LASSITUDE

La terre immensément s'efface au fond des brumes

Et lentement aussi les frênes lumineux

D'automne et lentement et longuement les nœuds

Des ruisselets dans l'herbe et leurs bulles d'écumes;

Lointainement encor des sons pauvres et las.

Voix par des voix lasses au fond des soirs hélées;

Et les chansons et les marches, par les vallées,

Des mendiants qui vont, sait-on vers où, là-bas?

Et des rames en désaccord, et l'autre, et l'une,

Et boitantes et tombantes--et, longuement,

Un vol d'oiseaux qui plane et plane et, lourdement,

Chavire en un ciel gris, où se fane la lune.

Poèmes (nouvelle série): Les soirs, Les débacles, Les flambeaux noirs · 第 17 / 89 题