Le Bureau d’adresse pour les Maitres qui cherchent des Serviteurs, et
pour les Serviteurs qui cherchent des Maitres, est au Marché Neuf devant
saint Germain le vieil.
Il y a un particulier Bureau d’adresse à la Grève pour les Cuisiniers et
Garçons de cabaret.
Les Nourrices et Servantes à louer se trouvent en des Bureaux de
Recommanderesses[1], rue de la Vannerie[2], et rue du Crucifix saint
Jacques[3].
[1] V. notre _Introduction_, p. x.--Dans une pièce de la fin du XVIe
siècle que M. de Montaiglon a jointe à ses anciennes poésies, t. I:
_Chambrière à louer à tout faire_, se trouve, p. 90, un passage
curieux sur ces premiers bureaux de placement des servantes:
Pourtant me vient à souvenir
Que chez les _recommanderesses_
Est le lieu où sont les addresses
Pour trouver servantes à louer...
[2] Le bureau des servantes y étoit si connu, qu’au XIVe siècle on
l’appeloit moins rue de la Vannerie que rue des _Commanderesses_ ou
des _Recommanderesses_. Il en étoit de même de la rue de la
Coutellerie, où se trouvoit un bureau pareil. (_Registres crimin._
du Châtelet 1389-1392, t. I, p. 37.)
[3] Quand une servante avoit mérité une punition publique, c’est
devant le bureau des _Recommanderesses_ qu’on la lui infligeoit pour
l’exemple. En 1576, une chambrière ayant eu un enfant du clerc de la
maison où elle servoit, et l’ayant exposé la nuit à une porte
voisine, fut condamnée au fouet par sentence du Châtelet, le 24
octobre, et c’est devant la maison des Recommanderesses qu’elle fut
fouettée. (Bouchel, _Bibliothèque_, au mot _Exposés_.)
Plusieurs Laquais cherchant maitres, et qu’on peut même louer par
jour[4], se tiennent tous les matins sur les degrez de la vieille Cour
et près la petite porte du Palais.
[4] Liger, qui donne aussi ce détail, p. 403, le relève ainsi: «l’on
voit qu’on peut, dans l’occasion, se faire suivre à Paris, et se
donner l’air d’homme à laquais, sans qu’il en coûte beaucoup.»
Les Garçons de Métier trouvent des embauches ou adresses de boutiques[5]
aux lieux ci-après, à sçavoir: pour les Marchands, au Bureau de la rue
Quinquempoix; pour les Verriers, rue saint Denis au Renard; pour les
Drapiers, au Bureau rue des Déchargeurs; pour les Chirurgiens, chez les
Couteliers travaillant aux lancettes, et encore aux Ecoles de Chirurgie
rue des Cordeliers; pour les Apoticaires à la Lamproye rue de la
Huchette, et encore au Bureau, cloitre sainte Opportune; pour les
Droguistes Epiciers, au même Bureau; pour les Fourbisseurs au Bureau rue
de la Pelleterie; pour les Gantiers et Chapeliers, même rue; pour les
Tourneurs Tablettiers, rue de la Savonnerie; pour les Tanneurs, au
fauxbourg saint Marcel; pour les Fondeurs, près saint Nicolas des
Champs; pour les Orfèvres, en leur Bureau et Chapelle rue S. Germain
l’Auxerrois, et encore chez le Petit père cour du Palais; pour les
Patissiers, rue de la Poterie; pour les Teinturiers, rue de la Tannerie;
pour les Bonnetiers, au Bureau cloitre S. Jacques de la Boucherie; pour
les Peintres, Doreurs et Sculpteurs, aux Filles Penitentes de la rue
saint Denis tous les Dimanches au matin[6]; et pour les Menuisiers, rue
des Ecouffes.
[5] Ces adresses imprimées, et souvent enjolivées de dessins gravés,
que se faisoient faire tous les marchands, ont eu leur mention plus
haut à propos de celles qu’illustra Papillon. Quelques-uns les
faisoient frapper en jetons. Nous en avons vu une de ce genre, en
cuivre rouge et de forme octogone, portant, d’un côté: un chiffre
entrelacé, avec la légende PIERRE. BIZET. MARCHAND. MIROITIER, et la
date de 1703, à l’exergue; de l’autre: une console drapée d’un tapis
fleurdelisé, un miroir carré surmonté d’une pendule; au fond, un
manteau retroussé, et, pour légende: AV MAGAZIN. ROYAL. RUE ST.
MARTAIN.
[6] Ces filles pénitentes étoient les religieuses de Sainte-Catherine,
dont il est parlé dans l’_Introduction_, p. ix-x. L’Académie des
peintres avoit, au commencement du règne, loué, rue des Déchargeurs,
le second étage d’une maison qui leur appartenoit et s’y étoit
reconstituée. Elle y resta deux ans, puis alla s’établir au Louvre.
Tout lien ne fut pas rompu entre elle et les religieuses de la rue
Saint-Denis, qui se firent ses «recommanderesses», chaque dimanche,
pour les jeunes gens qui voudroient y être admis comme élèves.
Les Cordonniers, Serruriers, Menuisiers, Tonneliers, Arquebusiers,
Rotisseurs et autres, s’embauchent par eux mêmes en se présentant dans
les boutiques.
Les Maçons, Manœuvres, Limousins, etc., s’assemblent à la Grève[7] tous
les matins des jours ouvrables depuis quatre jusqu’à six heures, où l’on
va prendre ceux dont on a besoin pour les atteliers.
[7] Ils y étoient tout près de la rue de la Mortellerie--aujourd’hui
de l’Hôtel de Ville--où ils habitoient, et habitent encore en grand
nombre, et qui devoit son premier nom à ces «mortelliers» ou maçons.
Ils se tiennent à présent un peu plus haut que la Grève, sur la
petite place qui se trouve entre la rue et le pont Louis-Philippe.
Les Revendeuses, Blanchisseuses, Ravaudeuses, etc., se melent de placer
presque toutes les Servantes.