La paisible demeure des Glycines, faite pour la douceur des rêves et
l’enchantement de la tendresse, connut les drames mesquins, les paroles
sans grâce et sans bénignité, les adieux rageurs, qui dissimulent des
larmes de feu pour laisser plus sûrement en arrière des larmes de sang.
Ce ne fut pas la faute de Théophile. Sur la terrasse aux grappes mauves,
une ligne à pêcher dans la main, il fut, pour de trop courts moments, le
plus heureux des hommes. Le bonheur attendrit. Dans l’exultation
d’apporter à l’office un seau d’eau tout grouillant d’écailles
luisantes, dans l’orgueil de voir dresser sur la table du déjeuner sa
friture monumentale, devant Fagueyrat, acteur célèbre et directeur de
théâtre, qui dut avouer n’avoir de sa vie pu prendre un barbillon, le
sous-chef sentit mollir sa faible résistance.
Venu de Paris pour empêcher sa fille de «monter sur les planches», il
lui accordait--au dessert de ce repas glorieux, et sur les instances
flatteuses d’un maître de la scène, qui prédisait à Gilberte la destinée
d’une Mars ou d’une Rachel,--il lui accordait l’autorisation
«d’embrasser la carrière dramatique».
Cette autorisation, non convenue avec Louise, stupéfia Mme Andraux.
Mais, la stupeur passée, cette dame se leva. Ses yeux indignés firent le
tour des convives. Un silence gêné planait. Elle se dirigea ensuite,
d’un pas automatique, et comme sous l’impulsion d’une force
irrésistible, surhumaine, vers la petite Nathalie.
--«Maman, je n’ai pas eu mon dessert», gémit l’enfant, qui sentait
passer le vent d’une catastrophe.
Sans mot dire, Louise enleva dans ses bras cette grande fillette de neuf
ans, qui pesait lourd. Mais les sentiments sublimes font accomplir aux
muscles des miracles. Et elle l’emporta, farouche, en clamant tout à
coup:
--«Viens, mon innocente. Ils te perdraient aussi!...
Comme personne ne l’arrêta ou ne courut après elle, Louise envoya
presque aussitôt la femme de chambre dans la salle à manger, pour
réclamer un horaire des bateaux et un indicateur des chemins de fer,
afin de manifester une intention destinée à glacer d’épouvante les gens
qui avaient la chance de déguster une tarte aux prunes où la Suissesse
était incomparable, et à semer le désespoir entre leurs tasses
d’excellent café.
L’épouvante et le désespoir ne se déchaînant pas assez vite, Mme Andraux
chargea Céline d’une nouvelle ambassade.
--«Priez mademoiselle Gilberte de venir me parler.»
La jeune fille regarda son père, puis sa marraine. Tous deux
considéraient attentivement les dessins rouges de la nappe.
Bernard, présent à la scène,--car M. Andraux l’avait amené de
Paris--murmura:
--«Hardi, ma fille! va donner la réplique. Ça te formera pour le
mélodrame.»
Gilberte rejoignit sa belle-mère. Celle-ci avait tiré sa malle au milieu
de sa chambre. Pour l’instant, elle giflait Lilie, qui, parant les
calottes de ses bras croisés, sanglotait qu’elle ne voulait pas partir.
--«Toi, j’ai tenu à te dire quelque chose», déclara la dame de Grenelle
à la fille aînée de son mari, lorsqu’elle aperçut la jolie figure,
tellement plus jolie d’être radieuse.
--«Quoi donc, maman Louise?» demanda l’autre avec une douceur non
feinte,--une douceur tellement aisée dans l’épanouissement où se
dilatait sa jeune vie.
--«Sois une cabotine. Ton père y consent. Je m’en moque. Mais, comme je
ne veux pas que ton exemple empoisonne ma Lilie, je te préviens que tu
ne remettras plus les pieds chez moi.
--Quoi?» fit la jeune fille en pâlissant.
Et elle regarda sa petite sœur.
--«Tu peux la regarder. Tu ne la verras plus», souligna Louise.
En ce moment, sa poitrine contractée de fureur se détendit, aspira l’air
avec délices. Elle trouvait donc une blessure à placer, au défaut de la
brillante armure de bonheur et de jeunesse.
La vue de celle que Mme Andraux appelait intérieurement «cette gamine»,
et qui n’était plus une gamine insignifiante, négligeable, mais une
créature d’élection, une artiste, consciente de sa grâce, couronnée
d’espoir, marchant vers un succès certain, vers ce succès foudroyant et
enivrant du théâtre, exaspérait l’aigre bourgeoise, l’emplissait d’une
haine jalouse. Jamais d’ailleurs elle n’en eût convenu avec elle-même.
Sincèrement elle se cramponnait au prétexte: l’immoralité de la
profession.
