussi bien que des vins de Gascogne, de l'Alsace et du Rhin, à
York et dans le pays environnant. P. 45 à 49, 263 à 268.--Après avoir
terminé ses préparatifs, Édouard III va camper à six lieues au nord de
York, puis trois jours après, à Durham, à l'entrée du Northumberland.
Un corps d'armée, sous la conduite du maréchal d'Angleterre, occupe
Newcastle, sur la Tyne, pour garder le passage de cette rivière contre
les Écossais. A l'ouest, en amont de cette même rivière, la ville et
forteresse de _Carduel_[203] _en Galles_ est défendue par une troupe
de Gallois, sous les ordres du comte de Hereford et du sire de
Mowbray. Le roi d'Angleterre trouve toute la frontière de ce pays
ravagée et incendiée par les Écossais qui, à son approche, ont repassé
la Tyne. P. 50, 51, 268.
[203] Sans doute Carlisle, qui est, non sur la Tyne, comme le dit
Froissart, d'après Jean le Bel, mais sur l'Éden, non en Galles,
ainsi que l'affirment aussi les deux chroniqueurs, mais à quelque
distance du Galloway. _Luguvallum_, l'ancien nom de Carlisle au
temps des Romains et au moyen âge, a pu se contracter en _luel_,
qui, par l'addition de _caer_, bourg, ville, aurait donné Carluel
ou Carduel.