Messieurs

1656. CESAR, cardinal D’ESTRÉES[220], commandeur de l’ordre du St

Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des

Prez[222].

[220] V. la liste précédente, p. 280-281.

[221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées:

«Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le

voir longtemps à sa tête en qualité de doyen; et quand elle le

perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir.»

_Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700_, etc., t.

III, p. 316.

[222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les

intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter

l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance

que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir

s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle

duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui,

s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir.

(L’abbé de la Tour, _Réflexions morales... sur le théâtre_, 1762,

in-12, t. I, p. 35-36.)

1665. Jacques TESTU, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la

Chartre, _rue des Lions_[223].

[223] V. la liste précédente, p. 282.

1666. Paul TALLEMANT, intendant des devises et inscriptions des Edifices

royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], _rue Ste Anne_.

[224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de

l’Académie des inscriptions.

[225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices «assez

considérables», dit d’Alembert.

1667. Philippe DE COURCILLON, marquis de Dangeau, gouverneur de

Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres

royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de

Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la

duchesse de Bourgogne[226], _place Royale_[227].

[226] V. la liste précédente, p. 284.

[227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des

postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur.

Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un

plafond. (_Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture_, t. I, p. 12 et 158.)

La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques

Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en

1679. (Manette, _Abecedario_, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur

venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez

Dangeau. V. le _Journal_ de celui-ci, t. II, p. 308.

1670. François Séraphin RÉGNIER DESMARETS, abbé de Saint Laon de

Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et

Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. _A l’Hostel de Créquy sur

le quay Malaquest_[228].

[228] V. la liste précédente, p. 284, et plus bas, p. 301.

1673. Esprit FLÉCHIER[229], Evesque de Nismes[230].

[229] V. la liste précédente, p. 286.

[230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi

l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la

révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut

consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les

Cévennes, celui d’Alais.

Jean GALLOYS, ancien abbé de St Martin de Cores[231], _rue Fromentelle

derrière le Collège Royal_[232].

[231] V. la liste précédente, p. 287.

[232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676;

mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis

inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y

mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans.

1674. Pierre Daniel HUET[233], ancien Evesque d’Avranches[234], _à la

Maison professe des Jésuites, rue St Antoine_[235].

[233] V. la liste précédente, p. 287.

[234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de

Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir

occupé dix ans.

[235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi

créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il

leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après,

lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison

qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y

fût en dépôt: «la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t.

III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des

carrières qui s’entrouvrirent.» V. à ce sujet une pièce de Santeul

dans ses _Poemata_.

1678. Pierre Nicolas COLBERT, archevesque de Rouen[236], _à l’hostel

Colbert, rue Neuve des Petits Champs_[237].

[236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père

d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit,

lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le

reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les

deux discours.

[237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du

meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge

dans ses _Poemata_. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour

successeur à l’Académie, en 1708.

1679. Louis VERJUS, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils,

_rue de Richelieu_[238].

[238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses

ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.

1682. Louis DE COURCILLON DE DANGEAU[239], abbé de Fontaine Daniel[240],

_place Royale_[241].

[239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça

l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte

Fleuriau de Morville, en 1723.

[240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre,

afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.

[241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les

mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été

parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.

1684. Nicolas BOYLEAU DESPRÉAUX[242], _cloistre Notre Dame_[243].

[242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne

heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de

vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de

quarante-huit; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça

Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le

maréchal d’Estrées.

[243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris,

derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que

celui qu’il avoit occupé d’abord: «il est, écrit son ami Vuillart,

le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du

cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a

vue sur le jardin du Terrain.» C’est là qu’il mourut.

1685. Thomas CORNEILLE[244], _rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la

rue St Honoré_[245].

[244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement

de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.

[245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault,

_Mémoires_, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit: «Il

vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez

Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des

Jacobins.»

1686. François Timoléon DE CHOISY, prieur de St Lo de Rouen[246], _au

Luxembourg_[247].

[246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il

mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça.

[247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston

d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un

appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors

sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, _Épicuriens et

lettrés_, 1879, in-18, p. 171.

