Le Bureau des Marchands Bonnetiers, Bastiers, etc., est au Cloitre saint
Jacques de la Boucherie.
Les Maîtres et Gardes en charge des Marchands Bonnetiers sont Messieurs
Besnard rue saint Denis, Jeson le jeune au coin du Marché neuf, Lory et
Courcelle à la Halle, et Vaze rue saint Denis.
Entre les Marchands Bonnetiers qui tiennent magasin et font commerce en
gros, sont lesdits Sieurs Besnard, Lory et Vaze, et encore Mrs
Chastelain Chevalier du Guet, Mignot rue de la Savonnerie, de la Croix
et le Comte, rue S. Denis, Banche sous les Pilliers des Halles.
Entre les Marchands Bonnetiers tenans boutiques, qui font un fort grand
détail, sont Mrs Perdrigeon aux quatre Vents près saint Denis de la
Chartre[1], Naü à la Place Royale près la Croix du Tiroir, du Four aux
quatre Vents à petit Pont[2], de Lorme rue saint Antoine, et le Roux au
Cerf volant Pont Notre Dame.
[1] Il est célèbre depuis les _Précieuses ridicules_, scène X, où
Mascarille demandant à Madelon: «le ruban est-il bien choisi?»
Madelon lui répond: «Furieusement bien. C’est Perdrigeon tout pur.»
Loret se sert de la même expression dans sa _Gazette_ du 3 février
1663. Il figure comme le plus fameux vendeur de rubans dans la
_Révolte des passements_. (V. nos _Variétés_, t. I, p.
235.)--En 1692, il est encore nommé dans la farce italienne
d’_Arlequin-Phaéton_, acte II, sc. V, et mis bien au-dessus des
médiocres marchands. Dans le _Procès-verbal de visites pour les
marchandises de luxe_, en 1700, nous trouvons, p. 65, un Jean
Perdrigeon, qui doit être ou lui, ou son fils. En 1711, cette
fameuse boutique existoit encore, avec le nom qui en avoit fait la
chalandise. Le Cabinet des Médailles possède un jeton de mercier,
qui porte cette date, avec le nom de J. Perdrigeon.
[2] Variante de l’édit. précédente: «à la Place-Royale, près la Croix
du Tiroir, et aux Quatre-Vents, au bout du pont Notre-Dame, il y a
de gros magasins de bas de soie, de laine, de cotton, etc.» A la
suite: «les bas de toile se font par des chaussetiers, près la porte
Dauphine.»--Nous lisons dans le _Menagiana_, t. III, p. 99, une
amusante anecdote sur le bonnetier des Quatre-Vents, et un docteur:
«M. Peaucelier, y est-il dit, du collége des Cholets, achetoit une
paire de bas _aux Quatre-Vents_. Le marchand lui en donna de
plusieurs sortes, qu’il ne trouva pas à sa fantaisie. Ils n’étoient
pas assez forts, ni assez épais. Donnez-m’en, dit-il, qui soient de
_matière continue_, et non pas de matière discrète. Le tour
d’expression est d’un véritable docteur.»
Il y a au Fauxbourg saint Marcel un grand nombre d’Ouvriers pour les Bas
drapez.
Il se fait aussi des Bas drapez[3] de Laine de Cigovie[4] et de diverses
autres sortes de Laine et de Soye, chez plusieurs Manufacturiers du
Fauxbourg saint Antoine[5], de la Cour du Palais, Porte saint Marcel,
saint Victor, saint Denis, saint Martin, et Fauxbourg saint Germain, qui
travaillent au metier dont les Jurez sont Mrs Martin à la Villeneuve,
Tonnelier rue Darnetal, Largilliere[6] même rue, Vaudin rue...
[3] On appeloit «bas drapés» ceux dont on épaississoit la laine, en la
tirant légèrement avec le chardon à bonnetier.
[4] Ségovie. Les meilleures laines pour les draps fins se tirèrent
longtemps de cette ville d’Espagne.
[5] Le 9 janvier 1683, par arrêt du Conseil d’État, permission avoit
été donnée au sieur Corrozet d’établir, au faubourg Saint-Antoine,
vingt métiers «pour faire travailler en bas et autres ouvrages de
soie au métier». Il étoit neveu de Hindret, qui, en 1656, avoit
fondé une manufacture pareille au château de Madrid.
[6] Il étoit parent du célèbre peintre, qui n’avoit, du reste, dans sa
famille toute parisienne, que des passementiers, des boutonniers,
des chapeliers. _V._ Jal, _Dict. crit._ à son nom.
Leur Bureau est rue des Canettes; ceux qui en font le plus grand
commerce en gros et en détail sont Mrs Mirebeau, Guyart, et Josse Cour
neuve du Palais, et Boucher Fauxbourg saint Marcel.