«Quoi!» pensait-elle, «toute ma vertu ne m’aura pas rapporté le centième
des satisfactions que connaîtra cette effrontée. Est-ce que je suis
montée sur les planches, moi? Est-ce que je me suis exhibée en public?»
Le talent qu’on applaudit «sur les planches», le charme qui séduit le
public... belle affaire!... D’ailleurs, puisqu’elle n’avait pas daigné
en faire montre, la preuve manquait pour les lui dénier.
--«Mais, maman Louise», prononça Gilberte, faisant effort pour rester
calme, «votre maison, c’est tout de même celle de papa. Vous ne pensez
pas me chasser de chez mon père, pourtant?
--Nous verrons bien. En attendant, tu ne distilleras pas dans l’âme de
mes enfants tes indignes calomnies. Tu ne leur raconteras pas que leur
mère charge une cuisinière suisse d’écouter aux portes...
--Comment?...
--J’ai lu ta lettre à ton père, ton perfide post-scriptum.
--Je n’ai pas dit...
--Tu l’as insinué, c’est pire.
--Pardon, maman Louise. Vous ne vous en rapportiez pas toujours à la
Suissesse... Qu’est-ce que vous avez fait pendant une heure, dans la
penderie aux robes, contre cette porte condamnée donnant sur le cabinet
de travail de marraine, lorsqu’elle eut cette longue conversation avec
monsieur Fagueyrat?...
--Sors d’ici!... quitte cette chambre!...» cria l’épouse de Théophile,
avec un accent et un geste où elle se révélait, il faut en convenir, non
dépourvus d’aptitudes scéniques.
Alors se déroulèrent les péripéties de cette crise familiale.
Louise, désormais farouche et muette, continua de faire ses paquets.
Dans le vague espoir qu’elle n’irait pas jusqu’au bout, Théophile
s’installa de nouveau sur la terrasse, avec ses lignes, et une boîte
d’asticots dont il était très fier. Machinalement, il plaçait l’asticot
destiné au second hameçon entre ses lèvres tandis qu’il embrochait celui
du premier. Sa pensée, malgré lui, se détournait du sport dont il était
fou. A son oreille retentissaient les paroles de sa femme, écrasantes de
dédain:
--«Oh! mon Dieu, reste, toi. Je ne te demande pas de m’accompagner.»
Et la certitude qu’il s’exposerait aux pires représailles, en profitant
d’une telle magnanimité, l’oppressait de mélancolie.
Dès le café pris, Fagueyrat s’était éclipsé, remontant au plus vite
jusqu’à la cime du Rigi, à peine assez distante, à son gré, de ces
Glycines secouées par l’orage.
Claircœur mit en œuvre tout ce qu’elle avait de délicatesse, de bonté,
de logique, d’esprit, d’absurdité tendre du cœur, pour arranger les
choses à la satisfaction de tout le monde. Elle fut stupéfaite de
découvrir que tant d’éléments pacifiques, dont l’efficacité aurait dû
normalement se doubler par ce qu’on lui devait d’égards, de
reconnaissance, de confiance, devenaient autant d’explosifs et de
fulminants dès qu’elle les approchait du brasier.
Louise lui déclara:
--«Ma chère, je veux bien ne pas vous en vouloir. Mais, vraiment, j’y ai
du mérite. Que votre filleule tourne mal, c’est le moindre de mes
soucis. Que je ne la revoie plus--pas plus que je ne vous reverrai sans
doute--je n’y puis rien: vous l’aurez voulu. Mais me voilà obligée de me
mettre en voyage à la hâte, avec des spasmes au cœur qui peuvent me tuer
en chemin! Et Théophile... ses vacances perdues!... Je le connais, il me
suivra. Pauvre ami!... Car, enfin, malgré sa faiblesse pour sa fille, je
suis tout pour lui, il ne voit que moi. Vous ne voudriez pas, tout de
même, avec votre folie de théâtre--qui vous coûtera cher! c’est moi qui
vous le dis--avoir jeté le désaccord dans mon ménage, avoir séparé deux
êtres aussi unis que mon Théo et moi?...»
Répondre à la dame de Grenelle que les glycines sécheraient de son
départ, ne souhaitaient rien tant que d’abriter encore son cœur
spasmodique et les loisirs de Théophile... que le bonheur conjugal du
couple Andraux serait cultivé, apprécié sous la pergola aux grappes
mauves mieux que partout ailleurs, eut exaspéré ladite dame autant que
les pires insolences, lui eût suggéré les plus amères récriminations,
l’eut précipitée peut-être dans des convulsions nerveuses.
Claircœur dut y renoncer.
«Théophile sera plus raisonnable», pensa-t-elle.
Et elle se dirigea vers la terrasse.
Mais Théophile craignait toute explication qui l’eût amené à blâmer
Louise, ou--pire alternative--à intervenir auprès d’elle.
Entendant des pas, devinant l’approche de la conciliatrice, il l’arrêta,
sans tourner la tête, d’un geste de bras, à la fois impérieux et
désespéré. Puis, il appuya sa canne à pêche, avec mille précautions,
contre la balustrade, fit deux pas en arrière, sur la pointe des pieds,
chuchota:
--«Retirez-vous, je vous en supplie!... Ça mord. Pas un mot!...
Impossible de causer maintenant.»
Et il retourna fourrager, de ses doigts osseux, parmi ses vers de
cadavre.
Quant à Gilberte, elle dit à sa marraine:
--«Laissez-les donc partir. Vous ne voyez pas quelle chance pour nous?
S’ils restaient, outre que la vie serait infernale, papa retirerait
sûrement, d’ici un jour ou deux, l’autorisation qu’il m’a donnée. Sa
femme l’en persuaderait. Je puis m’en passer, de cette autorisation. Je
serai majeure dans quelques semaines. Mais il m’en coûterait d’entrer en
lutte avec mon pauvre père.»
La jeune fille ajouta:
--«Croyez-vous!... A-t-elle démasqué son caractère, l’aimable Louise!
Dire que, pour l’opinion de personnes pareilles, je pourrais rater ma
vie!
--Et ton frère, sais-tu où il est? Nous le laissera-t-on?» demanda
Claircœur.
Gilberte hocha la tête--ignorance ou indifférence--et s’en alla piocher
son rôle.
Bernard avait voulu pêcher à côté de son père. La patience lui manquait.
Un instant, il s’amusa à jeter, par-dessus la clôture, des poissons
vivants à un chat rôdeur. Le félin, attiré par la proie, sauta sur le
rebord du mur. De là, ses yeux, que la lumière rendait pareils à deux
sequins d’or, et qui semblaient n’avoir plus de regard dans leur fixe
flamboiement, guettaient les captures. Quand une forme sortait de l’eau,
dansant au bout de la ligne, le chat tendait le cou, se couchait comme
pour bondir, retenu par la crainte, mais tremblant de convoitise.
Parfois, Bernard lui jetait un poisson. La victime, happée au passage,
de quelque façon qu’elle fût lancée, craquait toute vive entre les
mâchoires carnassières. Le sursaut de son corps et de sa queue
divertissait le cruel garçon. Le chat posait ensuite devant lui la
créature d’argent, dont la tête à présent manquait, et la dégustait,
bouchée après bouchée. De temps à autre, il s’interrompait pour jeter un
coup d’œil méprisant à Criquette, qui, révoltée, se dressait au pied du
mur, injuriant l’intrus et son ignoble festin.
--«Fais déguerpir ce chat et ce chien. Et fiche-moi le camp toi-même,
veux-tu!» cria enfin Théophile.
Car il voyait, à chaque aboi furieux, filer vers le large, entre deux
eaux, des centaines d’ombres agiles.
Depuis ce moment, Bernard avait disparu. On ne le vit point aux
Glycines, à l’heure où le facteur du port vint chercher les malles sur
une brouette. Vainement, sa mère l’attendit pour lui dire adieu. La
sirène du bateau siffla. Louise dut courir, pour rattraper Théophile,
parti en avant avec Claircœur et Nathalie.
--«Je ne comprends pas cet enfant. Il doit être victime d’un accident de
montagne...» gémit-elle, haletante, lorsqu’elle les rejoignit.
--«Bah!» dit le père, «il a eu peur que nous le remmenions.
--Mais non... je lui avais dit...»
Mme Andraux se sentait humiliée par le manque d’égards d’un fils bien à
elle, élevé par elle, et qu’elle opposait, avec son innocente Lilie, à
l’indomptable fille de «l’autre».
--«J’aurai bien soin de lui», dit Claircœur. «Et je regrette encore, mes
chers amis...»
Elle voulait les forcer à une effusion, dont l’absence lui crevait le
cœur.
Mais ils s’en allaient des Glycines comme d’une auberge. Sans un mot de
regret, ils l’embrassèrent machinalement. Louise elle-même n’osa se
soustraire à l’accolade.
--Bien le bonjour à votre filleule de notre part, puisque Mademoiselle
n’a pas daigné nous accompagner jusqu’au bateau», lança-t-elle en flèche
du Parthe.
On allait enlever la planche, du ponton à bord. Lilie, échappant à la
main qui la tenait, bondit en arrière, se jeta au cou de Claircœur, dans
la clameur des gens qui la crurent à l’eau:
--«Tante Gil, je t’aime. Je serai à toi, quand je serai grande, mieux
que Gilberte, mieux que tout le monde. Je t’aime, tante Gil, adieu... Je
t’aime.»