1688. Jean TESTU DE MAUROY, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron,

prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de MADAME, _au

Palais-Royal_[248].

[248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au

Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection

du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu

pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il

remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé

de Louvois.

Jean DE LA CHAPPELLE, conseiller du Roy, receveur général des finances

de la Généralité de la Rochelle, _rue du Grand Chantier au Marais_[249].

[249] Quelques tragédies et une farce, _les Carrosses d’Orléans_,

firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, à la place de

Furetière, que son titre de secrétaire des commandements du prince

de Conti. Il fit aussi une sorte de roman, _les Amours de Catulle_,

dont se souvenoit La Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune

prince, il dit: «CATULLE et son élève...» _Caractères_, édit.

Walckn., t. I, p. 504.--La Chapelle eut pour successeur, en 1723,

l’abbé d’Olivet.

1689. François DE CALLIÈRES, seigneur de la Rochechellay et de Gigny,

conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire du Cabinet de Sa

Majesté[250], _rue de Cléry_[251].

[250] Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, p. 292, il

étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de Quinault, par ses

services d’ambassadeur. Le cardinal de Fleury le remplaça en 1717.

[251] Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et plusieurs

autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit des «Cléry», et qui

mirent, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe ce

quartier à la mode. Il acheta, en 1709, à Jacques Paget, moyennant

60,000 livres, une maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il

disposa, en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà

mentionné plus haut, t. I, p. 113, note 1.--V. aussi _Inventaire des

archives hospitalières_, HÔTEL-DIEU, t. I, p. 79.

Eusèbe RENAUDOT, prieur de Fossey[252], _rue de Richelieu_[253].

[252] Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste Renaudot,

créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques le firent

admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé Roquette fut son

successeur en 1720.

[253] Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en effet par le

testament de Callières, rappelé tout à l’heure, que sa maison située

dans cette rue touchoit à celle de l’abbé Renaudot.

1691. Bernard DE FONTENELLE, secrétaire de l’Académie des sciences[254],

_au Palais-Royal_[255].

[254] Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen de

l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur.

[255] Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. 293, habité chez

son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des Haguais. Le duc de

Chartres, devenu duc d’Orléans en 1701, le logea au Palais-Royal,

«dans un galetas», comme il disoit lui-même, pour le dispenser de

lui en avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la

dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas de sa

philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme:

Puis le vieux normand parasite,

D’athéisme monstre infernal,

Délogé du Palais-Royal

Depuis que la vertu l’habite.

Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré,

près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier 1757, et dont on

peut voir la description dans les _Annonces affiches_ de 1758, p.

41-42.

Estienne PAVILLON[256], ci-devant avocat général au parlement de

Metz[257], _rue de Cléry_[258].

[256] Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en 1691, et

pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery.

[257] Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne s’étoit

plus donné qu’au monde et aux lettres.

[258] Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier Damon

(V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage de ses vers.

Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui si longtemps, l’eut tout à

fait empêché de sortir, il reçut nombreuse compagnie. Le monde, où

il n’alloit plus, venoit à lui. V. à ce sujet son _Éloge_, par un

autre de ses voisins, l’abbé Tallemant, dans l’_Histoire de

l’Académie des inscriptions_.

1692. Jacques DE TOURREIL[259], _rue des Douze Portes, près la rue St

Louis au Marais_[260].

[259] Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut remplacé

en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont il élevoit le fils,

contribua beaucoup à son élection, comme il avoit aidé à celle de

Pavillon, son parent.

[260] C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, et que

Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps.

1693. François DE SALIGNAC DE FENELON, archevesque de Cambray[261].

[261] L’auteur de _Télémaque_ avoit succédé à Pélisson en 1693; De

Boze lui succéda en 1715.

Jean Paul BIGNON, abbé de Saint Quentin[262], conseiller d’Estat

ordinaire[263], _rue des Bernardins_[264].

[262] Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, en

1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit aussi de l’Académie

des sciences et de celle des Inscriptions.

[263] Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain l’Auxerrois,

puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge que Dacier lui vendit

30,000 liv., tout en gardant les appointements de 1,200 liv., et le

logement au Louvre (_Mercure_, fév. 1720, p. 180).

[264] V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, note 4.

