QUOY que tu n'ailles cherchant
(POUTRINCOURT) cette louange
Qui va mÈme allechant
Ceux qui gisent en la fange;
Ton merite toutefois,
Ta pietÈ, ton courage,
Forcent ma lyre & ma voix
A les chanter sur l'herbage
Que l'Equille de ses eaux
Ou plustot Neptune arrose,
Tandis qu'au bruit des ruisseaux,
A l'Ècart je me repose.
Apres avoir longuement
Comme un athlete Gregeois
LuttÈ courageusement
Parmi les champs des FranÁois,
Saoul d'alarmes & combats,
Et des assaux de Bellone,
Ores tu prens tes Èbats
Avec CerÈs et Pomone.
Et deÁa del‡ portÈs,
Suivans Neptune ‡ la danse,
Tu nous fais voir les beautÈs
De cette Nouvelle-France.
Qui est celui qui ta veu
Oncques saisi de paresse?
Qui est cil qui t'a conu
Semblable ‡ cette Noblesse,
Qui met le point de l'honneur
A commander sans prudence,
Et n'avoir par son labeur
D'aucun art l'experience?
Mais l'un & l'autre tu sÁais,
Et ta main infatigable
Fait tous les jours des essais
De chose ‡ nous incroyable.
Car de tout art manuel
T'est conuÎ la pratique,
Et se plait ton naturel
Es ars de Mathematique.
MÈmes encore ce Dieu
Qui fredonnant sur sa lyre
Tient des Muses le milieu,
Par toy bien souvent respire.
Les secrets de son sÁavoir,
Si que tout compris ensemble,
Au monde on ne sÁauroit voir
Rien que toy qui te ressemble.
C'est toy qu'il falloit ici
Afin de bine reconoitre
Ce que cette terre ici
Rendroit un jour ‡ son maitre.
Tu l'as experimentÈ
Tant que ton ame est contente,
Et de sa fidelitÈ
Tu as une riche attente.
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A MESSIEURS DE MONTS
ET SES LIEUTENANT
& Associez.