Zélande, _Lundi et Vendredi à midi_[98].
[98] «Le Bureau d’Angleterre est présentement à la grande Poste.»
Édit. 1691.
Les Couriers pour la Cour partiront tous les jours à 8 h. du soir,
lorsqu’elle sera à Versailles, Saint-Germain ou Fontainebleau. Le Bureau
est rue de la Limace et rue des Déchargeurs[99].
[99] «Le Bureau général, où se distribuent les lettres qui sont
envoyées à Paris des Provinces et païs étrangers, est dans la rue
des Bourdonnois, où étoit autrefois l’hôtel de Villeroy. Et pour
envoyer les lettres dans les mêmes lieux le Bureau général est dans
la rue de la Limace, près la même rue des Bourdonnois.» _Id._--C’est
Pagot, fermier des Postes, qui les avoit établies dans l’hôtel de
Villeroy, dont il étoit propriétaire, depuis 1652. L’hôtel avoit une
porte rue des Bourdonnois et une autre rue de la Limace.
Le Public sera averti de bien faire écrire le dessus des Lettres et
Paquets, s’en trouvant souvent pour des lieux hors de la route des
postes qui ne sont pas connus, ce qui est cause de la perte d’iceux; et
pour y remédier, ceux qui écriront ci-après, soit dans les bourgs,
villages ou chasteaux, écriront sur leurs lettres la Ville de la route
des Postes qui en peut être la plus proche, avec le nom de la Province.
Et pour plus de commodité, il y a présentement six boëtes où l’on va
tous les jours lever les lettres précisément à midi et à 8 h. du soir en
hiver et en esté à 9 si exactement que lesdites heures du soir passées,
les Lettres survenues demeureront pour les Ordinaires suivans: sçavoir
une en la rue St Jacques au coin de la rue du Plâtre vis-à-vis la
vieille Poste[100]. Une au milieu de la place Maubert vis à vis la
Fontaine, à l’image St François. Une au fauxbourg St Germain au coin du
Jeu de Paulme de Metz[101]. Une ruë St Martin, au coin de la ruë aux
Ours. Et une rue St Antoine vis-à-vis l’Ours, devant la rue Geoffroy
Lasnier au petit Louvre couronné.
[100] Sur le plan Gomboust, feuille V, la poste est indiquée rue
St-Jacques, à l’endroit marqué ici. Il étoit naturel qu’elle eût été
d’abord située au quartier de l’Université, puisqu’elle en avoit
dépendu dans l’origine, lorsque le service des Messagers, qui
mettoient les écoliers de Paris en communication avec leurs parents
de province ou de l’étranger, étoit le seul établissement de ce
genre qui existât.
[101] Ce «jeu de Metz», comme on l’appeloit le plus ordinairement et
dont nous avons déjà plus d’une fois rencontré le nom, devoit se
trouver rue Mazarine, où les principaux jeux de paume s’étoient
groupés. C’est l’un d’eux qui servit, comme on sait, de premier
théâtre à Molière. Quelques-uns existoient encore sous la
Restauration.--Auprès du «Jeu de Metz» étoit un hôtel garni du même
nom, où mourut la femme de La Calprenède, le 14 mars 1668.
On avertit aussi le public de payer le port des Lettres que l’on écrit
des Provinces par de là Paris, faute de quoy les Lettres ne seront pas
tenues.