[6] Les éventaillistes faisoient dans le corps des merciers une
communauté à part, de même que les tablettiers, avec lesquels ils
eurent même, en juin 1701, un procès assez vif pour une affaire de
privilége.
Mrs Gelée au Chevalier du Guet, et Guillery[7] rue de la Tabletterie,
tiennent magasin de diverses marchandises d’outremer.
[7] Nous le retrouverons plus loin au chap. des «Marchandises des
gantiers et parfumeurs.»
Pour les Curiositez et Bijouteries qui sont commercées par divers
Marchands du même corps, il faut recourir à l’article de ces sortes de
Marchandises.
Les Bijouteries communes pour les Savoyards, Colporteurs[8] et autres,
sont commercées par Madame la veuve Lagny au Cloître saint Jean de
Latran.
[8] Presque tous étoient du Dauphiné ou de la Savoie. On les y
appeloit _bizordi_, et chez nous _bisouart_, à cause de leurs habits
de grosse étoffe bise.
Les Marchands de Soyes qui vendent en gros et en détail, sont au
quartier de la rue saint Denis et de la rue Briboucher[9], par exemple,
Mrs Vince[10], du Courroy, etc.
[9] Le peuple prononçoit et prononce encore ainsi le nom de la rue
Aubry-le-Boucher.
[10] C’est le même que nous avons vu tout-à-l’heure appelé De Vins au
chapitre des _Étoffes_.
Le Sieur Avalon qui demeure dans le Temple, tient magasin de petits
Miroirs pour les Colporteurs[11].
[11] Le Temple, comme l’enclos de Saint-Jean de Latran, étant lieu de
franchise, les magasins où les colporteurs venoient s’y fournir,
pouvoient vendre à meilleur compte que partout ailleurs.
Les Coffres et Miroirs d’écaille tortue[12] se fabriquent rue saint
Denis joignant le Coq croissant[13].
[12] Lisez «de tortue», correction des plus simples, et que Liger,
copiste de ce volume, n’a cependant pas faite pour le sien. A la
page 360 du _Voyageur fidèle_, il répète la faute.
[13] Le commerce des miroirs étoit alors le plus en vogue. Le
Sicilien, dont nous avons déjà cité la lettre, nous en donne la
raison: «les rubans, dit-il, les miroirs et les dentelles sont trois
choses sans lesquelles les françois ne peuvent pas vivre»; et un peu
plus loin: «ceux qui ne sont pas françois ne peuvent souffrir que
les hommes se peignent publiquement dans la rue, et que les dames
portent toujours un petit miroir à la main.»
Les Joyaux d’Orfeverie au tour, qui se vendent, par les Merciers du
Palais, sont très proprement fabriquez par le Sieur Gorin, rue saint
Louis de la Cité[14].
[14] «Rue Saint-Louis, quartier du Palais.» Édit. de 1691, p. 22.
Pour les autres ouvrages d’Orfeverie, de Pierreries et de Perles, qui se
vendent par les Merciers Jouailliers, voyez l’article qui en traite.
Mademoiselle Richard près l’Echelle du Temple[15], fait et vend des
Ecrans d’une beauté singulière.
[15] L’ancienne échelle patibulaire, marque de la haute justice des
Templiers. Elle étoit placée au coin des rues du Temple et des
Vieilles-Haudriettes. Quelques étourdis de la noblesse du Marais
l’avoient brûlée un soir d’hiver, en 1649, ce qui avoit inspiré à
Blot une amusante complainte qu’on peut lire dans le _Recueil
Maurepas_, et dont l’air fut long-temps célèbre.
David Laurent et David l’Escuyer qui apportent des Marchandises de
Diepe[16], logent à Paris, rue Bourlabé au Lion d’or.
[16] C’est-à-dire toutes sortes d’objets d’ivoire et de corne
sculptés, ou faits au tour: «Dieppe, dit Piganiol, est peut-être le
lieu du monde où l’on travaille le mieux l’ivoire et la corne. On y
fait des ouvrages d’une délicatesse étonnante, et il n’y a guère de
gens plus adroits à manier le tour que les Dieppois.» _Nouveau
Voyage de France_, t. II, p. 332.
Les Sieurs Gaudet, le Clerc et du Val rue d’Arnetal[17], vendent en gros
les Rubans étroits qu’on nomme nompareilles[18].
[17] Aujourd’hui la rue Grenetat, dont le nom n’est peut-être qu’une
altération de celui-ci.
[18] «Sorte de petit ruban fort étroit», dit en effet Richelet. On en
bordoit les galons ou _galants_: