La mort subite du colonel Renard, directeur du parc aérostatique
militaire de Chalais-Meudon, vient de priver prématurément l'armée et la
science d'une personnalité de haute valeur.
Fils d'un magistrat, Charles Renard était né à Damblain (Vosges), le 23
novembre 1847. Il comptait parmi les plus brillants élèves du lycée de
Nancy et, au concours général de 1866, à dix-huit ans, il remportait le
prix d'honneur de mathématiques spéciales; cette même année, il était
reçu troisième à l'École normale supérieure en même temps qu'à l'École
polytechnique. Ayant opté pour celle-ci, il en sortit dans l'arme du
génie.
[Illustration: Panorama de la baie de Cam-Ranh, où des télégrammes ont
signalé l'escadre de Rodjestvensky.--Phot. comm. par M. de Barthélémy.]
Il fit la campagne de 1870 à l'armée de la Loire, à l'armée de l'Est
avec Bourbaki. A dater de 1873, attiré tout particulièrement vers les
recherches d'aérostation et d'aviation, il s'y consacra avec les
collaborations successives du capitaine Krebs et de son frère, le
commandant Renard. Il eut la satisfaction de résoudre le premier, d'une
façon complète, le problème de l'aérostat dirigeable, c'est-à-dire le
retour certain au point de départ dans des conditions favorables. Il
avait acquis en cette matière une compétence et une autorité
incontestées.
[Illustration: Le colonel Ch. Renard.]
Les chercheurs du grand problème de l'aviation trouvaient toujours de
bons conseils et un excellent accueil auprès deavant modeste et
bienveillant autant qu'éminent. Mécanicien distingué dans les diverses
branches et en même temps physicien, le colonel Renard présidait
plusieurs sociétés savantes et avait apporté un précieux concours, comme
membre des jurys et des commissions, à nos expositions universelles.