V.

Explications mutuelles.

Balle-Franche et ses deux compagnons, grâce à la position qu'ils

occupaient, non seulement voyaient tout ce qui se passait dans la

clairière, mais encore ils entendaient, sans en perdre un mot, la

conversation de Bon-Affût et du Loup-Rouge.

Depuis longues années déjà, les deux chasseurs canadiens étaient

intimement liés; maintes fois ils avaient frappé ou entrepris de

compagnie quelques-unes de ces audacieuses expéditions que les coureurs

des bois accomplissent souvent contre les Indiens; ces deux hommes

n'avaient pas de secrets l'un pour l'autre; tout était commun entre

eux, les haines et les amitiés.

Balle-Franche était parfaitement au courant des faits auxquels

le Loup-Rouge faisait allusion, et si certaines raisons que nous

connaîtrons plus tard ne l'en avaient empêché, il aurait probablement

aidé son ami à enlever l'Églantine au chef apache. Cependant un

point restait toujours obscur dans son esprit: c'était la présence

de Bon-Affût au milieu des Indiens, cette rixe dont il avait entendu

les cris et ces coups de feu et qui semblait se terminer par une

conversation amicale.

Par quel concours étrange de circonstances, Bon-Affût, l'homme le plus

au fait des ruses indiennes, dont la réputation en fait d'adresse et

de courage était universelle parmi les chasseurs et les trappeurs des

prairies de l'Ouest, se trouvait-il ainsi dans une position équivoque,

au milieu de trente ou quarante Apaches, les Indiens les plus fourbes,

les plus traîtres et les plus féroces de tous ceux qui sillonnent le

désert dans tous les sens; voilà ce que le digne chasseur ne pouvait

s'expliquer et ce qui le rendait tout songeur. Au risque de ce qui

pourrait arriver, il résolut de révéler sa présence à son ami, au moyen

d'un signal convenu entre eux de longue date, afin de l'avertir qu'en

cas de besoin un ami veillait sur lui. C'était alors qu'il avait fait

entendre ce sifflement au bruit duquel nous avons vu tressaillir le

chasseur. Mais ce signal eut un second résultat, auquel Balle-Franche

était loin de s'attendre; les branches de l'arbre au tronc duquel

s'appuyait le Canadien s'écartèrent doucement, et un homme se

suspendant par les bras tomba tout à coup à deux pas de lui, mais cela

si légèrement, que sa chute ne produisit pas le moindre bruit.

Au premier coup d'œil, Balle-Franche avait reconnu l'homme qui semblait

ainsi tomber du ciel; grâce a sa puissance sur lui-même, il ne témoigna

rien de l'étonnement que lui causait cette apparition imprévue.

Le chasseur posa à terre la crosse de son rifle, et saluant poliment

l'Indien:

--Drôle d'idée que vous avez, chef, lui dit-il en souriant, de vous

promener ainsi sur les arbres à cette heure de nuit.

--L'Aigle-Volant guette les Apaches, répondit l'Indien avec un accent

guttural; mon frère ne s'attendait-il pas à me voir?

--Dans la Prairie, il faut s'attendre à tout, chef; je vous avoue que

peu de rencontres me sont aussi agréables que la vôtre, en ce moment

surtout.

--Mon frère est sur la piste des Antilopes?

--Ma foi, je vous jure, chef, qu'il y a une heure je ne me croyais pas

aussi près d'eux; si je n'avais pas entendu vos coups de feu, il est

probable qu'en ce moment je dormirais tranquille à mon campement.

--Oui, mon frère a entendu chanter le rifle d'un ami, et il est venu.

--Vous avez deviné juste, chef. Ah ça! Maintenant, mettez-moi au fait,

car je ne sais rien, moi.

--Mon frère pâle n'a-t-il pas entendu le Loup-Rouge?

--Parfaitement, il n'y a rien autre?

--Rien, l'Aigle-Volant a enlevé sa femme; les Apaches l'ont poursuivi

comme de lâches coyotes, et cette nuit ils l'ont surpris à son feu.

--Très bien, l'Églantine est-elle en sûreté?

--L'Églantine est une femme comanche, elle ignore la crainte.

--Je le sais, c'est une bonne créature; mais ce n'est pas de cela qu'il

s'agit pour le moment: que comptez-vous faire?

--Attendre l'instant favorable, pousser mon cri de guerre, et tomber

sur ces chiens.

--Hum! Votre projet est un peu vif; si vous me le permettez, j'y

changerai quelque chose.

--La sagesse parle par la bouche du chasseur pâle; l'Aigle-Volant est

jeune; il lui obéira.

--Bon, d'autant plus que je n'agirai que dans votre intérêt;

maintenant, laissez-moi écouter, la conversation me semble prendre une

tournure fort intéressante pour nous.

L'Indien s'inclina sans répondre, Balle-Franche se pencha en avant pour

mieux entendre ce qui se disait.

Au bout de quelques minutes le chasseur jugea probablement qu'il était

temps d'intervenir, car il se tourna vers le chef, et lui parlant

oreille à oreille ainsi qu'il avait fait pendant tout leur colloque

précédent:

--Que mon frère me laisse mener cette affaire, dit-il; sa présence nous

serait plus nuisible qu'utile; nous ne pouvons avoir la prétention de

combattre un aussi grand nombre d'ennemis, la prudence exige que nous

ayons recours à la ruse.

--Les Apaches sont des chiens, murmura le Comanche avec colère.

--Je suis de votre avis; mais, quant à présent, feignons de ne pas

les considérer comme tels. Croyez-moi, nous prendrons bientôt notre

revanche; d'ailleurs l'avantage nous reste, puisque nous les trompons.

L'Aigle-Volant baissa tête.

--Le chef me promet-il de ne pas faire un geste sans un signal de moi?

reprit le chasseur avec insistance.

--L'Aigle-Volant est un sachem, il a dit qu'il obéirait à la

Tête-Grise.

--Bien; maintenant regardez, votre attente ne sera pas longue.

Après avoir prononcé ces paroles avec cet accent railleur, moitié figue

et moitié raisin, qui lui était habituel, le vieux chasseur écarta

résolument les broussailles et entra d'un pas ferme dans la clairière,

suivi de ses deux compagnons.

Nous avons dit l'émotion causée par cette arrivée imprévue.

L'Aigle-Volant avait regagné son embuscade au haut de l'arbre dont

il n'était descendu que pour causer avec le chasseur et lui donner

les renseignements dont celui-ci avait si grand besoin. Balle-Franche

s'était arrêté auprès de Bon-Affût.

--Ami, lui dit-il alors en espagnol, langue que la plupart des Indiens

comprennent, votre ordre est exécuté; l'Aigle-Volant et sa femme sont à

présent dans le camp des Gambucinos.

--Bien, répondit Bon-Affût, comprenant à demi-mot; quels sont les deux

hommes qui vous accompagnent?

--Deux chasseurs que le chef des Gachupines m'a donnés pour

m'accompagner, malgré mes assurances que vous vous trouviez au milieu

d'amis; lui-même ne tardera pas à arriver à la tête de trente cavaliers.

--Retournez auprès de lui et dites-lui qu'il n'est pas nécessaire

qu'il se dérange, ou plutôt, non, j'irai moi-même afin d éviter tout

malentendu.

Ces paroles dites sans emphase, naturellement, par un homme que chacun

des Indiens présents avait été souvent à même d'apprécier, produisirent

sur eux un effet impossible à rendre.