Le czar Pierre le visita peu de temps après que M. de Torpane le

leur eut acheté (_Mercure_, juin 1717, p. 193).

Simon DE LA LOUBÈRE[265].

[265] Encore une créature académique de Pontchartrain. Son seul titre

sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade à Siam. Il avoit

succédé en 1693 à François Tallemant, et l’abbé Sallier le remplaça

en 1729. Si son adresse manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de

bonne heure à Toulouse, sa ville natale, où on lui dut le

rétablissement des Jeux floraux.

1694. Jean François Paul LEFEVRE DE CAUMARTIN, abbé de Nostre Dame de

Buzay[266], _rue Neuve St Estienne_ au faubourg St Victor.

[266] Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant guère que

vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en 1733.

Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, aida aussi à le

tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit jeté en persiflant

l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, que peu de mois après sa

propre élection il avoit dû, comme directeur, recevoir académicien.

Le roi, qui s’étoit prêté d’abord à la plaisanterie, la trouva trop

forte une fois faite; il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin

dans son abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de

Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et _Lettres_

de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé de Caumartin

devint plus tard évêque de Vannes, puis de Blois.

1695. Charles CASTEL DE S. PIERRE[267], premier Aumosnier de MADAME, _au

Palais-Royal_[268].

[267] Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des séances en

1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal de Polignac contre

son _Discours sur la Polysydonie_, dans lequel il attaquoit vivement

le gouvernement personnel du feu roi, et demandoit qu’on y

substituât l’autorité de plusieurs conseils ou _Synodes_. On ne lui

donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1743; ce fut

Maupertuis.

[268] Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier de

Madame, mère du Régent, lui fut conservé même après son exclusion de

l’Académie.

Jules DE CLÉRAMBAULT, abbé de Saint-Taurin, d’Evreux, de Nostre Dame du

Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, _rue des Bons Enfants, près le palais

Royal_[269].

[269] Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La Fontaine lui

échut en 1695, et «comme il étoit contrefait, dit d’Alembert, les

mauvais plaisants prétendirent que c’étoit Ésope qui succédoit à La

Fontaine». L’abbé Massieu le remplaça en 1714.

André DACIER, garde des livres du Cabinet du Roy, _au Louvre_[270].

[270] Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques,

mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit l’admission à

l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour le fauteuil de

l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit déjà garde des livres

du cabinet du Louvre, charge que le roi avoit rétablie en sa faveur

pour le récompenser de son Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la

p. préc. l’art. sur l’abbé Bignon). Dacier mourut en 1722. Le

cardinal Dubois le remplaça.

1696. Claude FLEURY[271], abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur de

Messeigneurs les Enfants de France, _rue St Louis au Marais_[272].

[271] Auteur de l’_Histoire ecclésiastique_. Il fut, en 1696, le

successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, en

1722, par le diplomate Adam.

[272] Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après l’éducation

du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré d’Argenteuil après

celle du duc de Bourgogne. Dès lors il résida dans ce prieuré,

beaucoup plus qu’il ne logea rue Saint-Louis.

1699. Louis COUSIN[273], président en la Cour des Monnoyes[274], _rue

Guenegaud_.

[273] Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de Chaumont. Le

marquis de Mimeure lui succéda en 1707.

[274] V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit d’abord été

directeur du _Journal des savants_ et censeur royal. Il légua ses

livres à la bibliothèque de Saint-Victor, avec un fonds de vingt

mille francs pour en augmenter le nombre. V. t. I, p. 137.

1698. Charles Claude GENEST[275], abbé de Saint-Vilmer[276], aumosnier

ordinaire de Madame la duchesse d’Orléans[277], _cloistre Saint Honoré_.

[275] Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme académicien,

pour des tragédies qui ne valoient guère mieux que les siennes. Son

fauteuil échut après lui, en 1720, à l’abbé Dubos.

[276] Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce qu’il put

obtenir du roi.

[277] Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de Montespan,

avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue femme du duc

d’Orléans, futur Régent, elle le garda près d’elle comme aumônier,

et lui fit avoir, après la mort du roi, 2,000 fr. de pension sur

l’archevêché de Sens.

