[1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils
étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les
coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient
que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises
particulières, tandis que les messageries étoient un établissement
royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés.
Les _coches_, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux
temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de
l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux
et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres.
Ils le gardèrent seuls: «Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191,
en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre.»
Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de
Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton,
Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre,
Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et
places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy,
Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat,
Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3].
[2] V. plus haut.
[3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le
nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient.
V. p. 56.
Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne,
qui partent les Mardis et Vendredis.
Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à
la Maque[4].
[4] V. plus haut.
Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis
et Vendredis.
Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont
qui part le Samedi.
Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne,
Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi.
Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les
Mardis, Jeudis et Vendredis.
Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la
Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis.
Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet.
Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui
partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de
Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.
Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau
d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par
Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc.
[5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé
dans une de ses chansons:
Six francs et ma layette en poche,
Belle nourrice de vingt ans
D’_Auxerre_ avec moi prit _le coche_.
Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à
l’Hôtel de Sens près l’_Ave Maria_.
[6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour
Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par
eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, _Lettre_ du 17 nov.
1662.
Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est
sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le
mois.
Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à
l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la
Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7].
[7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de
celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir
signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul
doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour
la même raison, nous n’en avons pas parlé.