Nous l'avons dit déjà plusieurs fois dans différents de nos ouvrages,

les peaux-rouges joignent à la plus folle témérité la plus grande

prudence, ils ne tentent jamais une entreprise sans calculer d'avance

toutes les chances de réussite qu'elle peut leur offrir. Dès que

ces chances disparaissent pour faire place à de mauvais résultats

probables, ils n'ont pas honte de reculer, par la raison toute simple

que chez eux, l'honneur comme nous le comprenons en Europe ne tient

qu'une place secondaire et que le succès seul est considéré.

Certes le Loup-Rouge était un homme brave, il en avait dans maints

combats donné d'innombrables preuves; cependant il n'hésita pas devant

l'intérêt général à sacrifier ses désirs secrets, et en cela, nous le

croyons, il donna une grande preuve de cet esprit de famille et de ce

patriotisme pour ainsi dire instinctif qui est une des plus grandes

force des Indiens. Tout fin qu'il était, le chef apache se laissa

complètement tromper par Balle-Franche, dont l'aplomb imperturbable et

l'intervention inattendue auraient suffi pour égarer l'opinion d'un

individu plus intelligent encore que l'homme auquel il avait affaire.

Le Loup-Rouge prit son parti immédiatement et sans arrière-pensée.

--Mon frère la Tête-Grise est le bienvenu à mon foyer, dit-il; mon cœur

se réjouit de recevoir un ami; ses compagnons et lui peuvent prendre

place autour du feu du conseil, le calumet d'un chef est prêt à leur

être offert.

--Le Loup-Rouge est un grand chef, répondit Balle-Franche, je suis

heureux des sentiments de bienveillance qu'il éprouve pour moi;

j'accepterais son offre avec le plus grand plaisir, si des raisons

urgentes ne m'obligeaient à rejoindre le plus tôt possible mes frères,

les visages pâles, qui m'attendent à peu de distance de l'endroit où

campent les Apaches Antilopes.

--J'espère qu'aucun nuage ne s'est élevé entre la Tête-Grise et son

frère le Loup-Rouge, reprit le chef d'un accent cauteleux; deux

guerriers doivent s'estimer.

--C'est aussi mon opinion, chef, voilà pourquoi je me suis aussi

franchement présenté dans votre camp, lorsqu'il m'aurait été facile de

me faire accompagner de plusieurs guerriers de ma nation.

Balle-Franche savait fort bien que les Apaches comprenaient l'espagnol,

et que, par conséquent, rien de ce qu'il avait dit à Bon-Affût ne

leur avait échappé; mais il était de son intérêt et de celui de son

compagnon de feindre l'ignorer, et d'accepter comme argent comptant les

propositions insidieuses du chef.

--Ses amis les visages pâles sont campés non loin d'ici? reprit le chef.

--Oui, répondit Balle-Franche, à quatre ou cinq portées de flèches au

plus, dans la direction de l'ouest.

--Ooah! J'en suis fâché, fit l'Indien, sans cela j'aurais accompagné

mes frères jusqu'à leur camp.

--Et qui vous empêche de venir avec nous? dit nettement le vieux

chasseur; redouteriez-vous une mauvaise réception, par hasard?

--Och! Qui oserait ne pas recevoir le Loup-Rouge avec les égards qui

lui sont dus? reprit l'Apache avec orgueil.

--Personne, assurément.

Le Loup-Rouge se pencha vers un chef subalterne et lui dit quelques

mots à l'oreille; cet homme se leva et quitta la clairière. Les

chasseurs virent ce mouvement avec inquiétude, ils échangèrent un

regard qui signifiait: Tenons-nous sur nos gardes; et sans affectation

ils reculèrent de quelques pas en arrière en se rapprochant les uns des

autres, afin d'être prêts au moindre signe suspect; ils connaissaient

la perfidie des gens avec lesquels ils se trouvaient, et s'attendaient

à tout de leur part. L'Indien expédié par le chef rentra en ce moment

dans la clairière; il avait à peine été absent dix minutes.

--Eh bien? lui demanda le Loup-Rouge.