1699. Jean Baptiste Henry DU TROUSSET DE VALINCOUR[278], secrétaire

général de la Marine et des Commandements de Monseigneur le comte de

Toulouze. _Cloistre Nostre-Dame_[279].

[278] Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à Racine son

ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur.

[279] Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter l’hôtel

du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit ici, le

secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel est aujourd’hui

celui de la Banque. M. de Toulouse étant amiral, on comprend que

Valincourt, qui l’avoit suivi dans quelques expéditions, et même y

avoit été blessé, pût être secrétaire général de la marine.

1701. Louis DE SACY, avocat, _rue Beaubourg_[280].

[280] Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. C’est la

coterie du salon de madame de Lambert qui le fit recevoir

académicien en 1701, à la place du président Rose. Montesquieu lui

succéda en 1728.

Nicolas DE MALEZIEU[281], chancelier de Dombes, _à l’Arsenal_[282].

[281] Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine à Paris et à

Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont il a été parlé plus

haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé en 1727 par le président

Bouhier.

[282] Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à l’Arsenal,

le duc étant grand maître de l’artillerie depuis 1694, il étoit donc

naturel que Malézieux y logeât aussi. Sa charge de chancelier de

Dombes s’explique de même par la souveraineté du duc sur cette

principauté.

Jean Galbert CAMPISTRON[283], secrétaire général des galères, _rue de

Grenelle, fauxbourg Saint Germain_[284].

[283] Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus qu’il

étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais en 1701, et il eut

Destouches pour successeur en 1723.

[284] La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit eue en

1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée par le roi en

1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit au duc de Vendôme, qui

étoit lui-même général des galères, et auquel, après lui avoir été

présenté par Racine, il resta toujours attaché.

1702. Jean François DE CHAMILLART[285], Evesque de Senlis[286], et

premier aumosnier de Madame la Duchesse de Bourgogne, _rue de

Richelieu_.

[285] C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart qui

l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en 1702 par la mort

de Charpentier; il l’occupa jusqu’en 1714. Le maréchal de Villars

l’y remplaça.

[286] Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol.

Pierre de CAMBOUT, duc de COISLIN, pair de France[287], _à l’Hostel de

Coislin, rue de Richelieu_[288].

[287] Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons vu sur la

liste précédente, p. 279; il eut en 1710 son fils pour successeur.

[288] C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur de Jars, et

qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. Il touchoit à

l’hôtel Louvois, dont la place du même nom occupe le terrain

aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin avoit une porte sur la

rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, ce qui lui permettoit, avec

l’agrément du duc son confrère, de venir s’y promener et même d’y

recevoir des visites. (_Journal_ de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.)

1704. Armand Gaston DE ROHAN, Evesque et prince de Strasbourg[289], _à

l’Hostel de Soubize au Marais_[290].

[289] Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut pour

successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui avoit encore

moins de titres que lui.

[290] C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives.

Melchior DE POLIGNAC[291], abbé de Bonport[292], _rue St Dominique,

fauxbourg St Germain_.

[291] Auteur de l’_Anti-Lucrèce_, il fut élu en 1704 à la place de

Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741.

[292] Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal.

Gaspar ABEILLE, prieur de Nostre Dame de la Mercy[293], _près la Porte

St Honoré, à l’Hostel de Luxembourg_[294].

[293] Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à

l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, et

où l’abbé Mongault lui succéda en 1718.

[294] La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. Abeille y logeoit

comme secrétaire des commandements du maréchal de Luxembourg.

Jean Baptiste COIGNARD, imprimeur et libraire ordinaire du Roy, _rue St

Jacques, près St Yves_[295].

[295] V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288.--Quand le _Dictionnaire_

eut été publié, le travail de Coignard pour l’Académie fut assez

restreint. Il se réduisit presque à l’impression de quelques _Avis_

sur de petits morceaux de papier grands comme la main, dans le genre

de celui-ci, que nous copions textuellement sur l’original:

«M.

«Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur de

l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain deuxième jour

de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée qui se tiendra au

Louvre à trois heures précises après midy, pour le second scrutin de

l’élection d’un Académicien à la place de feu M. l’abbé Regnier des

Marais.»

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 167 / 232 题