Un homme prit la fillette à bras-le-corps, la fit passer par-dessus le
bastingage sur le pont, où elle retomba en sanglotant. Elle se tourna,
tendant ses petits bras, son petit visage ruisselant de larmes. Elle
cria encore:
--«Embrasse Criquette pour moi.»
Elle envoyait des baisers tant qu’elle pouvait, certaine d’être giflée
aussitôt, n’en ayant cure.
Mais, devant les exclamations admiratives, attendries, des passagers,
qui trouvaient la scène charmante, proclamaient l’enfant adorable, Mme
Andraux sourit jaune, et garda au fond de sa main les calottes qui lui
démangeaient la paume.
Devant les Glycines, Claircœur, au retour, levant la tête par hasard,
aperçut un visage narquois, rouge et poudreux, encadré dans une lucarne.
Où donnait cette lucarne? elle n’en savait rien, n’ayant jamais gravi
l’échelle du grenier.
--«Tante Gil», cria la voix de Bernard, «tu ne peux pas me faire monter
un bock. Je me gargarise depuis deux heures avec des toiles d’araignée.»
* * * * *
Le lendemain, Claircœur aurait dû être heureuse. Elle réalisait enfin
son projet de travail, sous la pergola, dans l’isolement, le calme, la
beauté des choses.
L’après-midi s’avançait. La lumière prenait une douceur merveilleuse.
Les ombres mêmes étaient baignées d’une splendeur diffuse. Azurées ou
glauques, elles s’enfonçaient dans les plis des montagnes, planaient sur
les eaux, contre les grandes murailles rocheuses, sans rien dissimuler
des lignes ni des couleurs. Elles n’étaient point des ombres, mais des
morceaux amortis de clarté. Là-haut, là-bas, dans les lointains de
l’altitude et de la distance, les profils des cimes, les pics neigeux,
participaient à la magie de l’atmosphère, cessaient de se dessiner comme
des contours terrestres, rivalisaient de légèreté avec les brumes
vaporeuses ondulant et se dissolvant au-dessous d’eux. Sur les pentes
inférieures, les forêts de sapins, si touffues, si riches d’obscurité
verte et profonde, ne parvenaient pas à s’inscrire violemment,
victorieusement, parmi la fantasmagorie des apparences. Soumises
également aux caprices des rayons, elles poudroyaient comme une arène
sablée d’or, ou se crêtaient d’écume bleuâtre là où le soleil ne les
visitait point.
Plus proche, plus humble, plus réelle, l’eau du lac, enfermée dans ce
cadre de magnificence, reposait, frissonnante, mystérieuse.
Et le calme était infini.
Claircœur porta elle-même sa petite table dans l’angle le plus écarté de
la terrasse, contre la balustrade, là où les rameaux de la glycine
retombaient plus abondants.
Aujourd’hui, nul ne la dérangerait. Le papier, l’encre, son porte-plume
préféré, tout était prêt. Criquette elle-même, sur son coussin que
supportait un pliant, la regardait de ses yeux attentifs, comme pour lui
dire: «Notre intimité est revenue. Te voilà seule. Je ne te quitte pas.»
Bernard, l’impétueux garçon, qui n’eût peut-être pas respecté le travail
méditatif, était parti en excursion dès le matin.
Un bruit, un seul bruit, assez confus, presque indistinct, parvenait de
temps à autre jusqu’à la romancière. Des voix s’élevaient, par
intermittence, dans la maison. Des voix, qui traversaient à peine, et
rarement, le grand jardin. Des voix que l’espace absorbait, que nulle
oreille, sauf celle de Claircœur, n’eût distinguées à cette distance. La
voix de Fagueyrat faisant étudier le rôle à Gilberte. La voix de l’élève
se pliant aux indications du maître.
Leurs accents si affaiblis ne pouvaient troubler l’inspiration de celle
qui écrivait. Cependant cette inspiration demeurait rebelle. La plume ne
courait pas sur le papier. Un moment vint où elle se déroba, où elle se
coucha sur la page blanche, comme un cheval qui se refuse, puis qui
s’abat en franchissant l’obstacle.
Claircœur regarda longuement au loin, ensuite elle contempla l’eau toute
proche. Elle se tourna vers Criquette, plongea un tragique regard dans
les yeux inquiets de la petite chienne, écouta un instant le double écho
des voix, si ténu, presque imperceptible, mais distinct pour elle dans
l’énorme silence...
Alors, inclinant son front entre ses mains, elle commença de pleurer, de
pleurer intarissablement, tout bas, sans un soupir, sans un sanglot...
de pleurer comme si toute sa vie, tout son cœur, toute son âme,
ruisselaient d’elle avec ses larmes.
Elle resta longtemps ainsi, immobile. Elle ne s’aperçut même pas que
Criquette, ayant sauté de son coussin, grattait doucement contre elle,
d’une patte insistante, puis, ne recevant pas de réponse, s’asseyait à
ses pieds, sur le bord de sa jupe.