--_Nilijti_,--c'est vrai,--répondit laconiquement l'Indien.

Le visage da sachem se rembrunit, il crut être certain alors que

Balle-Franche ne l'avait pas trompé; car l'homme qu'il avait envoyé

hors du camp était chargé, par lui, de s'assurer si effectivement on

apercevait à peu de distance le feu d'une troupe de blancs; la réponse

de son émissaire lui prouvait qu'une trahison n'était pas possible,

qu'il fallait continuer à feindre de bons sentiments, et se séparer

dans des termes convenables des hôtes incommodes dont il aurait tant

désiré se débarrasser autrement.

Sur son ordre, les chevaux furent détachés, et les guerriers se mirent

en selle.

--Le jour est proche, dit-il, la lune est rentrée dans la grande

montagne; je me mets en route avec mes jeunes hommes; que le Wacondah

protège mes frères pâles!

--Merci, chef, répondit Bon-Affût, mais ne venez-vous pas avec moi?

--Nous ne suivons pas le même sentier, répondit sèchement le chef, en

lâchant la bride à son cheval.

--C'est probable, chien maudit, grommela Balle-Franche entre ses dents.

Toute la troupe était partie à fond de train et avait disparu dans

les ténèbres; bientôt le bruit de ses pas cessa de se faire entendre,

se confondant dans l'éloignement avec ces mille rumeurs sans cause

apparente qui troublent incessamment le majestueux silence du désert.

Les chasseurs étaient seuls. Comme les augures de l'ancienne Rome, qui

ne pouvaient se regarder sans rire, peu s'en fallut que les chasseurs

ne s'éclatassent au nez après le départ précipité des Apaches. Sur un

signal de Bon-Affût, l'Aigle-Volant et l'Églantine vinrent se joindre

aux coureurs des bois qui déjà s'étaient installés sans façon devant

les feux dont ils avaient si adroitement dépossédé leurs ennemis.

--Hum! fit Balle-Franche en bourrant sa pipe, je rirai longtemps de ce

tour, il est presque aussi bon que celui que j'ai joué aux Pawnies en

1827, sur le haut Arkansas; j'étais bien jeune alors; depuis quelques

années à peine je parcourais la Prairie, et je n'étais pas, comme

aujourd'hui, habitué aux diableries indiennes; je me rappelle que....

--Mais par quel hasard vous rencontré-je ici, Balle-Franche? lui

demanda son ami en l'interrompant brusquement.

Bon-Affût savait que dès que Balle-Franche commençait une histoire, il

n'y avait plus de raison pour qu'il s'arrêtât dans sa narration; le

digne homme, pendant le cours d'une vie longue et accidentée, avait

vu et fait tant de choses extraordinaires, que le moindre événement

qui lui arrivait, ou dont il était seulement le témoin, devenait

immédiatement pour lui un prétexte pour un de ses interminables récits;

ses amis; qui connaissaient sa faiblesse, ne se gênaient nullement

pour l'interrompre; du reste, nous devons rendre à Balle-Franche cette

justice de dire qu'il ne se fâchait jamais contre les interrupteurs; il

est vrai que dix minutes après il recommençait une histoire qu'on avait

soin d'interrompre comme la première, sans qu'il se fâchât davantage.

A la question de Bon-Affût, il répondit:

--Nous allons causer, et je vous conterai cela. Puis se tournant vers

Domingo: Mon ami, lui dit-il, je vous remercie de l'aide que vous nous

avez prêté; retournez au camp, et n'oubliez pas votre promesse, surtout

ne manquez pas de rapporter ce que vous avez vu, à la personne que vous

savez.

--C'est convenu, vieux trappeur. Soyez tranquille. Adieu.

--Bonne chance.

Domingo jeta son rifle sur l'épaule, alluma sa pipe et se dirigea à

grands pas du côté du camp qui, du reste, n'était pas fort éloigné et

où il arriva une heure plus tard.

--Là, dit Bon-Affût, maintenant je crois que rien ne s'oppose plus à ce

que vous me répondiez.

--Si, mon ami, une chose encore.

--Laquelle?

--Voici la nuit presque passée; elle a été rude pour tout le monde;

je suppose que deux ou trois heures de sommeil nous sont non pas

indispensables, mais au moins nécessaires, d'autant plus que rien ne

nous presse.

--Dites-moi seulement un mot, ensuite je vous laisserai dormir aussi

longtemps que vous le désirerez.

--Voyons ce mot?

--Comment vous êtes-vous trouvé si à point ici pour me venir en aide?

--Diable, voilà précisément ce que je craignais, votre question

m'oblige à entrer dans des détails beaucoup trop longs pour que je

puisse vous satisfaire en ce moment.

--C'est que voyez-vous, mon ami, malgré le vif désir que j'aurais à

demeurer quelques jours avec vous, je suis forcé de vous quitter au

lever du soleil.

--Allons donc, ce n'est pas possible.

--Pardonnez-moi.

--Mais quelle raison assez urgente?...

--Je me suis engagé comme éclaireur avec une caravane à laquelle j'ai

donné pour demain rendez-vous _au gué del Rubio_ vers deux heures de

l'après-midi; ce rendez-vous est pris depuis plus de deux mois. Vous

savez qu'un engagement est sacré pour nous autres chasseurs, vous ne

voudriez pas me faire manquer à ma parole.

--Pas pour toutes les peaux de bisons qui se tuent chaque année dans la

Prairie. Vers quelle partie du Far-West guidez-vous ces hommes?

--Je le saurai demain.

--Et à quelle sorte de gens avez-vous affaire? Sont-ils Espagnols ou

Gringos?

--Ma foi je les suppose Mexicains; leur chef de nomme, je crois, don

Miguel Ortega, ou un nom approchant; quelque chose comme cela enfin.

--Hein! s'écria Balle-Franche, en faisant un bond de surprise: quel nom

avez-vous dit?

--Don Miguel Ortega; après cela peut-être me trompé-je, mais je ne

crois pas.

--C'est étrange! répéta le vieux chasseur, comme se parlant à lui-même.

--Je ne vois rien d'étrange là-dedans; ce nom me semble fort ordinaire.

--Pour vous, c'est possible; et vous avez traité avec lui?

--Parfaitement.

--Comme éclaireur?

--Oui, mille fois oui.

--Eh bien, rassurez-vous, Bon-Affût, nous avons de longs jours à vivre

ensemble.

--Feriez-vous partie de sa troupe?

--Dieu m'en garde!

--Alors je n'y comprends plus rien.

Balle-Franche sembla sérieusement réfléchir pendant quelques instants,

puis se tournant vers son ami:

--Écoutez-moi, Bon-Affût, lui dit-il, aussi bien vous êtes mon plus

ancien ami, et je ne veux pas vous voir vous fourvoyer de gaieté

de cœur; j'ai à vous donner certains renseignements qui vous sont

indispensables pour vous acquitter convenablement de la tâche que vous

avez acceptée; je vois que nous ne dormirons pas cette nuit, ainsi

prêtez-moi l'oreille avec attention; ce que vous allez entendre en vaut

la peine.

Bon Affût, surpris de l'accent solennel du vieux chasseur, le regarda

avec inquiétude.

--Parlez, lui dit-il.

Balle-Franche rassembla un instant ses souvenirs, puis il prit la

parole et commença une longue histoire que les assistants écoutèrent

avec une attention et un intérêt qui croissaient d'instant en

instant; car jamais, jusqu'à ce jour, ils n'avaient entendu de récit

d'événements aussi bizarres et aussi extraordinaires.

Le soleil était levé depuis longtemps; le vieux chasseur parlait encore.

L'éclaireur · 第 10 / 50 题